Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de Jean-Marie Taubira
  • Le blog de Jean-Marie Taubira
  • : Je suis Président du CRAPAG (Cercle de Réflexion et d'Action pour l'Avenir de la Guyane), Depuis le 10/12/2008, je suis le Secrétaire Général du Parti Progressiste Guyanais (PPG). Mon ambition est l'élévation de la conscience collective
  • Contact

Recherche

20 février 2013 3 20 /02 /février /2013 17:52

Le 11 février 2013, en tant que citoyen, j'ai versé à l'enquête publique mon avis sur la charte du Parc Amazonien de Guyane. Je vous en donne connaissance.

***********

 

AVIS SUR LA CHARTE DU PARC AMAZONIEN DE GUYANE

 

Dans le cadre de l’enquête publique concernant la charte sur le Parc Amazonien de Guyane, j’ai l’avantage de vous communiquer l’avis défavorable que j’émets à l’encontre de la charte telle que proposée et, je demande son retrait pour les raisons ci-dessous exposées:

 

1°) Commune de CAMOPI. Six conseillers municipaux sont directement liés au Parc Amazonien de Guyane ce qui peut remettre en cause leur objectivité dans les décisions par voix délibérative du Conseil Municipal concernant l’avenir de la commune par rapport au PAG.

 

2°) Le principe de l’absence de réponse. Le principe selon lequel les communes sur lesquelles le Parc s’est installé, qui ne communiquent pas leur avis est réputé être un avis favorable est contraire aux habitudes démocratiques. En ce sens la charte devient un point d’interrogation avec le cas de MARIPA-SOULA et PAPAICHTON.

 

3°) La liste des  avis des acteurs consultés. Dans le document soumis a enquête publique, il y a la liste des «  avis émis » par contre, il n’y a pas de trace de liste des acteurs consultés. Or, il apparaît que certains acteurs n’aient pas été consultés et que d’autres auraient appris  que leur requête d’avis aurait été expédiée  soit à leur ancienne adresse soit à une adresse erronée.

 

4°) L’isolement d’une partie du territoire. La charte ne fait pas état dans ses objectifs d(investissements en matière de liaison terrestre entre le Parc Amazonien de Guyane sanctuarisé et les communes du littoral. Le sud de la France hexagonal n’est pas déconnecté du Nord.

 

Repost 0
Published by Jean-Marie Taubira - dans politique
commenter cet article
28 janvier 2013 1 28 /01 /janvier /2013 18:25

Le Parti Progressiste Guyanais auquel j'appartiens a organisé une conférence de presse sur la Charte du PAG qui est soumise à enquête publique depuis le 10 janvier 2013. Voici ci-dessous le contenu du support qui a servi à l'échange avec la presse locale

**********

 

Cayenne le, 28 Janvier 2013
Thème abordé : Enquête publique sur la charte du Parc Amazonien de Guyane.

Mesdames, Messieurs les journalistes,

Merci d’honorer notre invitation à la conférence de presse que nous organisons dont le thème concerne la charte du Parc Amazonien de Guyane. Bien entendu, nous n’allons pas commenter l’utilité du parc en tant que tel et la superficie qu’il représente. Par votre entremise, nous apportons à la population notre perception sur cette charte.

Dans un premier temps, nous constatons avec regret que la consultation de la population sur des décisions qui impactent l’avenir du territoire se fait souvent pendant la période où elle est la moins disponible. C’est sûrement un hasard de calendrier qui fait que la consultation sur ce thème est prévue durant les festivités carnavalesques, c'est-à-dire du 11 janvier au 10 février2013. L’enjeu est colossal car, il s’agit d’une partie du territoire en cause mais, qui aura des incidences sensibles sur les perspectives de développement de l’intégralité de celui-ci. L’enquête publique concerne toute la population du territoire quand bien même, la charte est destinée aux communes concernées par le PAG. C’est dire comment la mobilisation est fragile.

Il est dit que la charte n’est pas une loi. Certes. Elle est tout de même un document qui a un caractère coercitif. D’une part, elle est un guide qui définit les relations entre les acteurs du Parc Amazonien et d’autre part, elle encadre les actions à mener dans les limites du Parc. Elle n’est pas un simple document où tous les acteurs ne font que signer au risque de nier leur propre signature. Elle est un document qui fera l’objet d’un décret de promulgation par le Conseil d’Etat. Par voie de conséquence l’adhésion des communes se fera sur un document approuvé par le Conseil d’Etat.

C’est de l’avenir officiel de notre territoire dont il s’agit. Les générations en vie ne peuvent être égoïstes car, elles sont aussi les gardiens de l’existence humaine et de sa pérennité. Notre responsabilité nous a conduit à nous pencher objectivement sur le contenu de la charte qui compte 198 pages annexes comprises. Pour nous, la rédaction de la charte impose aux communes concernées une attitude de subordination à l’égard du cœur de Parc.

Tout d’abord, il importe de rappeler que le parc est composé d’une zone de cœur et d’une zone de libre adhésion. La zone de cœur a une règlementation particulière qui lui donne quasiment un caractère de réserve. Autrement dit, un espace qui s’oppose au développement qui a permis de qualifier certains pays de « pays développés ». Dans cette zone il est reconnu les modes de vie traditionnels et par voie de conséquence des activités plutôt primaires (Abattis, cueillette, chasse, pêche) qui ne peuvent être ni artisanales, ni industrielles. On ne peut décemment accepter de figer les savoirs comme si les populations du sud de la Guyane avaient vocation à stagner. Il s’agit d’individus complètement achevés à l’instar de tous les peuples de la terre. L’homme fait également partie de la nature.

Comme nous le savons, cette partie du territoire souffre d’un sous-développement chronique par rapport au littoral qui n’est pas plus développé que cela. En ce sens, les habitants du sud du territoire vivent une injustice sociale, fiscale et économique. Il n’est pas absurde de penser que les drames humains qui ont lieu aient un lien avec ces inégalités. La charte ne répond pas à cette problématique puisqu’elle a décidé de limiter les savoirs à la seule tradition dans le cœur de Parc. C’est un défi à l’évolution de la conscience humaine puisque l’alternative est de rester avec les contraintes de non-développement de l’espèce humaine ou de quitter les lieux pour cause de croissance intellectuelle.

Nous savons également que les magistrats de ces communes, comme leurs administrés aspirent à plus de développement. Ils sont donc à l’affut de ce que peut apporter le parc en termes de croissance économique. Ainsi, ils risquent d’accepter le minimum plutôt que rien du tout. En ce sens l’alternative entre signer ou ne pas signer la charte peut être assimilée à un chantage dans la mesure où il est prévu une exclusion de la commune de la zone d’adhésion et de ses conséquences.

Les objectifs définis par la charte ne laissent pas entrevoir une liaison terrestre entre le littoral et l’hinterland ou si l’on préfère, entre la zone de parc et le reste du territoire. On a le sentiment que la charte par implication propose une partition du territoire. Les communes concernées par le parc se retrouvent de facto sous l’injonction du Parc Amazonien de Guyane, leur développement en est conditionné.

Il est difficile de concevoir la signature de la charte sans avoir la programmation des investissements indispensables prévus par le parc et le financement inhérent concernant la zone d’adhésion. Cette programmation serait de nature à rassurer les magistrats de ces communes et éviterait des désillusions.

Merci de votre écoute

Repost 0
Published by Jean-Marie Taubira - dans politique
commenter cet article
27 janvier 2013 7 27 /01 /janvier /2013 05:34

Au prétexte de pénurie de logements, de plus en plus de collectivités locales accordent des garanties d’emprunt aux sociétés immobilières de Guyane. Selon elles, ne pas se soumettre à ce diktat c’est refuser la construction de logements sociaux. N’est-ce pas un sophisme hilarant…. Elles ne pensent pas un instant qu’en se soumettant ainsi, elles substituent à l’irresponsabilité qui a généré cette pénurie de logements, une autre irresponsabilité qui est celle pour les sociétés immobilières d’être objectivement désengagées sur la responsabilité du rapport qualité-prix des dits logements. Le dernier événement relatif à la rémunération de la directrice générale de la Semsamar vient corroborer cette appréciation.

Contrairement à ce qu’on laisserait entendre sur le degré d’engagement vis-à-vis de l’emprunt qui ne serait pas un endettement certain, la défaillance probable du bénéficiaire de l’emprunt n’est pas une utopie c’est une réalité or, la garantie d’emprunt est un contrat grave. A preuve, l’établissement financier qui reçoit cette garantie mesure de manière substantielle le non risque d’insolvabilité du prêt. En conséquence, la garantie facilite l’opération d’emprunt. L’établissement, quant à lui, n’a plus le souci de la qualité des ouvrages puisque la garantie apparaît comme une sureté supérieure à l’hypothèque qu’il pourrait prendre.

Quelles sont les raisons qui me poussent à voter « non » quant aux demandes de garanties d’emprunt présentées lors des réunions du conseil municipal ? Il y a un principe dans la théorie du financement qui veut que l’emprunteur qui doit réaliser un ouvrage apporte environ 20% du montant de l’investissement, la différence est couverte par un emprunt. Le prêteur, en garantie, prend une hypothèque de 1er rang sur le bien concerné ainsi qu’une délégation d’assurance-vie. Il s’assure que la qualité du bien est en corrélation avec sa valeur financière. Par ailleurs, il va débloquer les fonds au fur et à mesure de l’avancement des travaux. Pourquoi cette procédure ne serait–elle pas valable pour les sociétés immobilières ? Il s’ensuit donc et c’est une hypothèse, que le prêteur considère certainement que la valeur financière des biens est inférieure au montant de l’emprunt sollicité et qu’il y a un gros risque de moins-value en cas de défaillance de l’emprunteur. La saisie du bien et sa vente ne garantiraient pas la couverture du solde de l’emprunt. En outre, on peut considérer également que le prêteur émet des doutes sur la pérennité de l’activité de l’emprunteur. Alors pourquoi les collectivités locales devraient faire d’avantage confiance à cet emprunteur ?

Qui dit collectivités locales dit les contribuables. C’est donc le contribuable qui finalement va payer la défaillance de l’emprunteur. C’est donc une épée de Damoclès qui est au-dessus de sa tête. Il ne bénéficie pas de la protection qu’il est en droit d’attendre de ses représentants. Les mesures de prudence préconisées par les textes n’altèrent pas la complexité des opérations que réalisent ces sociétés immobilières qui sont également sur le logement intermédiaire voire de la classe supérieure. Le risque lié à ce type d’opérations peut entraîner la défaillance de la société. Il faut rapprocher ce risque au fait que le mandat électif est de six ans alors que la garantie porte en général sur 15 voire 30 ans. Lorsque la loi permet, elle n’oblige pas et donc la responsabilité des élus est totale. Pour moi, il n’y a pas de lien entre le refus d’apporter la garantie d’emprunt et la construction de logements sociaux. De surcroît cela fausse la concurrence et pose le problème de la compétitivité. La conséquence d’une non-réponse au problème du logement est la révolte. Si la société veut éviter les mouvements sociaux graves elle se doit de respecter sa propre constitution dont la loi qui stipule le droit au logement pour tous.

Cette garantie d’emprunt avec les contreparties en logements participe d’une façon générale à la politique clientéliste de la majorité en place et fausse le jeu électoral.  On finit par comprendre pourquoi ce diktat est aussi bien accepté.

Repost 0
Published by Jean-Marie Taubira - dans politique
commenter cet article
22 janvier 2013 2 22 /01 /janvier /2013 17:45

La SEMSAMAR est une société d’économie mixte de Saint-Martin qui est, sur le plan institutionnel, une collectivité territoriale d’outre-mer relevant de l’article 74 de la constitution française. Ce territoire de 53,2 km² pour un peu plus de 35000 habitants faisait partie intégrante du territoire de la Guadeloupe jusqu’au 15 juillet 2007. Cette société a pour activité principale la construction de logements sociaux qui lui donne accès aux fonds publics. Sa directrice générale est aujourd’hui dans l’œil de Miilos. Est-ce une tempête dans un verre d’eau ou, est-ce un vrai problème à élucider ?

 

Miilos, mission interministérielle d’inspection de logement social est à l’origine de l’information relative au million d’euros de revenu salarial annuel de la directrice générale. Pour autant, il n’est pas sûr  qu’elle soit à l’origine de la publicité qui en est faite. Ne s’agirait-il pas d’une lutte fratricide entre sociétés immobilières ? Il n’y a pas de crime ou de délit qu’une personne ait l’ambition d’obtenir une rémunération qu’elle juge correspondre à ses compétences. Le problème est ailleurs.

 

En vertu de quoi le conseil d’administration a consenti une telle rémunération ? Quels sont les mobiles qui ont conduit les éléments du groupe, puisqu’il s’agit d’une SEM, à accorder un tel niveau de rémunération ? S’agirait-il de chantage…, y –aurait-il anguille sous roches… La complexité de la structure du groupe laisse planer un doute qu’il serait urgent de lever.

 

La SEMSAMAR, au-delà des fonds publics qu’elle reçoit, bénéficie des garanties des collectivités territoriales. Elle intervient sur différents territoires dont celui de la Guyane. En ma qualité de conseiller municipal de la ville de Cayenne, j’ai toujours voté non aux garanties demandées par ce type de sociétés immobilières. Cet événement me conforte dans ma démarche car, il pose le problème de la pérennité de telles structures et, il est indécent que les conseils municipaux qui sont élus pour six ans puissent prendre de tels risques sur une période supérieure à leur mandat. Comment accepter une épée de Damoclès sur la tête des administrés d’un territoire alors que la collectivité n’a aucun moyen de contrôle sur ce type de sociétés immobilières. En ce qui concerne la Guyane, je ne comprends pas qu’il ne soit pas demandé aux actionnaires de la SEMSAMAR de garantir les emprunts compte tenu de la composition du capital social.

 

Cela ne sert à rien de s’émouvoir sur la rémunération de la DG si l’on continue les mêmes procédures d’attribution de fonds publics ou de garanties d’emprunts par les collectivités territoriales.

 

Cela ne sert à rien de s’émouvoir sur la rémunération de la DG si le prix des logements dits sociaux est à plus de 150000€ pour un T3 en Guyane, si les logements dits sociaux risquent de ne pas trouver preneurs aux dépens des administrés par le biais des collectivités locales qui seront mis au pilori. Cela ressemble davantage à un règlement de compte alors qu’il s’agit d’un problème de fond, cela ressemble davantage à de l’hypocrisie. On n'a jamais autant entendu parler de la SEMSAMAR depuis qu'elle s'est installée en Guyane par l'entreprise d'élus locaux. Le volume d'affaires réalisé sur notre territoire doit contribuer pour une bonne part à sa bonne santé financière. Il semblerait que les placements financiers qu'elle a effectués donnent le vertige.« Vive la République sociale et solidaire »

Repost 0
Published by Jean-Marie Taubira - dans politique
commenter cet article
12 janvier 2013 6 12 /01 /janvier /2013 21:38

REXMA est une société locale qui a obtenu une autorisation d’exploitation aurifère à la crique Limonade sur la commune de Saül en Guyane. Le maire de cette commune s’y oppose en prétextant qu’il ne veut pas d’exploitation aurifère à moins de dix kilomètres du bourg.

 

Saül est une commune isolée avec des terres fertiles qui feraient envie à tout agriculteur qui aurait une certaine idée de la valeur travail. Elle est une commune qui pourrait être largement la capitale de la Guyane tant son sous-sol est riche, tant sa situation géographique est opportune. Mais, pour cela il faudrait certainement un maire pionnier qui ait l’ambition d’être à la tête d’un territoire valorisant et valorisé par l’activité de ses administrés. Malheureusement, la culture de la rente fait que certains responsables politiques ont une préférence pour l’inactivité qui rapporte. L’argument avancé est-il imparable ? relève t-il philosophiquement d’une pensée humaniste ou d’une philosophie de la paresse ?
Ce qui est important dans une activité est son utilité et surtout les conditions d’exploitation. L’exploitation garantit t-elle les conditions acceptables d’altération de l’environnement. Si l’Homme ne peut pas cadencer son environnement par rapport à ses besoins d’épanouissement il lui est donc interdit pour préserver la nature de construire des villes et des villages. Ainsi donc il n’existerait pas de maire. Vous direz certainement qu’il vaudrait mieux ne pas avoir de maire que d’en avoir de frileux et d’incohérents au point de favoriser l’immobilisme quand bien même ce dernier pourrait être rémunérateur grâce à la ponction faite sur le travail des autres.
 

Il nous faut admettre le manque de cohérence d’un tel argument qui n’exprime rien de sérieux. A deux kilomètres du bourg il est plus facile de contrôler les conditions d’exploitation et donc de prévoir la pollution éventuelle. La technique de production utilisée exclut le mercure, nécessite l’exploitation en circuit fermé. Enfin, en matière sanitaire les exigences d’hygiène et de sécurité sont bien plus draconiennes qu’à l’intérieur de certains bourgs des communes.

 

L’activité se fait là où il y a le minerai et là où il est plus rentable à exploiter. Grossièrement, compte tenu de l’étendue du territoire, économiquement parlant on pourrait soutirer que c’est le bourg qu’il faudrait déplacer si une telle activité devait être en mesure de réduire le chômage et de financer les investissements qui précèdent le développement. En tout état de cause à 2 km du bourg les administrés sont plus en sécurité que les administrés des communes qui se situent sur le littoral avec des terres arides et la mer comme seules richesses naturelles sans être à l’abri d’un tsunami.

Il est ahurissant de savoir que des multinationales qui viennent avec des méthodes dévastatrices, utilisant du cyanure par exemple, imposant leur puissance financière et leur aura international arrivent à être entendues par certains de ces élus et qu’une entreprise locale a toutes les difficultés pour accéder à une telle activité et qu’elle ne reçoit jamais le même soutien de la part des organismes tant professionnels que sociaux. 

Saül est une commune qui fait partie d’un parc national de plus de 33000 km². Le cœur du parc fait plus de 20000 km². Autrement dit plus du 1/3 du territoire, là où il y a quasiment toutes les ressources naturelles, est neutralisé. L’accès à ce parc ne peut se faire que par pirogue où par avion c’est dire qu’en terme de visites il ne faut compter quasiment sur aucune recette directe, que les moyens humains ne seront pas en adéquation avec une telle superficie. On voit que c’est une culture de l’assistanat qui est en point de mire et malheur aux générations qui arrivent.

 

La France hexagonale qui compte des parcs nationaux sur son territoire, ne dispose d’aucun parc dont le cœur atteint 1000 km². Or, depuis 1911 l’idée de parc est introduite dans la société française. Il a fallu attendre 1960 pour que le premier texte sur les parcs nationaux voit le jour. Les français ont résisté et le développement a suivi. Le tiers du territoire hexagonal n’est pas constitué en parc national.

 

Seuls les pays en voie de développement se sont vus imposer des parcs de cette dimension (Tanzanie, Mozambique par exemple). Que certains de nos élus aient un peu de cohérence lorsqu’ils tentent de parler de retard de développement. Le développement ne se fait pas avec des acteurs qui n’ont aucun intérêt pour le territoire.et il se conçoit difficilement sur une bande côtière.

Repost 0
Published by Jean-Marie Taubira - dans politique
commenter cet article
26 décembre 2012 3 26 /12 /décembre /2012 03:23

Volontairement, je ne me suis pas exprimé plus tôt sur le sujet pour éviter de mettre le feu aux poudres. Le temps me paraît propice et je m’exprime avant que les vœux de nouvel an, réflex routinier, ne viennent nous transporter vers un monde irréel où, tous nous aurions sniffé des substances psychotropes.

A force d’immobilisme, la situation à Kourou a fini par exaspérer au point d’interdire la circulation à partir d’une certaine heure à une catégorie de personnes en l’occurrence des mineurs de moins de 16 ans. C’est une décision grave. Il faut espérer que demain ce ne soit pas les femmes et après-demain les personnes « trop engagées » politiquement. C’est donc l’état de siège à Kourou. L’histoire nous revient comme un effet boomerang. Lors de la seconde guerre mondiale, les allemands, occupant une partie du territoire hexagonal impose un couvre-feu. Pendant la bataille d’Alger, la France met en place un couvre-feu. Oui, J’exagère… C’est volontaire pour montrer la gravité de la situation et comment en temps de paix on peut s’accommoder de dispositions exceptionnelles. Certains y sont très favorables surtout s’ils ont plus de seize ans, leur liberté est intacte. D’autres le sont moins mais se taisent, c’est plus simple, le courage, vous comprenez, est une vertu… La société s’est plutôt accommodée au mensonge, à l’hypocrisie, à l’imposture, à l’illusion, ces vices qui la caractérisent.

Le recours à presque la loi martiale est bien la conséquence de la mystification d’une société Kouroucienne dite ville spatiale. Des incivilités à ce niveau ont forcément une source quand bien même rien ne doit justifier la violence. Mais, il y a des violences qui ne sont pas directement physiques qui engendrent des traumatismes conséquents. Certains refuseront de l’admettre, néanmoins, l’état de la société Kouroucienne est bien la conséquence de quelque chose… L’injustice sociale, les blessures de l’esprit, le choc de culture, les meurtrissures de la chair sont des états qui nourrissent la révolte et génèrent les actes d’incivilité graves. Il faut donc se pencher sur les causes de cette violence et ne pas se contenter d’un couvre-feu qui n’est que l’expression de la faillite de la société convenue comme démocratique. Cette disposition ne peut être considérée que comme provisoire, il s’agit d’un répit qu’il faut utiliser à bon escient.

Kourou c’est une histoire dont on ne peut pas s’asseoir dessus. Ce sont les expropriations de Malmanoury, c’est la création de la ville spatiale à l’écart du bourg resté longtemps sorte de bidonville de la commune, elle a été pendant longtemps, dans la ville spatiale même, les quartiers d’ingénieurs, de techniciens et d’ouvriers. L’avènement du Maire de Kourou actuel qui a donné sous ses mandatures de la dignité au bourg par les investissements qu'il a réalisé aurait dû être accompagné de la création d’un commissariat de police.

La configuration psychologique de la ville de Kourou justifie plus que les villes de Matoury et de Rémire-Montjoly un commissariat. Force est d’admettre qu’il s’agit de deux métiers différents entre le corps des gendarmes et celui des policiers. Les gendarmes doivent gérer leur isolement par rapport à la ville du seul fait qu’ils sont des militaires et qu’ils vivent dans les casernes. Leurs sorties s’appréhendent consciemment ou non à de la répression. Les policiers sont quant à eux introduits dans la ville. La nature de leur fonction est beaucoup plus adaptée à l’urbanisation de la commune. Ils peuvent mieux accompagner la politique de la ville du maire (peu importe son étiquette politique). Leur présence dans la ville est automatiquement perçue, à tort ou à raison, comme de la prévention – répression. La police municipale n’a pas les habilitations qu’il faut pour être efficace à ce niveau.

Il importe de noter par ailleurs, que la réhabilitation du bourg fait émerger des frustrations liées au choc de culture et produit l’incompréhension entre les habitants. Cet état de fait vient rendre encore plus complexe la problématique du mieux vivre ensemble.

La jeunesse d’un pays ne peut en aucun cas représenter un handicap pour la société. La stigmatiser c’est reconnaître son propre échec. Il est donc temps de trouver des solutions fiables adaptées à notre réalité que d’importer des types d’organisations qui ne sont d’aucune efficacité pour la commune. La réalité des communes de Guyane n’a quasiment rien à voir avec celle des communes de l’hexagone. Les réponses doivent être intelligentes et surtout avoir comme objectif la sérénité de la ville, le respect des uns et des autres, la liberté pour tous.

Repost 0
Published by Jean-Marie Taubira - dans politique
commenter cet article
20 décembre 2012 4 20 /12 /décembre /2012 16:56

Lorsque l’on parle de dictature, on pense immédiatement au caractère arbitraire du régime politique où tous les pouvoirs sont concentrés entre les mains d’un seul individu ou entre celles d’un groupe d’individus appartenant à un clan. De fait, le présent titre peut apparaître contradictoire et laisser penser qu’il est insensé. Méfions-nous car, l’apparence peut cacher des vices extrêmement sensibles  et, extrêmement dommageables. Loin d’être un oxymore, ce groupe de mot est l’expression d’une réalité qui n’est perceptible que par la subtilité de l’esprit humain débarrassé de toute aliénation. Elle l’est grâce à la liberté absolue de conscience qui fait une large place à l’esprit critique. Il reste que cet esprit richement nourri a besoin de convictions fortes et de détermination pour changer les choses et rendre aux citoyens leur pleine liberté.

En ne mésestimant pas le fait que le libéralisme en tant que philosophie dominante du siècle des lumières a été un progrès pour le tiers-état qui n’était pas un corps constitué de citoyens mais de sujets du roi dont ils n’étaient pas propriétaires de leur propre corps, il est un fait incontestable qu’il a débouché sur un libéralisme économique et financier qui soumet autant les gouvernements que la grande masse de citoyens à son diktat.

Mais au fond, la photographie de cette société n’est–elle pas l’expression de la revanche de la bourgeoisie du tiers-état à l’encontre de ceux qui peuvent représenter l’image de la monarchie et de ses corps privilégiés comme de ceux qui peuvent représenter l’image des paysans qui formaient leur corps de dominés. En tout état de cause, le libéralisme économique et financier impose sa loi à toutes ces sociétés soi-disant démocratiques. Le pouvoir exécutif, le pouvoir législatif et le pouvoir judiciaire semblent être dominés par les relations sociales qu’impose ce courant de pensée. Ces relations apparaissent comme les axiomes à partir desquels tout le raisonnement de la construction rationnelle de la société doit être bâti. Les propositions et projets de lois sont pensés à partir de cet environnement. C’est donc tout un arsenal d’aliénation qui est mis à la disposition de ce pouvoir qu’est le libéralisme économique et financier. C’est donc une dictature subreptice.

Cette subtilité de l’esprit permet de percevoir l’impuissance du pouvoir exécutif voire même du législatif qui par leur principe d’équilibre sont censés mettre en application le gouvernement par le peuple et pour le peuple. Or, des exemples probants montrent cette subordination au pouvoir économique et financier ; Arcelor Mittal à Florange, Le coût du travail évoqué par le patronat en omettant de prendre en considération les rémunérations souvent excessives des PDG, les agences de notation relevant du secteur privé qui attribuent des notes aux Etats avec des critères d’analyse du domaine privé alors que le haut de bilan des collectivités publiques et des Etats n’est pas comparable à celui des structures privées, La guerre promise au secteur financier qui s’est adoucie à l’instar de l’Iceberg qui sous un coup de chaleur se transforme en eau, le solide qui devient liquide. Enfin, en Guyane ce sont les multinationales qui imposent leur loi sur les ressources naturelles du territoire, ce sont les compagnies pétrolières qui se croient au-dessus des lois et qui imposent leurs règles qui rappellent celles des mafias des temps reculés.

Le libéralisme économique et financier exprime la tyrannie de la minorité qui a accumulé suffisamment de richesses pour imposer à la majorité son mode de société. Tocqueville peut être tranquille et n’aura pas à se retourner dans sa tombe tant l’impuissance du pouvoir politique est effarante.

Repost 0
Published by Jean-Marie Taubira - dans politique
commenter cet article
10 décembre 2012 1 10 /12 /décembre /2012 18:16

Le parti progressiste Guyanais auquel j'appartiens et au sein duquel j'exerce la fonction de Secrétaire Général a donné ce jour une conférence de presse sur le thème de la collectivité unique de Guyane. Je vous transmets l'intégralité du support qui a servi de base à l'échange avec la presse locale. Il est à noter qu'il n'y a pas eu de Congrès sur ce sujet depuis le référendum. En cette fin d'année, une fois encore, comme les effets de la poudre de Perlimpinpin le Conseil Régional organise une grand-messe avec des constitutionalistes, une nouvelle manière de passer en dérision les citoyens, un moment jouissif de les insulter comme s'ils n'avaient rien retenu de ce qui leur avait été dit avant le référendum par d'autres constitutionalistes. L'article 73 est en application depuis 1946.

 

CONFERENCE DE PRESSE

Nous vous remercions d’avoir répondu à notre invitation. Cette rentrée politique sur le plan médiatique est pour nous particulière. L’année qui s’annonce est pré-électorale et nombreux sont ceux qui seront tentés par les effets d'annonce.

Nous avons décidé de traiter du thème de la Collectivité unique de Guyane dans la mesure où à près de trois ans depuis le référendum, la société guyanaise ne semble pas avoir un grand dessein en termes de développement économique et social. Enfin, ce thème exprime toute la problématique de la société Guyanaise, et nous allons vous l’exposer sous trois angles.

Aspect institutionnel :

Depuis le 24 janvier 2010, 27,44% des électeurs s’est prononcé sur la Collectivité unique de Guyane dans le cadre de l’article 73 de la constitution française. C’est donc 15,77% de l’électorat qui a choisi la Collectivité unique de Guyane qui était une revendication du Président de la République Monsieur SARKOZY. La démocratie parfois nous interpelle.

Le système est bien connu. La fusion des deux collectivités en une seule ne le transforme pas. Il s'agit d'un système assimilationniste qui favorise l'assistanat. Il n'y à qu'à voir les arguments qui ont permis le maintien de la société dans ce système. Il est soutenu par les transferts sociaux qui constituent une sorte de rente financière venant de l'administration d'Etat.

La Collectivité unique de Guyane dans ce cadre là pose le problème du risque de dérives autocratiques de l'exécutif uninominal. Le secteur privé étant trop en retrait par rapport au secteur public, les agents économiques  vont trop dépendre de la commande publique.

Indépendamment du risque de dérives autocratiques, il apparaît indispensable qu'une évaluation exhaustive du patrimoine des deux collectivités (Région et Département) soit opérée avant la fusion et soit portée à la connaissance de la population. Cette évaluation doit porter sur les éléments matériels et immatériels du patrimoine ainsi que sur les éléments financiers sans oublier de préciser le niveau des engagements de ces Collectivités en matière de garantie apportées aux tiers (Sociétés immobilières, sociétés commerciales etc.). Cette démarche est fondamentale car, elle permet d'identifier les responsabilités avant que les contribuables ne soient sollicités. Au final ce sont les impôts qui couvrent les erreurs et donc les contribuables qui sont mis à contribution.

Aspect sociétal :

Une fois le toilettage des structures institutionnelles effectué, il reste à savoir comment la société guyanaise à partir de cette collectivité peut subsister et prospérer. Nous considérons que la collectivité unique de par ses compétences extrêmement limitées à cause de l'absence de capacité décisionnaire n'est pas en mesure de soutenir la société, c'est à dire son développement. Dans l'état actuel des choses seul un secteur privé moins atrophié, moins sous l'influence du secteur public peut répondre aux normes du développement économique et social. Or, le système tel qu'il est conçu est plus favorable à la notion de rente qu'à celle de valeur ajoutée. La terre, l'eau, les minerais constituent les matières premières du territoire appelées communément les ressources naturelles. La logique voudrait qu'il y ait sur place une industrialisation maîtrisée de ces ressources et que les agents économiques qui participent à cette création de richesses, à ce perfectionnement des ressources voire leur transformation, aient un intérêt sur le territoire. Nous pensons également que toute société a besoin de cohérence dans son développement or, à côté des lois communes avec l'Hexagone il faut autant de dérogations pour prendre en compte les spécificités territoriales. Il s'ensuit que le territoire n'a pas les mêmes caractéristiques que celles de l'Hexagone. Par voie de conséquence, le principe de l'assimilation même est un crime social. C'est ainsi que ces exceptions génèrent davantage d'immobilisme que de dynamisme. Elles finissent par générer des abus qui deviennent la règle et, la règle devient l'exception. Enfin nous considérons que la société guyanaise est une société complète et que son dysfonctionnement résulte d'une inadaptation institutionnelle. Elle est donc un tout mais un tout entravé

Aspect  Population :

Peut-on oser penser un instant que les citoyens de Guyane n'aspirent pas à quelque chose. Jusqu'à présent, dans un tel système, ils ne représentent rien du tout. En effet, lorsque l'on n'a pas la capacité à prendre des décisions essentielles soit par soi-même, soit par ses représentants, on est rien. Le système d'assistance qui n'est pas un système de solidarité mais davantage un système de soumission fait d'eux une totalité en apparence mais, il s'agit d'une totalité opprimée. Elle l'est soit pas l'inculture que le système occasionne, soit par la frustration qu'il produit. Si nous suivons notre réflexion, nous comprenons que ce système assimilationniste est l'ennemi des libertés individuelles et collectives. Donc, la dynamique collective nécessaire à la prise de risque pour un réel développement est entravée. Il est par conséquent nécessaire pour le peuple qui aspire à être quelque chose de faire un retour sur l'histoire, sans crainte, afin de devenir plus fort pour résister à sa neutralisation par le système.

Merci de votre écoute.

Repost 0
Published by Jean-Marie Taubira - dans politique
commenter cet article
28 octobre 2012 7 28 /10 /octobre /2012 23:06

Ne croyez surtout pas que l’on trouve de l’or partout en Guyane, ne pensez surtout pas que les guyanais sont à l’instar des Koweitiens des Emirs grâce à leurs ressources naturelles dignement négociées. Les guyanais ne veulent certainement pas d’une ploutocratie mais, que cela leur ferait du bien de vivre décemment des ressources de leur territoire. La vie serait bien plus belle que ce taux de chômage, compris entre 21 et 30% selon la manière utilisée pour son évaluation, qui montre la réalité de la situation

 

Non, la vie n’est pas si belle… L’or trouvé au TGI de Cayenne est selon les sources journalistiques le butin confisqué aux travailleurs clandestins. Selon les mêmes sources, il y aurait pour 160 Kg d’or amalgamé. Bizarre, les guyanais se sont toujours interrogés sur l’absence d’information concernant les prises d’or, lors des interventions en milieu aurifère clandestin. Ils n’avaient donc pas torts.

 

Ma mère… 160 Kg d’or ! quel butin ! s’il s’agit d’orpailleurs… Mais, s’il s’agit d’opérateurs miniers clandestins avec le matériel de travaux publics dont ils disposent et qui ont parfois été détruits, quelle déception, quel maigre butin…  C’est la production d’une année dans l’or alluvionnaire sur une Autorisation d’exploitation (AEX) très moyenne de 2Km²  avec un maximum de 3m de profondeur de terre stérile. Cela représente moins de 14 Kg/mois soit légèrement plus de 2 Kg/par levée tous les cinq jours.

 

En termes de productivité des opérations contre les clandestins, l’on ne peut pas dire que cela relève d’une grande efficacité surtout que l’on ne sait pas s’il s’agit d’une multitude de prises et sur quelle durée ou s’il s’agit d’une ou deux prises et sur quelle durée.

 

Malgré les taxes spécifiques que l’on crée sur la production des ressources naturelles du territoire qui est destinée à l’exportation et dont les producteurs sont quasiment des multinationales, les retombées en termes de développement ne sont pas perceptibles. Vous direz… Il en est ainsi pratiquement de tous les pays sous-développés, le Coltan en RDC (République Démocratique du Congo), Le pétrole et l’or  à la République du Niger, l’or, le platine, le diamant  à la République du Zimbabwe etc.

 

Apprendre, que les 160 Kg d’or ne reviendraient pas au territoire, sonne comme une injustice sociale. En effet, sous la Présidence Régionale du Sénateur Georges OTHILY, dans un souci de développement, celui-ci avait procédé à des investissements d’infrastructures. L’Etat, tout en abandonnant une dette au Gabon refusait d’apporter sa contribution au financement de ces investissements qui précèdent le développement et, sous la Présidence Régionale de Monsieur Antoine KARAM, la Région Guyane s’est endettée par un emprunt à hauteur de 300 millions de francs en 1994. Cet emprunt a été remboursé par les contribuables de ce territoire par quasiment un doublement des taux de la fiscalité (Taxe foncière, taxe d’habitation, taxe professionnelle de l’époque). Cette hausse de la fiscalité que l’on subit jusqu’à aujourd’hui a constitué un frein à la croissance économique en amputant le pouvoir d’achat et par implication en contractant la consommation. Il apparaît donc évident que cette trouvaille, aussi petite soit-elle doit revenir au territoire afin d'envisager une baisse de ces taux et par implication, rendre la part de pouvoir d'achat aux contribuables de ce territoire.

 

Sur un plan politique cette démarche de l’Etat exprimait une rupture de la continuité territoriale.  Aujourd’hui, les infrastructures sont utilisées autant par les services de l’Etat que par les contribuables. Est-il moralement juste  que cette petite manne ne revienne pas  intégralement à ce territoire ? Est-il moralement juste que ce territoire riche de ses ressources naturelles soit dans un tel état de non développement ? On finira bien par comprendre que le stress que vit la population trouve sa source dans la soumission, la subordination et l’injustice sociale générées par les caractéristiques constitutionnelles du territoire.

Repost 0
Published by Jean-Marie Taubira - dans politique
commenter cet article
25 septembre 2012 2 25 /09 /septembre /2012 18:29

La Guyane, par assimilation, relève de l’article 73 de la constitution française. Autrement dit, un département de droit commun. Il se trouve que la baisse de 6 centimes par litre de carburant négociée par le gouvernement ne lui est pas applicable.


Dans le même temps, le gouvernement par l’entremise du Ministère des Outremers entend lutter contre la vie chère. C’est donc un des éléments du panier de la ménagère qui échappe à cette volonté politique. En tout état de cause, cet élément est bien une donnée sensible et incontournable de la lutte contre l’appauvrissement des populations des Outremers. Les incidences sont directes ou indirectes par le coût du transport soit collectif, soit individuel mais également sur tous les services fournis dont cette source d’énergie est un élément de la structure des prix.


Cette situation est la conséquence du caractère monopolistique de l’activité du carburant en Guyane. Les compagnies pétrolières, d’une manière générale, imposent la règle de « la raison du plus fort ». Par suite, les relations commerciales se font au mépris du droit. L’impuissance du gouvernement semble liée à l’opacité du mécanisme de la structure du prix du carburant. Il va de soi qu’admettre une telle situation défie le principe de l’autorité politique et par voie de conséquence remet en cause l’engagement morale et l’action sociale qui sont les deux piliers qui donnent du sens à la notion de société et plus particulièrement à la société politique de nature démocratique.


Face à l’arrogance de cette forme d’oligarchie, il y a la possibilité d’atténuer sensiblement les nuisances de cet abus de position. Il suffit qu’on fasse intervenir un niveau de responsabilité à chaque étape du processus commercial. L’étape essentielle se situe au cœur de la distribution. Son efficacité dépend de la connaissance du contenu des contrats de location-gérance que font signer les compagnies pétrolières aux gérants de stations-services étant entendu qu’elles sont majoritairement propriétaires des lieux.


D’une manière générale le contenu des contrats n’est pas équitable et génère une subordination des gérants face aux compagnies. En matière de droit, il y a la possibilité pour le ministère concerné de mettre un terme à cette anormalité républicaine. Les autres points de ces contrats peuvent également faire l’objet d’un contrôle de légalité il s’agit, de la caution bancaire, du personnel, de la rémunération de la location-gérance, de la déclaration auprès de l’Urssaf des locataires gérants.

Quant à la caution bancaire, il est indispensable que les banques qui sont sollicitées prennent certaines garanties pour éviter l’équivalent du soutien abusif. Il s’agit entre autres de demander aux compagnies pétrolières de fournir les attestations de conformité délivrées par la DRIRE de l’état des cuves voire de la station dans son intégralité, qu’elles garantissent aux banques que la livraison correspond bien à la commande en imposant une technique intelligente de contrôle pour la régularité du commerce (Vander-root au sein de la station ou compteur sur les camions de livraison). Certaines compagnies rattachent à leur fonds de commerce le personnel. Le droit du travail doit expliciter cette situation de sorte que le personnel soit celui des compagnies avec ses conséquences en la matière (Comité d’entreprise, délégués syndicaux, CHSCT etc.). Il importe qu’une méthode définitive soit arrêtée pour la rémunération de la location-gérance et qu’elle s’impose à tous sans discrimination. Enfin, que la déclaration à l’Urssaf ne soit subordonnée à aucune condition.

Ces dispositions peuvent être prise rapidement et à très court terme. Elles participeraient à réduire directement ou indirectement le coût de la vie soit de manière microéconomique soit de manière macroéconomique.

Repost 0
Published by Jean-Marie Taubira - dans politique
commenter cet article