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  • : Le blog de Jean-Marie Taubira
  • : Je suis Président du CRAPAG (Cercle de Réflexion et d'Action pour l'Avenir de la Guyane), Depuis le 10/12/2008, je suis le Secrétaire Général du Parti Progressiste Guyanais (PPG). Mon ambition est l'élévation de la conscience collective
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4 janvier 2010 1 04 /01 /janvier /2010 22:37
Le texte ci-dessous est la transcription fidèle de mon intervention dans le cadre de l'émission pour l'évolution statutaire diffusée le lundi 04/01/2010 sur RFO GUYANE.

Electrices, Electeurs,

Le 10 janvier, pour la première fois, on ne vous demandera pas de voter pour  telle ou telle personne ou telle ou telle liste. On vous demande indirectement à travers une question qui concerne la société guyanaise de dire quelle opinion vous avez de vous. C’est donc un jour historique et exceptionnel pour notre collectivité humaine. Après cette date, il n’y aura certainement pas d’autres opportunités

En vous posant la question statutaire, indirectement on vous demande si vous avez une haute opinion de vous ou si vous avez une piètre opinion de vous. On vous demande parmi les valeurs que vous cultivez, si vous préférez le courage à la lâcheté, la bravoure à la peur, la loyauté à la veulerie, le travail à la paresse, l’autonomie à la subordination, la parole décisionnelle à la parole contestataire.

On vous demande également si vous voulez être acteur de votre mode de vie ou si vous voulez le subir, si vous voulez la liberté comme réalité concrète et vécue ou si vous la voulez comme utopie.

Dans le cadre de la République, on vous demande si vous êtes prêt à apporter votre contribution sur le plan artistique, technique, économique, écologique et historique ou si vous préférez la passivité de l’homme sans conscience

Par la question qui est posée, on vous demande de quelle culture vous relevez Est-ce celle de l’assistanat ou celle de la dignité

En votant massivement OUI à l’article 74 vous exprimerez la haute opinion que vous avez de vous et vous ferez savoir que le soleil se lève aussi pour vous.

Merci
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31 décembre 2009 4 31 /12 /décembre /2009 01:38
La parole appartient à l’être humain. Elle en fait partie intégrante. Pour ce qu’elle a besoin d’exprimer tant dans le domaine de l’affectif que dans celui de l’intellect, elle ne peut être  confisquée, elle ne peut être hara-kiri.

Il apparaît d’une évidence que la parole ne peut être en permanence celle qui évoque le trait distinctif de la subordination. Elle nous renvoie à la communication. Or, pour communiquer en bonne intelligence, il est indispensable qu’il y ait équité dans l’importance accordée à la parole réciproque.

Comment donc arriver à cette équité ? Comme le pouvoir, la parole ne se donne pas, elle se prend, particulièrement, la parole décisionnelle. Dans bien de circonstances, la parole contestataire exprime le jeu de l’insatisfaction, elle fait ressortir les relations de dominés et de dominants, de chefs et de subordonnés, elle en décrit une hiérarchie.

Alors, si les événements conduisent à nous permettre de faire le choix de son appropriation, pourquoi hésiter ? Quels mobiles expliqueraient  ce refus…

Le 10 janvier, les électrices et les électeurs de Guyane iront devant les urnes faire leur choix par rapport à la question statutaire ainsi formulée : « Approuvez-vous la transformation de la Guyane en une collectivité d’outre-mer régie par l’article 74 de la Constitution, dotée d’une organisation particulière tenant compte de ses intérêts propres au sein de la République. »

L’article 74 est la spécialité législative c'est-à-dire qu’il reconnaît la spécificité du territoire et de son environnement. Il admet l’originalité de cet espace temps. En conséquence de quoi, il garantit son autonomie.

Nous aurons ou non la parole que si nous comprenons qu’elle est liée à la liberté. Nous l’aurons que si nous comprenons que le principe d’assimilation n’existe que parce qu’il y a un territoire qui est distinct de l’autre et qu’il ne peut être reconnu comme tel. Ce principe d’assimilation ne peut exister que par sa capacité à absorber l’autre. Par implication, la singularité disparaît au profit de l’uniformité. Cette uniformité fait taire toute revendication spécifique pour qu’elle ait son sens. La parole décisionnelle est donc étouffée et n’existe pas.

Nous aurons ou non la parole que si nous comprenons que nous devons oser, que nous devons nous affirmer, que nous devons nous assumer et que nos convictions et notre détermination soient au service de notre authenticité. Ainsi donc, la conquête de la parole nous permettra  d’exprimer la réalité de notre devenir et de le légitimer. Prendre la parole, c’est conquérir sa liberté, c’est affirmer ses valeurs, son mode de vie, c’est faire émerger sa réalité artistique et littéraire.
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15 décembre 2009 2 15 /12 /décembre /2009 00:11
C’est la phrase que la Secrétaire d’Etat à l’Outremer a prononcée à l’encontre des citoyens de Guyane qui manifestaient à juste raison contre les handicaps sérieux que génère l’immobilisation du pont du Larivot. Le millième de cette histoire ne serait pas accepté dans l’Hexagone.

Cette phrase révèle toute la problématique de l’autonomie psychique des individus. Elle est exprimée par une française de l’outremer, guadeloupéenne de son état. Elle aura toujours le loisir de dire plus tard qu’elle ne l’aurait jamais dit en Guadeloupe. Il restera dans la mémoire de tous ceux qui sont épris de la liberté absolue de conscience, que tous ses prédécesseurs ont eu leurs maladresses mais n’ont jamais atteint ce niveau d’humiliation.

Ces citoyens qui manifestaient sont ceux qui ont vu leur coût de transport augmenté sensiblement, ce sont ceux qui ont vu leur vie se transformer subitement, ceux qui constatent le risque qu’ils prennent chaque jour pour gagner leur vie et garantir le minimum à leurs progénitures avec cette déviation de plus de 60Kms sur un chemin départemental tracé depuis la départementalisation centralisée et extrêmement dangereux. Ce sont ceux qui vivent la contraction de leur liberté.

Heureusement que la France est là… pour construire un pont qui, seulement au bout de trente ans, doit être neutralisé entièrement pour effectuer des travaux dont on ne peut actuellement fixer de manière certaine le terme.

La Secrétaire d’Etat à l’Outremer n’est certainement pas au courant que la Guyane est le territoire où s’exerce l’activité spatiale russe et européenne, sans rente foncière, sans rente géostratégique, sans taxe professionnelle. La Guyane c’est aussi l’activité aurifère sans retombée significative pour les collectivités territoriales, c’est l’attribution des permis d’exploitation et d’exploration aux multinationales depuis les ministères concernés sans résultat pour l’économie locale. La Guyane c’est la zone économique exclusive sans effet tangible pour elle. La Guyane c’est une forêt primaire sans rente forestière, c’est la biodiversité dont se vante la France sans conséquence positive pour le territoire en termes économiques et financiers. Elle n’est peut-être pas au courant que la Guyane est cette parcelle de territoire qui contribue à faire de la France la cinquième puissance du monde.

Madame la Secrétaire d’Etat, la Guyane c’est Félix Eboué qui a participé grandement avec le Général de Gaulle à la France libre contre les Nazis, C’est Gaston Monnerville Président du Sénat, C’est René Marand premier Goncourt des colonies. La Guyane c’est d’une certaine manière également, Léon Bertrand, Ministre du tourisme qui a beaucoup donné à la France et très peu à la Guyane en neutralisant les velléités d’autonomie c'est-à-dire la liberté assortie de responsabilité qui l’aurait grandi davantage. La Guyane c’est cette fenêtre sur l’Amérique du Sud avec les géants comme le Brésil, le Venezuela, l’Uruguay.

Et si la Guyane m’était contée, ce serait l’histoire d’un territoire riche avec des gens heureux partageant la convivialité, le bien-être, le bonheur. Un territoire où nul n’oserait humilier sa population tant elle serait consciente de son potentiel et tant elle aurait cherché à confondre ce potentiel à la réalité. Ce serait un territoire avec beaucoup moins de pollution car les guyanais balayaient le sol là où ils vivaient et ils n’auraient pas le temps de lancer les fusées.  
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7 décembre 2009 1 07 /12 /décembre /2009 14:04
Il y a des moments où on a l'impression que le temps passe bien plus vite qu'à l'accoutumé. Cela me semble être le cas face à cet enjeu qui concerne notre destin, cet enjeu que certains veulent banaliser. Pour la première fois, au sommet de l'Etat, à partir des revendications significatives exprimées par les citoyens de Guyane, la décision de nous consulter sur notre avenir est prise. Un avenir qui reste encadré dans la République. Vraiment pas de quoi nourrir l'angoisse.

Le 10 janvier c'est déjà demain. Pour une telle question le délai est court, très court pour contrecarrer ceux qui sont davantage préoccupés par l'accession au pouvoir, ceux qui jouent leur carte personnelle, ceux qui pensent surtout à détrôner les califes en place, ceux qui se soucient peu de l'efficacité du système qui doit commander notre destin. Trop court à cause de l'absence de pluralité des média. Trop court, par manque de temps, pour expliquer que le principal média RFO est concerné par cette évolution statutaire et qu'il peut donner le sentiment d'être partial dans le choix des personnes appelées à débattre sur la question relative à la consultation populaire.

C'est notre première consultation et c'est donc notre premier acte de responsabilité. Il s'agit pour nous d'exprimer notre volonté de mettre un terme à ce chômage endémique, de mettre un terme à cette pénurie de logement, de mettre un terme à cette dépendance par rapport à l'extérieur, 90% des produits que nous consommons n'est pas fabriqué dans notre économie. D'en finir avec les décisions qui ont un effet considérable sur notre existence sans que l'on soit tenu informé. Je pense à la construction du pont de l'Oyapock, je pense aux accords internationaux relatifs au pillage de nos ressources naturelles dont on n'a légalement aucune information (Or, Pharmacopée entre autres). De réduire sensiblement l'insécurité par la mise en place d'une économie dynamique. De favoriser l'unité du territoire en mettant un terme à sa fragmentation qui nourrit la xénophobie, le racisme et l'intolérance.

D'emblée, l'article 73 n'est pas celui qui correspond à la réponse à ces aspirations, il est à l'origine des difficultés. En raison de tout ce que j'ai déjà écrit sur le sujet, je me contente de rajouter qu'il est impossible en restant dans l'article 73 de garantir le développement graduel et rationnel de notre société. Le concept même est de nature à générer des ruptures dans l'administration du territoire. En effet, c'est l'Etat qui détient les compétences essentielles qui permettent de créer de la richesse or, celui qui représente l'Etat est le Préfet. Malgré les pouvoirs supplémentaires qu'il a par rapport à ces homologues de l'Hexagone, il ne peut pas garantir la pérennité du développement. Ses compétences personnelles ne sont pas en cause. Il s'agit seulement d'observer que les hauts fonctionnaires du territoire sont nommés pour trois ans. Comment peut-on garantir le développement avec un tel turn-over? Les hommes ne sont pas uniformes. Les successeurs n'ont pas forcément la même posture, le même caractère, la même perception de l'engagement, la même détermination face à l'existence humaine que leurs prédécesseurs. Du coup, les compétences essentielles sont prisonnières de cette logique qui débouche sur l'immobilisme.

D'autre part, opter pour l'article 73 c'est admettre que nous manquons de maturité, de sens des responsabilités. Sans la moindre honte, ceux qui défendent l'article 73 expriment cette idée. En fait, ils disent implicitement que nous ne sommes pas en mesure d'assumer les fonctions de directeur d'entreprises, d'avocat, de médecin, d'architecte, d'expert comptable, d'économiste, de sociologue, de psychologue, d'ingénieur, de psychanalyste, de philosophe, de géologue, de géographe, d'enseignant etc. Si "exceptionnellement" il y en a qui assument ces fonctions, forcément, ils sont invités à relativiser leur posture car, ils seraient surtout dans la logique du : "Au pays des aveugles les borgnes sont rois". Leur parole n'aurait pas le même crédit que celle de leurs homologues de l'Hexagone. A moins que, s'ils occupent  eux mêmes cette fonction, leur ego si prononcé les exclut de cette logique et qu'après eux le déluge.

Le bon sens conduit à comprendre que l'avenir c'est la responsabilité et que l'article 74 étant plus de responsabilité, il s'ensuit que l'avenir c'est l'article 74. Le bon sens conduit à comprendre que l'avenir c'est la liberté d'entreprendre et que l'article 74 c'est plus de compétences pour entreprendre, par voie de conséquence, l'avenir c'est l'article 74.



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1 décembre 2009 2 01 /12 /décembre /2009 02:42
Depuis le mois d'octobre semble t-il, le mauvais état du pont était connu. Pourtant, c'est durant la dernière décade de novembre que la population est informée de sa fermeture. Les plongeurs de la DDE auraient  constaté "un tassement de la pile n°13 d'environ 20 cm".

Le pont du Larivot est un ouvrage de 1,3 km qui traverse la rivière de Cayenne pour désservir toute la partie ouest du littoral de la Guyane. Il a été inauguré en 1976 durant la première décennie de l'ère spatiale. Il était à cette époque une infrastructure essentielle de l'activité spatiale. Pour avoir une idée de ce qu'il représente aujourd'hui, pour l'activité sociale locale il suffit de prendre connaissance de son traffic journalier. En effet, environ dix mille voitures l'empruntent par jour.

Dans un premier temps , malgré l'importance de l'événement et de sa gravité, chacun pensait à l'autre itinéraire, quand bien même il est plus long d'environ 60 kms,  à savoir, le CD5. Patatras ... le pont des Cascades est également en piteux état. Le Conseil Général a la responsabilité du CD5 mais, l'entretien est dévolu à des entreprises extérieures. En effet, contrairement à la Martinique, les deux grandes collectivités (Conseil Régional - Conseil Général) n'ont pas créé leur service technique de manière ad hoc et elles ont continué, comme sous la départementalisation centralisée à faire confiance pour certaines opérations aux services de l'Etat par l'entremise de la Direction Départementale de l'Equipement et à solliciter des services exogènes.

Qu'on ne s'y méprenne, sur les deux événements, la responsabilité de l'Etat est effective. Le CD5 est une route secondaire. A cause de la défaillance  du pont du Larivot, sa fréquentation s'est considérablement accrue au point d'être considéré momentanément, certes, comme une route principale. Au regard d'une telle situation, certains jouent la peur de l'article 74. C'est à n'y rien comprendre.

L'enjeu relatif au choix du système institutionnel est tellement important que c'est avec regret que je tente de répondre aux pro 73 excessifs pour leur demander un peu de décence. Le débat doit se faire sur la base d'argumentaires et non d'arguties. Je me vois contraint  de leur rappeler que nous avons tous la légitimité pour débattre sur l'un ou  l'autre des articles. Conservateurs que vous êtes, le Président de la République disait : "Je ne laisserai pas caricaturer l'article 74 ..."

Tout ce qui arrive actuellement est plutôt de nature à éveiller les consciences et à  interroger notre capacité à nous responsabiliser. Face à cette situation, ceux qui parlent des pro 74 comme étant irresponsables oublient certainement que cette catastrophe intervient sous l'empire de l'article 73 dont les compétences essentielles sont l'apanage de l'Etat. Observez de peu : Aménagement du territoire, urbanisation, ruralité, développement économique par la compétence minière, environnementale, industrielle, agricole etc.

S'il y a une personne morale qui ne crache pas sur son autonomie, c'est bien le CNES avec son port à Pariacabo à Kourou. Les partisans de l'article 74 sont bien conscients que le pont du Larivot n'est plus d'une grande utilité pour cette entité. Si le contraire était vrai, l'inspection du pont aurait fait l'objet d'une plus grande attention.  Actuellement, le CNES pourrait même se passer du port du Degras des cannes. Il apparaît ainsi évident que les préoccupations de la population n'ont pas la même résonnance au sein de la structure d'Etat. Elles ne font pas partie de ses intérêts discrétionnaires. Si l'on proposait au CNES l'indépendance de son territoire cela ne ferait certainement pas scandale.

On finira bien par comprendre un jour qu'il ne faut compter que sur soi. C'est bien le premier geste de la responsabilité. On finira bien par comprendre que la maturité s'inscrit dans l'expérience, dans la pratique des choses. Si vous n'osez pas, vous ne saurez jamais et vous vieillirez en étant toujours des majeurs incapables. C'est donc par conséquent la négation de l'être humain.
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9 novembre 2009 1 09 /11 /novembre /2009 13:30
Le système dans lequel nous évoluons actuellement (art.73) est bien connu pour avoir été construit sur le principe de la main tendue et plus schématiquement présenté comme de l’assistanat. Cela fait 63 ans que ça dure… avec deux intermèdes relativement significatifs, la Région administrative de 1972 et la décentralisation de 1982 de Gaston Deferre sous le premier Gouvernement de la gauche de Pierre Mauroy.

Parmi ceux qui veulent nous maintenir dans ce système, il y a des élus qui passent leur temps à courir vers l’hexagone pour quémander auprès des ministères de l’argent toujours de l’argent pour construire des ouvrages relevant du secteur public. Il y a aussi quelques titrés, docteur de leur état en tout dont on ne trouve point d’ouvrages singuliers sur la sociologie des pays d’outremer, sur un modèle économique des sociétés d’outremer, sur la psychologie des peuples d’outremer. Ce qu’ils nous disent c’est ce que nous savons sans que nous soyons des spécialistes.

Les arguments avancés pour se maintenir dans l’article 73 sont en tout point identiques à savoir : mendicité, mendicité, mendicité, quand bien même les formulations sont différentes. Selon eux, il y a un risque budgétaire, toujours dans le sens de la main tendue. On veut créer une forme d’intercommunalité, on court vers l’hexagone pour voir ce que l’on peut récupérer comme subventions, comme dotations d’élus.

Il n’y a pas de honte à regarder les travailleurs et les travailleuses tant intellectuels que manuels de l’hexagone créer  de la richesse sur leur territoire et d’aller le leur piquer. Il n’y a pas de honte à bâtir un budget avec une majorité de fonds provenant de la sueur des autres. Ils tentent de se faire passer pour de grands constructeurs sur la peine, la souffrance des autres comme le font les parasites.

Ils n’entendent pas le Président de la République dire que le statut quo n’est plus possible, il faut en finir avec l’assistanat. Il n’y a pas de honte pour eux à entendre cela. Ils ne se rendent pas compte que ce qui se disait tout bas jusqu’alors, est dit officiellement aujourd'hui.

L’article 74 est celui de la responsabilité et de la liberté. Tout étant relatif par ailleurs. Levez-vous et ne rampez plus. Hâtez-vous de le saisir pour créer à votre tour de la richesse, pour montrer votre dignité et prouver que vous êtes capables de prendre des risques car, « qui ne risque rien n’a rien » et qui a peur des risques meurt dans l’ignorance. Dépêchez-vous de démontrer que vous n’avez pas choisi l’assistanat, on vous l’a imposé. Faîtes savoir que vous êtes heureux de franchir ce petit pas qui prouve que vous êtes des humains comme tout ceux qui sont sur le reste du globe terrestre avec vos forces et vos faiblesses sans que cela nuise à votre capacité d’entreprendre efficacement. Prouvez que vous êtes des humains complètement achevés.

Si vous doutez de vous, si vous doutez de nous parce que, qui se ressemble s’assemble, songez qu’avec la départementalisation centralisée, il n’y avait qu’un lycée en Guyane (Félix Eboué) et juste les ponts du Larivot et de Kourou pour les besoins du spatial. Avec les lois de décentralisation, alors que ce n’était pas une revendication locale, nous avons assumé les compétences qui l’accompagnaient. Nous avons réalisé des lycées, des collèges, des routes (Matourienne, Entrée Sud etc.), des ponts (Mahury, Mana, Sinnamary), des ouvrages complexes, médiathèques etc. Aujourd’hui, nous devons passer à une autre étape, celle du développement économique et social. Or, les compétences nouvelles qu’il nous faut ne peuvent être transférées que dans l’article 74 à savoir, la compétence foncière, la compétence agricole et forestière, la compétence touristique, urbaniste, minière, environnementale pour l’essentielle. Ce sont ces compétences qui nous font défaut dans l’article 73 et qui nous maintiennent dans le sous développement.

Enfin, lorsqu’on choisi un système, ce n’est pas uniquement pour l’immédiateté. C’est parce qu’on croît en nous et que l’on croît surtout en l’avenir et donc par implication on croît et on fait confiance à la jeunesse du pays car, la jeunesse d’aujourd’hui est les adultes de demain. Cessez donc, pour alibi, d'adjoindre au système, les élus en place. LEVEZ-VOUS ET NE RAMPEZ PLUS.

P.S: Pour être objectif je dois préciser que j'ai oublié de mentionner le Lycée de Kourou avant la décentralisation (modification du 20/11/2009)
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19 octobre 2009 1 19 /10 /octobre /2009 09:54
Chers blogueurs,

Je souhaite vous faire partager ma profonde conviction en ce moment où le Président de la République Française a fixé le référendum sur l'avenir de la Guyane au 17 janvier 2010. Ainsi, je vous invite à prendre connaissance de mon discours soit sur mon blog de médiapart, soit soit sur le site de notre parti.
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13 octobre 2009 2 13 /10 /octobre /2009 19:01
L'avenir de la Guyane va connaître une nouvelle trajectoire. En effet, le Président de la République qui avait déjà fait savoir, lors de son passage aux Antilles, que le statut quo n'était plus possible, vient de fixer au 17 janvier 2010 le référendum relatif à l'article 74 de la Constitution. En cas de réponse négative, il a fixé au 24 janvier le référendum sur la question de l'Assemblée unique dans le cadre de l'article 73. En tout état de cause, les guyanais auront à se prononcer sur leur avenir.

Les conservateurs sont dans la situation du verre à moitié vide et à moitié plein car, le principe de l'assimilation avec l'article 73 risque de se maintenir même à travers l'Assemblée unique, à moins qu'ils invitent les électeurs à refuser l'une et l'autre des propositions et du même coup à désavouer le Président de la République. Ceux qui ont déjà été récompensés par l'Etat et ceux qui l'espèrent l'être, qui de surcroît, ne se sont jamais souciés des conditions d'existence de la population vont se battre farouchement.

Les progressistes espèrent un vrai changement mais savent ô combien l'éventail de la peur sera brandi pour anesthésier la volonté de chacun dans l'effort nécessaire à la transformation de la société guyanaise.

Il est important que l'avenir de la population ne soit pas oublié dans cette lutte qui s'annonce et que les média ne se transforment pas en courroie de transmission de l'une ou l'autre partie mais, en support d'informations.

Il est encore plus important que chacun s'interroge sur son destin, sur ce qui relève de la dignité ou de la bassesse, sur ce qui relève de la réussite ou de l'échec, sur ce qui relève de la richesse ou de la pauvreté. Il est un moment dans la vie où c'est individuellement que l'on réfléchit sur son avenir qui apparaît comme son destin. C'est à ce moment qu'il est opportun de s'associer avec ceux qui portent le même projet de société.

Nous nous interrogeons tous de savoir pourquoi et comment certaines personnes malgré leur insincérité, leur malhonnêteté, prospèrent-elles? Comment parviennent-elles à gouverner? Nous finissons par croire que c'est leur destin, elles finissent également par nous le faire croire. Par implication, nous admettons même implicitement que notre destin est la subordination, la soumission, la culture de l'échec. De tout temps, ce système a existé chez les humains. Le plus bel exemple est celui de la monarchie absolue jusqu'au jour où les sujets ont décidé de changer le cours de leur destin. Que s'est-il passé? Rien d'autre que la manifestation de la volonté qui a conduit cette génération d'hommes et de femmes à modifier la trajectoire de leur destin.

Par suite, il nous faut admettre que la volonté précède le destin. Elle est le carburant qui va donner naissance à l'action. En ce qui me concerne, il n'y a rien d'écrit à l'avance quant à notre destin et surtout pas l'échec, le malheur, l'humiliation par la soumission. Lorsque nous avons à satisfaire des besoins, il vaut mieux apprendre à le faire soi-même que de l'accepter des autres. Ainsi, nous sommes sûrs de ne pas être comme les poules qu'on nourrit, comme les chiens, les chevaux tous ces animaux domestiqués qu'on assiste. Nous pouvons donc comprendre que c'est lorsque l'on subit que l'on met entre les mains des autres notre destin.

Penser individuellement son destin c'est tracer sa trajectoire, mesurer ses moyens, fixer ses objectifs et s'associer à d'autres pour modifier le chemin que nous imposent certaines décisions collectives, certaines orientations gouvernementales.

Lorsque ceux qui dirigent les gens intelligents, les gens capables, les personnes correctes, courageuses, cultivent la manipulation, l'insincérité, c'est que quelque part, ceux qui les ont mis là étaient ignorants, irresponsables, naïfs, complices, incapables.
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27 septembre 2009 7 27 /09 /septembre /2009 16:56
Je suis une parcelle de la planète Terre. Située entre le Brésil et le Suriname, j'ai été identifiée par un nom au féminin et je m'appelle donc Guyane. D'origine amérindienne mon nom signifie " la terre qu'on n'ose nommer" autrement dit, la terre sans nom, "la terre sacrée". Je dois ce patronyme à ceux qui avaient déjà compris que j'étais dans mon essence un paradis, un Eden terrestre. Tout en moi est en excès. Je regorge d'eau avec la mer, les fleuves, les ruisseaux. Je suis à la fois forêt primaire et secondaire, savanes et marécages. Mes ressources naturelles maritimes et terrestres suscitent toutes les convoitises. Ma situation géographique au niveau de l'équateur génère l'envie.

On dit que je suis une terre hostile. Comprenez qu'avec de tels atouts, je dois me préserver. Ceux qui restent sont ceux qui sont les plus résistants et ceux qui sont les moins violents avec moi. Vous êtes tous venus d'ailleurs, qu'il y ait des millénaires, des siècles, des années, des jours. Vous avez tous votre histoire douloureuse. Je vous ai offert mon hospitalité, je vous ai nourri de tout ce que je possède. Vous avez survécu, vécu grâce à la nourriture que je porte dans mes entrailles.

Je vous porte. j'accepte d'être votre matrice. Je suis votre mère à tous. Vous êtes par implication mes enfants. Par logique mathématique, vous êtes tous frères et soeurs. Je fonde donc la société où par essence, il n'y a ni père, ni mère. Il n'y a pas de cousins, de cousines, de tantes, d'oncles etc. C'est exceptionnel.

Vous le savez tous et vous m'aimez pour ce que vous êtes devenus, vous m'aimez pour ce que vous m'avez pris, vous m'aimez pour ce qui brille en moi. Votre amour est égoïste. Aujourd'hui, faîtes donc une halte et aimez-moi pour moi aussi. Aimez-moi pour le respect que je mérite. Aimez-moi pour ce que je voudrais que vous soyez, une société de partage, une société de sérénité, une société de paix. Cessez de m'éventrer bêtement. Arrêtez de me déboiser atrocement. Stoppez votre violence absurde. Interrompez vos calomnies, vos médisances, vos mensonges et vos hypocrisies. Finissez donc avec la jalousie, avec la subordination ainsi qu'avec la niaiserie. Aimez-moi pour moi, je suis une parcelle de la planète Terre, je suis fière et j'aimerais que ceux qui se réclament de mes entrailles soient courageux, intelligents, travailleurs, altruistes enfin qu'ils soient pleins de vertus et qu'ils aient le moins de vices possibles.

Aimez-moi pour moi aussi, pour que le souffle de ma colère ne fasse pas de moi un désert où vous regretterez l'abondance de la richesse psychologique et matérielle que je vous procurais.
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7 septembre 2009 1 07 /09 /septembre /2009 22:22
Le Congrès de Guyane s’est réuni le mercredi 2 courant pour donner quitus au projet de société Guyane dans le cadre de l’article 74 de la Constitution française. La force essentielle du Congrès devait résider dans un fort désir de territoire et dans la conquête de la liberté d’entreprendre grâce aux transferts de compétences indispensables au développement , à l’épanouissement de la population et à une meilleure rationalité et efficacité des outils institutionnels. L'exercice a été pénible.

Nombre d'élus qui participaient à ce Congrès étaient quasiment plus préoccupés par leur avenir personnel que par celui de la société. Leur irritabilité était perceptible à leur moindre geste, leur souci, grâce à la présence des média, était de trouver les excitants qui pourraient faire basculer les téléspectateurs et les auditeurs de leur côté.

Ainsi, contrairement à ce qu’ont voulu faire croire certains d'entre eux, non dans un souci d’éveiller la conscience collective mais, d’avantage dans une optique de politique politicienne en vue des prochaines élections régionales, le préambule du projet de société tel qu’il a été rédigé ne pouvait susciter une telle violence au point de générer le doute sur l’intégralité du document.

Toutefois, force est de reconnaître que la Présidence du Congrès ne s’est pas montrée à son avantage tant sur le plan de la transparence que sur celui de la rigueur. Il est important de ne pas confondre permissivité et démocratie. A vouloir être en permanence, devant les média, dans une posture de compromis, on finit par se compromettre et plus grave, on jette le discrédit sur le travail de quelques dizaines de personnes honnêtes et compétentes. Si nous nous battons contre l’aliénation du système, ce n’est pas pour sombrer sous une autre forme d’aliénation qui s’exprimerait par le diktat d’un parti, d’une personne ou d’une poignée d’élus.

D’abord, passer de l’article 73 à l’article 74, ce n’est pas l’indépendance. Il s’agit d’une posture statutaire légale inscrite dans la Constitution française. Ce n’est pas une dévolution politique. Il s’agit uniquement d’une autonomie de gestion. Le préambule avait pour but de tenter de motiver l’ensemble de la population à partir d'un compromis objectif. Si les travaux qui ont précédé la rédaction du préambule s’étaient fait dans la sincérité et l'honnêteté, on  aurait pu suspendre la logique identitaire car, elle n’était pas indispensable dans ce cadre là et faire un préambule qui ait trait uniquement à l’autonomie de gestion.

Par ailleurs, la commission ad doc du Congrès avait demandé à tous les partis politiques sans exception de se réunir pour rédiger le préambule. Des salles de travail ont été mises à leur disposition. Aucun parti de droite et du Centre n’a participé à ces travaux. Cinq partis dits de gauche (PPG, AGEG, PSG, MDES, WALWARI) ont participé aux débats. Les quatre premiers ont remis une contribution écrite dont celle du PPG qui se trouve sur son site www.partiprogressisteguyanais.net en date du 24/08/2009. Il aurait fallu, pour la transparence, le rappeler avec conviction lors du Congrès. Cette démarche aurait permis à la population d’appréhender certaines méthodes utilisées jusqu’alors qui ont certainement favorisé le dégoût des citoyens pour la politique.

Ainsi, vont les humains….

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