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  • : Le blog de Jean-Marie Taubira
  • : Je suis Président du CRAPAG (Cercle de Réflexion et d'Action pour l'Avenir de la Guyane), Depuis le 10/12/2008, je suis le Secrétaire Général du Parti Progressiste Guyanais (PPG). Mon ambition est l'élévation de la conscience collective
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5 juillet 2009 7 05 /07 /juillet /2009 15:34

La trajectoire de Yves JEGO en qualité de ministre de l'Outremer est très instructive pour l'humanité. C'est un schéma qui dépasse le cadre des relations de la France gouvernementale avec l'Outremer. On y puise des leçons sur l'être humain qui sont d'une densité exceptionnelle.

Lorsqu'il y a eu l'extermination des millions d'indiens (Amérindiens) dans les Amériques, on a compris après coup que l'homme tuait l'homme. Ah !!! siècle des lumières alias de siècle de conscience quand tu nous tiens... Lorsqu'il y a eu  l'esclavage avec l'agrément des missionnaires religieux qui défiait leurs propres préceptes, on a compris après coup que l'homme tuait l'homme. Ah !!! Bol d'oxygène humaniste lorsque tu arrives il est souvent très tard...

 

Alors, Yves JEGO risquait-il de devenir la conscience du gouvernement sur ce sempiternel constat à retardement. Il semble qu'il soit arrivé trop tôt, l'heure de l'Outremer n'a encore pas sonné. Par voie de conséquence, il n'aura pas d'auréole comme a pu l'avoir Victor Schoelcher...

Il y a forcément des leçons à tirer de cet événement. Voilà un ministre, lors de sa prise de fonction, de par ses premières déclarations, avait des clichés plein la tête à l'instar de nombre de français de l'hexagone qui ignorent la réalité existentielle des Antilles Guyane. Ces stéréotypes du style l'Outremer coûte cher à la "Métropole"; l'heure antillaise, l'heure guyanaise; leur vertu c'est la paresse; la plage et les cocotiers etc.

Avec de tels clichés, gérer l'Outremer tout en sachant qu'il s'agit d'entités distinctes paraissait à priori comme une banalité. Puis, adviennent ces conflits qui ont mûri le ministre, qui lui ont permis sur place de prendre conscience de la réalité et de sortir des stéréotypes habituels. Comme tout humain épris d'un peu de justice, on peut comprendre qu'il ait eu un choc en découvrant la réalité et qu'il se soit exprimé en homme libre découvrant les vertus d'humaniste face à ces systèmes de sociétés bâties sur l'injustice économique et sociale. Les propos qu'il a tenus n'ont pas dépassé sa pensée (il aurait dit en gros, le Collectif n'a pas tort sur tout, l'économie est entre les mains d'un petit groupe de personne). Ils étaient à ce moment conformes à ce qu'il ressentait. Ceux-ci ont heurté la réflexion établie du Premier ministre qui de son état et de sa distance ne sent pas venir le vent de la révolte. Il y a plusieurs raisons à cela que Yves JEGO a certainement oubliées sous l'emprise de la réalité et de l'honnêteté.

Il y a des siècles d'histoire qui ont érigé des basiliques de mémoires qui sont à protéger contre vents et marées. Il y a des décennies de pratiques qui ont été sanctuarisées. Sous la colonisation, il y avait les comptoirs. Sous la départementalisation il y a l'économie de négoce. Durant les trente glorieuses, la droite au pouvoir a tissé ses réseaux, a donné forme à l'Etat surtout dans la perception de l'Outremer. Les rumeurs faisaient état du financement des campagnes électorales nationales avec une forte contribution de sociétés implantées dans l'Outremer. En Guyane, ces rumeurs concernaient des sociétés introduites entre autres dans le domaine halieutique particulièrement dans les années soixante.

A vouloir épouser l'esprit des lumières sans se rendre compte que les peuples en question ne sont pas tout à fait les mêmes malgré le fait qu'ils soient drapés de l'identité nationale, Yves JEGO a commis l'irréparable, en tout cas, selon les critères fondamentaux de tout gouvernement depuis la cinquième République. Il s'agit d'un écart de conduite et sans commettre ni médisance, ni calomnie, nous pouvons dire que la classe des négociants a eu sa peau.

Il reste que la vraie liberté pour les peuples d'Outremer passe par une élévation de la conscience collective. Ceci n'est pas une sinécure lorsque l'on sait qu'à côté de ce que l'on vient de constater avec un ministre, il y a parmi les "élites" locales des opportunistes, des carriéristes, des arrivistes qui sont prêts à aider le système.

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24 mai 2009 7 24 /05 /mai /2009 04:51

Souvent parmi les élus les plus influents de la Guyane, le développement est appréhendé sous un angle imposé de manière explicite ou implicite. De manière explicite, il s'agit surtout du cas des partis godillots sur place par rapport au parti qui détient le pouvoir dans l'hexagone. De manière implicite, c'est le cas souvent d'élus sans étiquette ou de certains élus pour convenance pseudo intellectuelle qui adoptent la lecture faite et proposée par le gouvernement sans aucun esprit critique.

Cette situation a pour inconvénient de faire croire à la population qu'on s'interroge sur le devenir de la société guyanaise pendant un certain temps. L'unique résultat obtenu se matérialise par une multitude de rapports (Merle, Lise et Tamaya etc.) et des incantations concurrentielles qui permettent à leurs auteurs d'avoir une existence éphémère et de briller par l'absence de leurs solutions.  La situation empire, la seule croissance est celle de la paupérisation, de la souffrance sociale et économique, de la régression mentale, en fait, du délitement de la société.

 

Il m'apparaît que deux préalables doivent être posés si l'on veut honnêtement trouver des solutions durables au développement de la société guyanaise. Le premier est de considérer la Guyane comme une société à part entière. Le second consiste à remettre en cause le lien dit privilégié avec la France hexagonale.

Considérer la Guyane comme étant une société à part entière c'est admettre qu'elle dispose d'un territoire, qu'elle a une origine existentielle qui aurait pu se confondre avec une origine institutionnelle, qu'elle dispose de moyens, qu'elle a une structure interne, que sur ce territoire il y a un peuple, qu'elle a consciemment ou non une finalité. Le problème de son autorité institutionnelle est un fait d'histoire qui peut être levé.

Qu'on veuille l'admettre ou non, il y a une volonté conventionnelle qui a conduit les hommes et les femmes de ce territoire à s'organiser en société. Ils ont, de par leur environnement, développé une certaine philosophie de la vie et ont conçu une idée de leur bien-être. Il est légitime, toujours par rapport à cet environnement, qu'ils aspirent à un bonheur qui est autre que celui de l'hexagone.

En départementalisant le territoire, on met un terme à cette approche de société à part entière. Le territoire devient une partition du territoire hexagonal et il perd sa propre finalité, sa propre ambition. Ou, la finalité et l'ambition de l'hexagone se substituent à la sienne. Les perspectives du peuple qui devient une simple population sont de fait, les perspectives de l'hexagone. La problématique impossible à lever réside dans le fait que le territoire de la Guyane se trouve au nord de l'Amérique du Sud alors que le territoire de l'Hexagone se situe en Europe. Forcément, la Guyane ne bénéficie pas des interactions, des interférences des autres départements. La continuité du territoire est une illusion, la gouvernance nationale est un leurre, l'Etat, pour le territoire de la Guyane apparaît comme un vrai mirage.

Est-il moralement juste que l'on fasse d'une société une non société? C'est la question fondamentale que pose la départementalisation du territoire. Il s'ensuit par rapport à cette invention de l'esprit humain une aliénation de la nature humaine (par l'entremise des guyanais) qui est de nature oppressive et par voie de conséquence, l'exécutif d'Etat apparaît sur ce territoire comme un système autoritaire  quand bien même il ne s'agit pas d'une dictature.

Remettre en cause le lien dit privilégié avec la France Hexagonale c'est d'abord savoir qu'il s'agit d'une loi d'assimilation. La départementalisation est une loi d'assimilation. Considérant que la République Française est assise sur une constitution et qu'au sein de celle-ci il y a une trilogie essentielle à savoir "Liberté, égalité, fraternité", comment admettre la loi d'assimilation? autrement dit, comment accepter de substituer à sa propre personne une autre? Comment accepter de substituer à sa propre culture la culture d'un autre, comment accepter de substituer à son propre environnement, l'environnement d'un autre, comment accepter de substituer à sa propre tradition la tradition d'un autre, comment accepter de substituer à son propre cerveau, le cerveau d'un autre? Il y a donc forcément des dispositions, des lois, des décrets qui sont en contradiction avec l'avénement d'une quête à l'épanouissement. La loi d'assimilation est contraire à l'émancipation des êtres humains, elle est contraire à la liberté absolue de conscience. Par voie de conséquence, la départementalisation est inhumaine et tous les humanistes se doivent de la combattre. Un autre lien plus respectable doit être trouvé.

Une fois ces deux préalables levés, les problèmes de compétences deviennent plus simples et intellectuellement plus honnêtes. La République a tout à gagner, la Guyane se trouve de facto sur la voie de la responsabilité et de l'honneur.

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18 avril 2009 6 18 /04 /avril /2009 16:32
C'est une évidence que la départementalisation n'est pas arrivée à son terme. Mais en fait, quel est le terme de la départementalisation? Il apparaît à la conscience des hommes libres que par rapport à la loi de 1946 qui lui donne naissance, le terme est l'assimilation absolue de l'individu. Son authentique réalité est effacée au profit d'une autre réalité artificielle. Il n'est plus lui-même, il est un autre socialement, culturellement.

Le mot lui-même "Départementalisation" interpelle. D'abord, on comprend que sur le territoire hexagonal, il n'y a pas d'espace à départementaliser. Par voie de conséquence, il ne concerne pas l'hexagone. Alors, comment à partir d'une réalité particulière (hexagone) qui liée à une expérience spatio-temporelle propre, on arrive à tirer un concept général qui s'exprime par la départementalisation...

Tout individu doué de raison peut largement comprendre que ce concept lorsqu'il s'impose à un autre territoire ne peut pas venir de l'expérience mais bien de l'esprit. Du coup, le problème de la départementalisation est celui de sa réalité. Il en ressort donc qu'elle est vouée à l'échec.

L'expérience consciente sur notre territoire départementalisé permet de constater certaines aberrations dans des domaines très divers tels que la région monodépartementale, l'augmentation du prix de l'eau par l'accroissement de taxes alors que la nouvelle structure (Communauté des communes) a pour essence la mutualisation des coûts pour obtenir une baisse des prix.

Notre mode de pensée devient par essence artificiel. Comment penser un instant qu'une raison née d'une nourriture artificielle puisse engendrer des résultats positifs... La départementalisation sera arrivée à son terme lorsque l'individu départementalisé dira à haute et intelligible voix : "Je suis fier d'être assimilé, je n'ai aucune raison de m'interroger sur ma totalité, je suis le beau produit de la départementalisation, je suis le chef-d'oeuvre de l'auteur de ce concept". Ainsi, on devra admettre que l'échec en matière politique, économique, sociale et culturelle est celui de l'assimilé et par implication, celui de la départementalisation. Alors là et seulement là on pourra dire que la départementalisation est arrivée à son terme.

Entre-temps, ce serait une insulte de le dire pour ceux qui résistent, ceux qui veulent justement mettre un terme, par anticipation, au terme de la départementalisation et donc, mettre un terme à l'humiliation, à l'indignité, au chaos prévisible.

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17 avril 2009 5 17 /04 /avril /2009 01:15
On ne se souvient plus... on ne se souvient pas... La mémoire souvent nous fait défaut parce que, anesthésiée , sans que l'on ne se rende bien compte, par l'aliénation. Il y avait déjà une crise grave. C'était sous le gouvernement de gauche. Des états généraux avaient été organisés à la demande, dans un premier temps, des socio-professionnels puis, repris par la masse populaire sous l'égide de certains partis politiques. Le Gouvernement de la France ne voulait pas trop s'impliquer officiellement. Il y a eu pas mal de rencontres verbales qui donnaient le sentiment qu'on s'occupait des aspirations du peuple. Ces états généraux ont été chapeautés par quasiment tous les chefs de services de l'administration centrale sur place. Comme on le dit si bien à l'accoutumé c'est "la montagne qui a accouché d'une souris".

Quelques petites années se sont écoulées et c'est tout l'Outremer qui prend feu. La Guyane commence avec le prix record du carburant. Le pays est bloqué. Il a suffit de s'approprier les ronds-points et toute l'activité a été paralysée. Le peuple s'est mobilisé et, il a déplacé la montagne. En effet, le prix du carburant  a chuté de 50 centimes d'euros. La Guadeloupe décide de lancer son mot de grève générale. Les effets sont immédiats. Le peuple se mobilise et le mouvement d'une exemplaire solidarité va durer plus de quarante jours. Entre temps, la Martinique et la Réunion décident de se mobiliser. C'en est trop. Le Président de la République décident de lancer les Etats généraux de l'Outremer. Un préfet de la République est nommé Coordonnateur des Etats généraux. Il est de l'Outremer. C'est bien. Mais, c'est peut-être aussi une mode. Un autre préfet est nommé pour chaque pays dit département d'Outremer indépendamment du préfet en place. Il a la responsabilité du projet.

Ce projet est composé de huit ateliers mêlant les thèmes systémiques à des questions résiduelles et conjoncturelles. Le Préfet coordonnateur a voulu que les ateliers soient présidés par des locaux. C'est bien. Mais, ça peut ressembler aussi à une mode. on pourrait même penser que le genre humain n'a pas besoin de s'embarrasser de cette sorte de distinction. Il se pourrait bien que tous les Présidents d'atelier choisis soient de fervents partisans de la départementalisation, quid de ces Etats généraux... Le contraire pensez-vous pourrait être possible? quel serait donc l'intérêt des Etats généraux ? Cette fois-ci, les fonctionnaires de l'administration centrale ont été quasiment écartés. Qui en assument cette responsabilité?

Ce parti pris de la confusion des ateliers sont de nature à rendre illisible la planification et le dessein d'une société nouvelle plus juste et plus conviviale. Il génère, en outre,  plus d'opacité que de transparence. L'on peut regretter qu'il n'y ait pas un atelier pour faire l'évaluation de l'exécution du Contrat de Projets Etat-Région-Département 2007-2013 pour identifier les obstacles au développement. L'on peut également regretter qu'il n'y ait pas un atelier pour expertiser la contribution du CNES au développement économique et social dans le cadre du plan 2007-2013 ce qui éclairerait mieux ses éventuelles infortunes.

Ainsi, l'Outremer reste le jouet de la nation... les peuples avec.

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2 avril 2009 4 02 /04 /avril /2009 02:45
La répétition des crises générant des conflits collectifs graves a conduit pour la première fois le Chef de l'Etat à se prononcer de manière plus précise sur l'érection éventuelle des départements d'Outremer en une autre Collectivité Territoriale.

Cette posture pose le problème de la responsabilité politique et morale des élus envers la population. Ont-ils le courage de donner leur position officielle sur la question de la Guyane par rapport à l'article 73?

La Départementalisation, une loi d'assimilation de 1946.

Il importe tout d'abord de préciser que si la France n'avait pas de dépendance ou de territoire dans sa périphérie, il n'existerait pas d'article 73, 74.

La question qu'on est en droit de se poser est la suivante: Ces territoires sont-ils importants sur le plan géostratégique et géopolitique pour l'hexagone et le lien privilégié avec lui doit-il être forcément assimilationniste?

Cette loi impose une valeur morale qui n'est pas la leur à l'origine, aux peuples qui choisissent, "subrepticement imposée" la départementalisation. Elle ordonne une référence culturelle qui ne relève pas de leur tradition, de leur histoire. Elle exige une réalité sociale qui n'est que dans leur imaginaire faute de relations identiques. Il devient presqu'impropre de parler d'anthropologie culturelle de la société guyanaise tant sa structure institutionnelle est virtuelle dans sa réalité.

Maintenant  que l'idée d'égalité entre les hommes est quasiment répandue dans le monde entier, ne pourrait-on pas légitimement se demander si se battre aujourd'hui pour la départementalisation ne constitue pas une régression mentale...

Parler de la trilogie "liberté égalité fraternité" est une chose, accepter l'autonomie psychique comme principe qui remet en cause les valeurs morales, sociales et culturelles imposées est autre chose.

Le principe du droit commun de la départementalisation avec en son sein un super Préfet est interrogatif. Par ailleurs, il génère certainement des individus fragiles par l'avènement d'une personnalité ambivalente à savoir ce que je suis réellement et ce qu'on m'a fait devenir. Qu'a t-on fait de moi? L'assimilation n'est-elle pas schizophrénique? bien sûr, il y a un peu d'exagération voire de provocation... mais...

Les échecs politiques, économiques et sociaux ne seraient-ils pas en partie la conséquence de cette lutte permanente interne de la morale du devoir qui est partagée entre ce que ma conscience me dit de faire et ce que la loi d'assimilation m'autorise à faire.

Quel est l'élu malin qui pourrait par une réflexion jupitérienne venir nous dire que cette approche est dépassée. Précisons lui que le rôle d'un élu est d'indiquer à la population le sens de l'action à poursuivre et de préparer les esprits à la vraie liberté. Donc, il doit donner les motifs de ses actes et accepter d'être jugé par la population. C'est cela le sens de la responsabilité politique et morale.

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24 mars 2009 2 24 /03 /mars /2009 18:12
Je vous ai fait part de mes observations, lors du compte-rendu du Conseil Municipal du 16 mars 2009, sur le compte administratif de la ville de Cayenne pour lequel je n'ai pas donné de quitus.

Cette fois-ci, il m'importe de vous informer du non respect de la procédure par la majorité du Conseil Municipal. Jugez-en vous même.

Le Compte de Gestion tenu par le comptable du Trésor.

Le conseil municipal ne s'est pas prononcé sur le compte de gestion or, l'état de droit précise que le compte de gestion doit être soumis à l'assemblée avant le compte administratif (Art. 1612-12 du CGCT). Si le compte de gestion n'a pas été présenté au conseil municipal, cela signifie qu'il n'y a pas eu de débat sur ce dernier. Il y a contradiction avec l'article (L2121-31 du CGCT). Évidemment, il y a vice de procédure. Peut - on penser que le Maire avec ses conseils juridiques et ses adjoints avocats de profession n'ont pas observé cette anomalie malgré mon intervention?

Le Compte Administratif 2008

De fait, la sincérité du compte administratif 2008 est posée et par voie de conséquence sa légalité. Il va de soi que la sincérité d'une écriture en recette ou en dépense conditionne le résultat de l'exercice. En toute logique juridique, le compte administratif n'aurait pas dû faire l'objet d'un vote.

Il ne fait pas l'ombre d'un doute que cette séance du conseil municipal aurait dû entraîner une annulation pour vice de procédure du vote du compte administratif et par implication celui du budget. En tout état de cause, je suis le seul à manifester ma désapprobation face à cette irrégularité. Mon vote négatif est tout à fait justifié.

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23 mars 2009 1 23 /03 /mars /2009 19:01

Assez de bla-bla. L'évolution instituionnelle est une affaire grave. Aussi grave que l'intérêt que l'on porte à l'existence humaine. La conscience identitaire est essentielle pour bien comprendre l'intérêt d'une conscience nationale et, seule l'histoire honnête, bien appréhendée peut nous aider à nous en sortir.

La loi du 19 mars 1946 qui consacre la départementalisation de la Guyane est une loi d'assimilation. Sous l'empire de cette loi les préfets ont remplacé les gouverneurs. Il leur est attribué un pouvoir spécial par rapport aux préfets de l'hexagone. Ainsi, en toute objectivité, dès l'origine, la départementalisation est un projet colonial. En effet, selon Hachette, l'assimilation est de devenir semblable sur le plan social et culturel. Or, la société guyanaise est complétement différente sur ces deux plans par rapport à l'hexagone. Par ailleurs, il faut chercher à comprendre quel fait important à généré cette idée de départementalisation.

L'événement essentiel durant cette période qui va probablement faire souffler un vent de départementalisation sur les quatre vieilles colonies que sont la Guyane, la Martinique, la Guadeloupe et la Réunion est sans conteste la fin de la seconde guerre mondiale et le partage du monde en deux blocs plus connu sous l'appelation d'accords de Yalta. Cette nouvelle dénomination est l'oeuvre du même pouvoir dominateur des colonies.

Avec la départementalisation, toutes les lois qui s'appliquent dans l'hexagone le sont obligatoirement dans les quatre DOM. C'est l'identité législative, article 73 de la constitution qui a été modifié par le congrès parlementaire tenu à Versailles le 28 mars 2003.

On comprend mieux que le problème posé concerne la départementalisation en tant qu'organisation institutionnelle qu'il ne faut pas confondre avec la gestion des outils de cette organisation.

Si nous refusons d'être des assimilés, il nous appartient de démontrer, notre sens des responsabilités, l'affirmation de notre honnêteté intellectuelle, notre capacité à analyser, à comprendre, à transmettre, ainsi que notre capacité à construire, à générer une société plus solidaire, plus conviviale.

Pour ce faire, il est indispensable que tous les élus se prononcent sur la question simple : " êtes vous pour ou contre l'article 73". Ceci mettra un terme aux élus camouflés. Il faut en finir avec le bla-bla, les entourloupes, les manipulations et les mystifications. Le peuple doit être respecté. Par implication, les élus municipaux ainsi que les parlementaires doivent faire savoir, officiellement à la population leur position afin qu'ils soient catégorisés clairement. Puis, enfin peut commencer le vrai débat sur l'organisation institutionnelle de la Guyane.

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20 mars 2009 5 20 /03 /mars /2009 01:01

Le conseil municipal prévu à 18 heures 30' dans la salle de délibération de la ville de Cayenne était consacré en partie au vote du compte administratif 2008 et au vote du budget primitif unique de 2009. Je fais, volontairement, abstraction des autres sujets compte tenu de l'importance de ces deux opérations et de leur densité.

Le Compte Administratif 2008

Tout d'abord, je dois vous informer que le compte administratif (C.A.) tenu par la collectivité municipale doit être accompagné du compte de gestion tenu par le comptable du Trésor. Aucun conseiller municipal n'avait ce document. Dans la rédaction du compte administratif il est stipulé que celui-ci est en concordance avec le compte de gestion. Malheureusement je ne suis pas en mesure d'en apporter la preuve.

J'ai donc écouté attentivement l'exposé de l'adjoint au maire délégué aux finances ainsi que son conseil financier, prestataire extérieur.

Je dois préciser que ma préoccupation en ma qualité de conseiller municipal et, par respect pour les électeurs qui ont porté leur suffrage sur mon nom, est le devenir de la ville de Cayenne en terme d'investissement, de dette et de financement.

Sur les grandes lignes du compte administratif, deux opérations ont particulièrement attiré mon attention. Il s'agit :

* D'une opération d'ordre intitulée "Transfert entre section" pour un montant de 19 931 451,27€ en fonctionnement
* D'une opération intitulée " Excédents de fonctionnement capitalisés" pour un montant de 12 246 176,22 € en investissement.

Je dois porter à votre connaissance qu'une opération d'ordre ne génère pas de flux financier.

Après l'exposé des personnes ci-dessus indiquées, je pose donc la question de savoir : Comment a été conçue l'opération d'ordre d'un montant de 19 931 451,27 € ?

Le prestataire me répond qu'il s'agit d'une écriture comptable qui leur a été recommandé par le représentant de l'Etat. En terme de transparence, aucun conseiller municipal, à ma connaissance, n'avait par-devers lui un support accréditant cette recommandation. Il me précise également que cette opération est liée à l'emprunt de restructuration sollicité à hauteur de 25 000 000 €. Sur le C.A. cet emprunt est validé à hauteur de 23 824 000 €.

En ce qui me concerne, quand bien même le financement des charges d'exploitation par emprunt n'est pas orthodoxe, la logique de l'écriture est plausible. Par contre, le montant imputé est contestable parce qu'il n'est pas cohérent et ne correspond pas à la réalité.

Ce qu'il faut savoir pour bien appréhender la logique de mon raisonnement et comprendre la préoccupation de la majorité municipale est le suivant. La Mairie selon le compte administratif a mandaté en couverture de la dette antérieure un montant de 10 381 497, 33 €. La mobilisation de l'emprunt destiné au financement des pertes d'exploitation antérieures, toujours selon le compte administratif, s'est faite à hauteur de 12 091 090 €. Je pars du principe qu'on émet un titre sur un tiers  (État, Région, Département etc). Dans le cas d'espèces, la Mairie aurait émis un titre sur la banque qui a permis l'emprunt. Par voie de conséquence, l'écriture d'ordre aurait dû être du même montant que la partie de l'emprunt qui a été mobilisée.

A partir de ces éléments je dis au Conseil Municipal que l'écriture n'est pas justifiée et elle n'est pas cohérente. De deux choses l'une, soit il retient comme valeur, le montant des mandats émis c'est à dire 10 381 497,33 €, soit il retient le montant de la mobilisation effective de l'emprunt c'est à dire 12 091 090 €.  J'aurais opté pour celui-ci. Mais, rien ne justifie la somme de 19 931 451,27 €.

Les deux personnes qui avaient en charge l'exposé ont marqué un temps d'hésitation car, ce sont des spécialistes et j'en veux pour preuve une des réponses de l'un d'entre eux qui a parlé d'écriture scabreuse. A cet instant, intervient le Maire pour dire qu'il est "debout derrière cette écriture". Ma réplique a été de lui demander s'il avait observé que nous n'avions pas le compte de gestion. Il a répondu agacé qu'il était là par-devers lui. Je lui répondis que je ne l'avais pas parmi mes documents.

Un calme souffle sur le Conseil Municipal et le Maire à l'attention des conseillers réplique qu'il s'agit d'une lecture comptable de ma part. N'est ce pas étrange cette soudaine relativité...

Conséquences sur le Résultat

Par ce jeu d'écriture la majorité du Conseil Municipal présente un compte administratif en excédent de fonctionnement pour un montant de 6 882 773, 20 €. Il apparaît évident que dans la réalité, au 31 décembre 2008, l'exercice présente une perte de (19 931 451,27 € - 12 091 090 €) - 6 882 773,20 € = 957 588,07 €.


Conséquence de l'absence du compte de gestion

On ne peut pas vérifier la réelle concordance entre le compte de gestion et le compte administratif en ce qui concerne les recettes et les dépenses réelles. J'en veux pour preuve qu'une collectivité peut émettre des mandats alors que le comptable du Trésor ne soit pas en mesure de les liquider faute de trésorerie. Par ailleurs, rien ne prouve que le prêt a été liquidé et qu'il figure dans la comptabilité du comptable du Trésor au 31 décembre 2008.

De ce qui ressort du compte administratif 2008, la trésorerie est :
* Déficitaire en fonctionnement de :    -11 966 458,36€
* Excédentaire en Investissement de : 24 046 266,19€
Soit un excédent global de :                    12 079 807,73€

On devrait conclure que le compte de gestion tenu par le comptable du Trésor est excédentaire de 12 079 807,73€ alors que l'emprunt n'a pas été liquidé dans son intégralité. Si la situation est aussi florissante, pourquoi n'avoir pas remis aux conseillers municipaux le compte de gestion arrêté au 31/12/2008?

Ma deuxième question portait sur les "excédents de fonctionnement". Les orateurs délégués aux finances ainsi que le Maire n'ont pu me donner une réponse satisfaisante. De mémoire, l'exercice 2007 corrigé faisait apparaître un déficit de l'ordre de : (21 757 392,29€ - 2 667 872,42€) = 19 089 519,87€. J'ai du mal à justifier ces excédents de fonctionnement capitalisés. Par suite, si je déduis cette somme de l'excédent de trésorerie ci-dessus, j'arrive à un déficit à hauteur de (12 246 176,22€ - 12 079 807,73€)= 166 368,49€

D'autre part, force a été pour moi de constater la différence entre la perte de 19 089 519,87 € et l'écriture d'ordre qui est de 19 931 451,27 soit un surplus de 841 931,40 €. Il y a certainement eu une régularisation dont je n'ai pas connaissance.

En raison de cette opacité, je me suis exprimé négativement sur le compte administratif et dans la cohérence de ma réflexion je me suis abstenu sur le vote du budget du fait du report du C.A 2008. Je reste convaincu que le souci de la majorité municipale était de présenter un compte administratif excédentaire.

Bien sûr, je suis le seul Conseiller à l'avoir fait et je l'assume pleinement.

Mon attitude est liée au fait qu'une collectivité est bien gérée s'il y a un équilibre entre ses investissements, sa capacité d'autofinancement et sa dette. Dans cette situation, je ne peux pas exprimer si le niveau d'investissement est trop fort, si l'augmentation de la dette est trop forte et si on ne s'oriente pas vers une augmentation des impôts locaux  dans le court terme qui serait inadmissible.

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11 mars 2009 3 11 /03 /mars /2009 01:50
Nous étions conviés le mardi 3 février 2009 à 18 heures à l'Hôtel de ville pour débattre sur les orientations budgétaires 2009 dans le cadre du premier Conseil Municipal du 1er trimestre 2009. C'est une obligation pour les communes depuis la loi du 6 février 1992.

Il n'y a eu aucune intervention, pourtant, l'opposition ne s'est pas concertée. Par conséquent, il n'y a pas eu de débat. On aurait pu légitimement penser que les membres de la majorité auraient débattu entre eux, cela n'a pas été le cas. On pourrait presque penser à raison que c'est l'uniformité qui prédomine.

En ce qui me concerne, le document présenté ne laissait quasiment pas de place pour le débat. Il rappelait les engagements pris durant la campagne électorale du candidat devenu Maire. Par suite, ce document suscitait ,à mon humble avis, davantage une ouverture sur la polémique que sur un réel débat. J'en veux pour preuve le projet "Avenue d'Estrée" alors que la réalité financière n'est pas celle de la campagne. Il est de surcroît stipulé dans le document l'idée de contracter un nouvel emprunt à hauteur de 6 000 000 €.

Par ailleurs, on sait que le Maire et sa majorité votent le budget comme ils l'ont réalisé. Pourquoi débattre sur l'évolution de la situation financière de la collectivité municipale d'autant que le débat se concentre seulement sur les projets à venir sans s'occuper des réalisations passées, que les observations qui sont formulées par les conseillers municipaux ne sont pas pris en compte puisqu'il n'y a pas de vote. On voit bien qu'il s'agit d'une simple formalité administrative qui n'a aucun caractère décisionnel.

Je refuse donc de participer ou de cautionner  ce qui apparaît comme une illusion malgré son caractère légal.

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9 mars 2009 1 09 /03 /mars /2009 00:35
Sur les chaînes nationales on a présenté les propos de DOMOTA comme étant anti blanc. Un des journalistes a dit : " les Békés c'est à dire les blancs". De deux choses l'une, soit il y a une méconnaissance de la réalité historique des Antilles et cela peut ne pas surprendre puisque cela fait près de 4 siècles que la France y est présente et l'état économique, social et culturel des quatre "vieilles colonies" est ahurissant, soit il s'agit d'une campagne de démolition pour casser les guadeloupéens à l'instar de ce qui s'est fait pour Haïti pour avoir créé la première République noire, et donc la désinformation est de fait un outil au service de cette mission. Par ailleurs, laisser croire que les antillais confondent les Békés et les européens de France c'est faire une grave erreur et s'il y a procès, il serrait bien qu'il soit public et internationalisé pour que le monde entier puisse s'interroger sur le fonctionnement sociologique des Antilles Guyane. Tous les Antillais et Guyanais savent que tous les français de l'hexagone qui viennent aux Antilles Guyane ne partagent pas la philosophie exprimée par Monsieur Huygues-Despointes. Il y a parmi eux des progressistes, des humanistes de vrais républicains etc. Ne pas reconnaître que les propos de DOMOTA s'inscrivent dans une réalité historique de la Guadeloupe c'est contribuer à nourrir la haine, la révolte, l'humiliation. C'est également permettre la banalisation des propos tels que "travailler à l'antillaise" ou "l'heure guyanaise".

Ni les propos de Huygues-Despointes ni ceux de l'intervenante Bèkè, dont j'oublie le nom, dans le reportage télévisé, n'ont suscité des nouveaux intervenants médiatiques un tel désappointement. Pourtant, pour l'un il s'agit réellement de propos raciste puisqu'il fallait préserver la race dit-il. Pour l'autre, l'intervenante, il s'agissait d'un aveu puisqu'elle stipulait que le groupe auquel elle appartenait ne pouvait plus continuer à vivre de la sorte précisait-elle aujourd'hui. Par implication, il s'agit d'une reconnaissance de la réalité des propos de HD jusqu'à au moins hier. Pourtant, nous n'avons pas entendu à notre connaissance que la justice s'était saisi de ces dossiers. Bien au contraire, il y a eu tentative de censure voire une censure pour paraît-il ne pas mettre de l'huile sur le feu quant au documentaire réalisé par canal+.

Dans ce procès éventuel, il est à espérer qu'il y aura des avocats politiques de la trempe de Maître Vergès pour situer les propos de DOMOTA dans son contexte ainsi que l'imaginaire qui se rattache à la langue guadeloupéenne. Parallèlement, il est à espérer que les dossiers sur la formation des prix aux Antilles Guyane seront fins prêts car, lorsque l'on prononce le terme esclavagiste, on parle également d'un mode de production.

Il est évident que ce procès devra faire partie de l'Histoire de l'Humanité et qu'après, un vent humaniste soufflera tant sur les terres de Guadeloupe que sur celles des trois autres  "vieilles colonies"

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