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  • : Le blog de Jean-Marie Taubira
  • : Je suis Président du CRAPAG (Cercle de Réflexion et d'Action pour l'Avenir de la Guyane), Depuis le 10/12/2008, je suis le Secrétaire Général du Parti Progressiste Guyanais (PPG). Mon ambition est l'élévation de la conscience collective
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27 septembre 2009 7 27 /09 /septembre /2009 16:56
Je suis une parcelle de la planète Terre. Située entre le Brésil et le Suriname, j'ai été identifiée par un nom au féminin et je m'appelle donc Guyane. D'origine amérindienne mon nom signifie " la terre qu'on n'ose nommer" autrement dit, la terre sans nom, "la terre sacrée". Je dois ce patronyme à ceux qui avaient déjà compris que j'étais dans mon essence un paradis, un Eden terrestre. Tout en moi est en excès. Je regorge d'eau avec la mer, les fleuves, les ruisseaux. Je suis à la fois forêt primaire et secondaire, savanes et marécages. Mes ressources naturelles maritimes et terrestres suscitent toutes les convoitises. Ma situation géographique au niveau de l'équateur génère l'envie.

On dit que je suis une terre hostile. Comprenez qu'avec de tels atouts, je dois me préserver. Ceux qui restent sont ceux qui sont les plus résistants et ceux qui sont les moins violents avec moi. Vous êtes tous venus d'ailleurs, qu'il y ait des millénaires, des siècles, des années, des jours. Vous avez tous votre histoire douloureuse. Je vous ai offert mon hospitalité, je vous ai nourri de tout ce que je possède. Vous avez survécu, vécu grâce à la nourriture que je porte dans mes entrailles.

Je vous porte. j'accepte d'être votre matrice. Je suis votre mère à tous. Vous êtes par implication mes enfants. Par logique mathématique, vous êtes tous frères et soeurs. Je fonde donc la société où par essence, il n'y a ni père, ni mère. Il n'y a pas de cousins, de cousines, de tantes, d'oncles etc. C'est exceptionnel.

Vous le savez tous et vous m'aimez pour ce que vous êtes devenus, vous m'aimez pour ce que vous m'avez pris, vous m'aimez pour ce qui brille en moi. Votre amour est égoïste. Aujourd'hui, faîtes donc une halte et aimez-moi pour moi aussi. Aimez-moi pour le respect que je mérite. Aimez-moi pour ce que je voudrais que vous soyez, une société de partage, une société de sérénité, une société de paix. Cessez de m'éventrer bêtement. Arrêtez de me déboiser atrocement. Stoppez votre violence absurde. Interrompez vos calomnies, vos médisances, vos mensonges et vos hypocrisies. Finissez donc avec la jalousie, avec la subordination ainsi qu'avec la niaiserie. Aimez-moi pour moi, je suis une parcelle de la planète Terre, je suis fière et j'aimerais que ceux qui se réclament de mes entrailles soient courageux, intelligents, travailleurs, altruistes enfin qu'ils soient pleins de vertus et qu'ils aient le moins de vices possibles.

Aimez-moi pour moi aussi, pour que le souffle de ma colère ne fasse pas de moi un désert où vous regretterez l'abondance de la richesse psychologique et matérielle que je vous procurais.
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7 septembre 2009 1 07 /09 /septembre /2009 22:22
Le Congrès de Guyane s’est réuni le mercredi 2 courant pour donner quitus au projet de société Guyane dans le cadre de l’article 74 de la Constitution française. La force essentielle du Congrès devait résider dans un fort désir de territoire et dans la conquête de la liberté d’entreprendre grâce aux transferts de compétences indispensables au développement , à l’épanouissement de la population et à une meilleure rationalité et efficacité des outils institutionnels. L'exercice a été pénible.

Nombre d'élus qui participaient à ce Congrès étaient quasiment plus préoccupés par leur avenir personnel que par celui de la société. Leur irritabilité était perceptible à leur moindre geste, leur souci, grâce à la présence des média, était de trouver les excitants qui pourraient faire basculer les téléspectateurs et les auditeurs de leur côté.

Ainsi, contrairement à ce qu’ont voulu faire croire certains d'entre eux, non dans un souci d’éveiller la conscience collective mais, d’avantage dans une optique de politique politicienne en vue des prochaines élections régionales, le préambule du projet de société tel qu’il a été rédigé ne pouvait susciter une telle violence au point de générer le doute sur l’intégralité du document.

Toutefois, force est de reconnaître que la Présidence du Congrès ne s’est pas montrée à son avantage tant sur le plan de la transparence que sur celui de la rigueur. Il est important de ne pas confondre permissivité et démocratie. A vouloir être en permanence, devant les média, dans une posture de compromis, on finit par se compromettre et plus grave, on jette le discrédit sur le travail de quelques dizaines de personnes honnêtes et compétentes. Si nous nous battons contre l’aliénation du système, ce n’est pas pour sombrer sous une autre forme d’aliénation qui s’exprimerait par le diktat d’un parti, d’une personne ou d’une poignée d’élus.

D’abord, passer de l’article 73 à l’article 74, ce n’est pas l’indépendance. Il s’agit d’une posture statutaire légale inscrite dans la Constitution française. Ce n’est pas une dévolution politique. Il s’agit uniquement d’une autonomie de gestion. Le préambule avait pour but de tenter de motiver l’ensemble de la population à partir d'un compromis objectif. Si les travaux qui ont précédé la rédaction du préambule s’étaient fait dans la sincérité et l'honnêteté, on  aurait pu suspendre la logique identitaire car, elle n’était pas indispensable dans ce cadre là et faire un préambule qui ait trait uniquement à l’autonomie de gestion.

Par ailleurs, la commission ad doc du Congrès avait demandé à tous les partis politiques sans exception de se réunir pour rédiger le préambule. Des salles de travail ont été mises à leur disposition. Aucun parti de droite et du Centre n’a participé à ces travaux. Cinq partis dits de gauche (PPG, AGEG, PSG, MDES, WALWARI) ont participé aux débats. Les quatre premiers ont remis une contribution écrite dont celle du PPG qui se trouve sur son site www.partiprogressisteguyanais.net en date du 24/08/2009. Il aurait fallu, pour la transparence, le rappeler avec conviction lors du Congrès. Cette démarche aurait permis à la population d’appréhender certaines méthodes utilisées jusqu’alors qui ont certainement favorisé le dégoût des citoyens pour la politique.

Ainsi, vont les humains….

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13 août 2009 4 13 /08 /août /2009 04:19
Le rapport général des états généraux ne cesse d'alimenter mon imaginaire et confirme la perception que j'aie de la société qui m'a vu naître et que certains hommes ont profondément changée. Je ne le pense pas seulement mais, je le crois profondément, il y  a une inadéquation entre la réalité sociale de notre société et la représentation de l'Etat tel qu'on nous l'a enseigné et tel qu'il apparaît dans la réalité.

Lorsque j'observe l'Etat, je me rends compte qu'il fait de la Guyane un élément destiné à servir ses objectifs discrétionnaires (activité spatiale européenne, activité spatiale russe, Parc du sud, Pont de l'Oyapock etc.) sans prendre en considération les objectifs, les désirs, les aspirations de la population. Il y a donc une incompatibilité entre les objectifs de l'Etat et le développement dont rêve la population. L'Etat finit par nier le potentiel de la société guyanaise. A mon sens, l'Etat en Guyane n'est pas libéral, il n'est pas socialiste. Il apparaît comme bureaucratique et autocratique. Le caractère débridé de l'organisation sociétale entrevu dans le rapport général est la preuve de l'absence d'orientation, la preuve de l'absence d'un dessein collectif.

Chacun a le droit de penser ce qu'il veut en fonction de son degré de conscience. Humboldt écrivait entre 1780 et 1790 :"le développement de l'entendement, comme toute faculté de l'homme, est en général le fruit de sa propre activité, de sa propre ingéniosité; de sa manière propre d'utiliser les découvertes des autres".  Si je ne partage pas toute sa pensée politique qui a donné naissance au libéralisme classique qu'on connaît sans qu'il l'ait lui même perçu comme tel, dans la configuration dans laquelle se trouve la Guyane, je suis... mais... je suis profondément d'accord avec lui sur ce point. Je crois que le système départemental hors de l'hexagone est une torture de l'esprit. Je crois que c'est l'aliénation qui conduit certains hommes de lettres et de sciences issus de notre société à se prosterner devant ce système pour ramasser les quelques miettes que les puissants n'ont pas envie de s'attarder à récupérer.

L'organisation de la société a isolé les individus et elle a brisé les liens qui pouvaient créer la cohésion sociale. L'isolement ne pouvant induire le développement, la société guyanaise s'est délitée au point de ressembler à une non société. Il faut créer de nouveaux liens sociaux qui sous-tendent la confiance. Celle-ci ne sera possible que dans un cadre plus émancipateur que l'organisation institutionnelle actuelle.
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10 août 2009 1 10 /08 /août /2009 01:50
Le rapport général des états généraux pour la Guyane est disponible. Il y a bien évidemment plusieurs lectures possibles. Mais, la première réflexion qui vient à l'esprit puisque le Président de la République a voulu des états généraux de l'Outremer, est celle de savoir où en est celui de la Martinique, de la Guadeloupe et de la Réunion. S'agissant de l'avenir des peuples il paraît important de problématiser la sortie du rapport. Avons-nous été plus performants que les autres compatriotes des autres DROM? Qui a décidé que les contributions étaient suffisantes pour passer au rapport général?

Malgré tout, l'intérêt du document au-delà des axes bien entendu, est sa déclinaison en objectifs. Autrement dit, les choses qui sont à faire. Un petit bémol, dans ce document, on ne distingue pas le possible du souhaitable , de même, on n'appréhende pas le court terme, le moyen terme et le long terme.

Si on part du principe que ce n'est pas à la suite d'une satisfaction de la situation qu'on a envisagé une nouvelle perspective pour la Guyane mais, bien à la suite d'une succession de crises, on est en droit d'admettre que le mal est très profond et que les objectifs sont en fait un constat de défaillance. Par suite, contrairement à tout ce que l'on a souvent voulu nier, même honnêtement, le principe de l'assimilation par l'article 73 est fondamentalement à l'origine du non développement de la société guyanaise.

Cette affirmation sera certainement vérifiée lors du rapport général des autres DROM. Autrement, ce document apparaît comme un ensemble de propositions qui exprime une volonté de mieux vivre. Il me semble, dans l'état actuel des choses que le rapport devrait être d'avantage un support sous la forme de revendications avec un schéma précis allant d'un point connu à un autre point connu plutôt que d'être cette force de propositions. L'autre information que donne le rapport, dans cette logique revendicative est la frilosité des rapporteurs, sans que cela soit une insulte, à ne pas préciser l'urgente nécessité de la transformation institutionnelle.

Je note par ailleurs, que toute la publicité est faite autour du rapport général. Je crois qu'il est important de préciser qu'il y a des annexes de 161 pages qui permettent de déceler certaines intentions non dépourvues d'intérêts particuliers. Un exemple. Dans le rapport général il est stipulé dans la partie "Booster l'économie" en objectif 12, la proposition suivante : "2-Mise en route immédiate d'un grand projet minier...." Dans les annexes, on s'aperçoit qu'il est précisé le projet Harmonie qui si je ne m'abuse est celui de Cambior la multinationale. De surcroît la durée d'activité minière oscille entre 100 et 150 ans. Je trouve la méthode scandaleuse et cela n'implique que moi et je trouve cette proposition honteuse parce qu'elle ne s'inscrit dans aucune logique cohérente de développement mais bien dans une politique de pillage des ressources naturelles.

Je voudrais m'attarder un tant soit peu sur le problème du logement. Le rapport propose de créer deux villes nouvelles sur l'île de Cayenne c'est à dire Matoury, Rémire-Montjoly Cayenne pour absorber le déficit de 14000 logements. Dans un premier temps on pourrait s'interroger de savoir si notre société est condamnée à vivre que sur le littoral...! Dans un deuxième temps à quoi correspond cette logique de création de villes nouvelles pour absorber le déficit de logements. Y-a-t-il une logique féodale du territoire? Les seigneurs de ces municipalités(quel exploit) ont-il eu le privilège du souverain pour interdire la construction de logements sur leur pré-carré au point que l'on doive créer 2 villes nouvelles?

En tout état de cause, il est indispensable que tous ceux qui ont un intérêt profond pour la Guyane se donnent les moyens d'analyser tant le rapport général que les annexes. Le faire, c'est comprendre qu'entre l'alpha et l'oméga il y a la vie, l'existence et la politique...

(Vous pouvez vous rendre sur notre site : www.partiprogressisteguyanais.net)
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10 juillet 2009 5 10 /07 /juillet /2009 01:21
La visite du Président de la République du 25 et 26 juin en Martinique et en Guadeloupe n'a certainement pas laissé les guyanais indifférents quand bien même par dignité ils se taisent. Ils savent que la crise les frappe autant qu'aux Antilles. Ils savent qu'ils vivent autant d'injustices que le peuple martiniquais et le peuple guadeloupéen. Ils savent que leur économie est aussi sinistrée que celle des Antilles. Ils savent que leur cohésion sociale est beaucoup plus problématique que celle des Antilles.

Mais, ils savent, par dessus tout, que leur avenir ne tient qu'à un fil. Ils savent qu'ils auront à subir un destin qu'ils n'ont pas choisi. La construction du pont entre le Brésil (NPI) et la Guyane n'a fait l'objet d'aucune concertation avec le peuple. Poutant, la France parle de démocratie, elle pointe du doigt la Chine. Nul ne peut penser que ce pont est le produit d'une petite réflexion pour quelques trois cent milles habitants... Les guyanais savent, par dessus tout, que leur volonté de développer une économie locale forte est quasiment vouée à l'échec  car, il ne fait pas l'ombre d'un doute que l'économie brésilienne va écraser cet embryon de développement. Ils savent, pour les plus avertis, que ce pont est une stratégie pour l'activité spatiale russe et européenne en Guyane.

Les guyanais savent que leur territoire se trouve sur un continent et qu'il n'a pas le handicap d'une île. Ils savent stratégiquement et tactiquement que les enjeux ne sont pas les mêmes. Alors, ils comprennent pourquoi, ils sont tant humiliés par le pouvoir central et pourquoi, le Président de la République les a snobé et que le Premier Ministre s'est rendu à la Réunion, alors qu'il y a aussi les états généraux en Guyane.

On peut difficilement faire mieux. Les élections européennes viennent d'avoir lieu. La modernisation du scrutin voulait répondre à une représentativité moins légitime certes, mais plus objective pour tenir compte des Régions géographiques sur la base des océans (Atlantique, Pacifique, Indien). Quelques semaines après, la Guyane apparaît comme exclue de cette logique, elle n'est plus dans l'océan atlantique. Elle n'a pas de "dissidents" à décorer car, notre histoire n'est semble t-il pas mêlée à celle de la France. Il y a des blessures qui guérissent mal, il y a même celles qui ne guerissent jamais. Il y a eu "Indigène" et s'il ne reste plus rien eh bien... ce sera nous.

Sur la question de l'autonomie, le Président de la République s'est dit ouvert. En tout cas dit-il :"Je suis persuadé que le statut quo n'est pas possible". Puisque nous avons les mêmes revendications et que nous sommes les précurseurs dans ce domaine, le Président de la République nous a-t-il intégré dans sa logique? Comment pouvoir répondre puisqu'il nous a ignoré. Ce n'est pas une vue de l'esprit... La consultation populaire sur l'évolution institutionnelle s'est faîte aux Antilles et pas en Guyane.  Est-ce que cela signifierait que nous soyons considérés comme des individus non parfaits et non achevés...

Alors, les guyanais disent qu'ils sont conscients des enjeux, qu'ils comprennent que l'Europe doit exister et que Kourou ne peut devenir Hammaguir d'Algérie. Oui, avec la base spatiale l'Europe doit s'enrichir. Oui, avec l'activité spatiale l'Europe doit avoir la sérénité. Les guyanais disent oui, la base spatiale Russe doit s'enrichir, oui, elle doit nourrir ses membres, oui, elle doit avoir sa sérénité.

De grâce comprenez que les guyanais, avec tout le respect qu'ils ont pour les Tibétains, tout le respect qu'ils ont pour les Palestiniens, disent qu'ils n'envient pas leur sort, qu'ils ont le droit d'exister, oui, ils revendiquent leurs ressources naturelles, leur territoire pour leur développement, oui, ils ont besoin de sérénité, oui, ils veulent croire en l'avenir, oui, ils veulent être maître de leur destin.

Il s'agit, Messieurs, d'une revendication humaine, d'une revendication de dignité, ils sont comme vous Parfaits et achevés. Comme vous, ils rêvent de liberté....
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5 juillet 2009 7 05 /07 /juillet /2009 15:34

La trajectoire de Yves JEGO en qualité de ministre de l'Outremer est très instructive pour l'humanité. C'est un schéma qui dépasse le cadre des relations de la France gouvernementale avec l'Outremer. On y puise des leçons sur l'être humain qui sont d'une densité exceptionnelle.

Lorsqu'il y a eu l'extermination des millions d'indiens (Amérindiens) dans les Amériques, on a compris après coup que l'homme tuait l'homme. Ah !!! siècle des lumières alias de siècle de conscience quand tu nous tiens... Lorsqu'il y a eu  l'esclavage avec l'agrément des missionnaires religieux qui défiait leurs propres préceptes, on a compris après coup que l'homme tuait l'homme. Ah !!! Bol d'oxygène humaniste lorsque tu arrives il est souvent très tard...

 

Alors, Yves JEGO risquait-il de devenir la conscience du gouvernement sur ce sempiternel constat à retardement. Il semble qu'il soit arrivé trop tôt, l'heure de l'Outremer n'a encore pas sonné. Par voie de conséquence, il n'aura pas d'auréole comme a pu l'avoir Victor Schoelcher...

Il y a forcément des leçons à tirer de cet événement. Voilà un ministre, lors de sa prise de fonction, de par ses premières déclarations, avait des clichés plein la tête à l'instar de nombre de français de l'hexagone qui ignorent la réalité existentielle des Antilles Guyane. Ces stéréotypes du style l'Outremer coûte cher à la "Métropole"; l'heure antillaise, l'heure guyanaise; leur vertu c'est la paresse; la plage et les cocotiers etc.

Avec de tels clichés, gérer l'Outremer tout en sachant qu'il s'agit d'entités distinctes paraissait à priori comme une banalité. Puis, adviennent ces conflits qui ont mûri le ministre, qui lui ont permis sur place de prendre conscience de la réalité et de sortir des stéréotypes habituels. Comme tout humain épris d'un peu de justice, on peut comprendre qu'il ait eu un choc en découvrant la réalité et qu'il se soit exprimé en homme libre découvrant les vertus d'humaniste face à ces systèmes de sociétés bâties sur l'injustice économique et sociale. Les propos qu'il a tenus n'ont pas dépassé sa pensée (il aurait dit en gros, le Collectif n'a pas tort sur tout, l'économie est entre les mains d'un petit groupe de personne). Ils étaient à ce moment conformes à ce qu'il ressentait. Ceux-ci ont heurté la réflexion établie du Premier ministre qui de son état et de sa distance ne sent pas venir le vent de la révolte. Il y a plusieurs raisons à cela que Yves JEGO a certainement oubliées sous l'emprise de la réalité et de l'honnêteté.

Il y a des siècles d'histoire qui ont érigé des basiliques de mémoires qui sont à protéger contre vents et marées. Il y a des décennies de pratiques qui ont été sanctuarisées. Sous la colonisation, il y avait les comptoirs. Sous la départementalisation il y a l'économie de négoce. Durant les trente glorieuses, la droite au pouvoir a tissé ses réseaux, a donné forme à l'Etat surtout dans la perception de l'Outremer. Les rumeurs faisaient état du financement des campagnes électorales nationales avec une forte contribution de sociétés implantées dans l'Outremer. En Guyane, ces rumeurs concernaient des sociétés introduites entre autres dans le domaine halieutique particulièrement dans les années soixante.

A vouloir épouser l'esprit des lumières sans se rendre compte que les peuples en question ne sont pas tout à fait les mêmes malgré le fait qu'ils soient drapés de l'identité nationale, Yves JEGO a commis l'irréparable, en tout cas, selon les critères fondamentaux de tout gouvernement depuis la cinquième République. Il s'agit d'un écart de conduite et sans commettre ni médisance, ni calomnie, nous pouvons dire que la classe des négociants a eu sa peau.

Il reste que la vraie liberté pour les peuples d'Outremer passe par une élévation de la conscience collective. Ceci n'est pas une sinécure lorsque l'on sait qu'à côté de ce que l'on vient de constater avec un ministre, il y a parmi les "élites" locales des opportunistes, des carriéristes, des arrivistes qui sont prêts à aider le système.

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24 mai 2009 7 24 /05 /mai /2009 04:51

Souvent parmi les élus les plus influents de la Guyane, le développement est appréhendé sous un angle imposé de manière explicite ou implicite. De manière explicite, il s'agit surtout du cas des partis godillots sur place par rapport au parti qui détient le pouvoir dans l'hexagone. De manière implicite, c'est le cas souvent d'élus sans étiquette ou de certains élus pour convenance pseudo intellectuelle qui adoptent la lecture faite et proposée par le gouvernement sans aucun esprit critique.

Cette situation a pour inconvénient de faire croire à la population qu'on s'interroge sur le devenir de la société guyanaise pendant un certain temps. L'unique résultat obtenu se matérialise par une multitude de rapports (Merle, Lise et Tamaya etc.) et des incantations concurrentielles qui permettent à leurs auteurs d'avoir une existence éphémère et de briller par l'absence de leurs solutions.  La situation empire, la seule croissance est celle de la paupérisation, de la souffrance sociale et économique, de la régression mentale, en fait, du délitement de la société.

 

Il m'apparaît que deux préalables doivent être posés si l'on veut honnêtement trouver des solutions durables au développement de la société guyanaise. Le premier est de considérer la Guyane comme une société à part entière. Le second consiste à remettre en cause le lien dit privilégié avec la France hexagonale.

Considérer la Guyane comme étant une société à part entière c'est admettre qu'elle dispose d'un territoire, qu'elle a une origine existentielle qui aurait pu se confondre avec une origine institutionnelle, qu'elle dispose de moyens, qu'elle a une structure interne, que sur ce territoire il y a un peuple, qu'elle a consciemment ou non une finalité. Le problème de son autorité institutionnelle est un fait d'histoire qui peut être levé.

Qu'on veuille l'admettre ou non, il y a une volonté conventionnelle qui a conduit les hommes et les femmes de ce territoire à s'organiser en société. Ils ont, de par leur environnement, développé une certaine philosophie de la vie et ont conçu une idée de leur bien-être. Il est légitime, toujours par rapport à cet environnement, qu'ils aspirent à un bonheur qui est autre que celui de l'hexagone.

En départementalisant le territoire, on met un terme à cette approche de société à part entière. Le territoire devient une partition du territoire hexagonal et il perd sa propre finalité, sa propre ambition. Ou, la finalité et l'ambition de l'hexagone se substituent à la sienne. Les perspectives du peuple qui devient une simple population sont de fait, les perspectives de l'hexagone. La problématique impossible à lever réside dans le fait que le territoire de la Guyane se trouve au nord de l'Amérique du Sud alors que le territoire de l'Hexagone se situe en Europe. Forcément, la Guyane ne bénéficie pas des interactions, des interférences des autres départements. La continuité du territoire est une illusion, la gouvernance nationale est un leurre, l'Etat, pour le territoire de la Guyane apparaît comme un vrai mirage.

Est-il moralement juste que l'on fasse d'une société une non société? C'est la question fondamentale que pose la départementalisation du territoire. Il s'ensuit par rapport à cette invention de l'esprit humain une aliénation de la nature humaine (par l'entremise des guyanais) qui est de nature oppressive et par voie de conséquence, l'exécutif d'Etat apparaît sur ce territoire comme un système autoritaire  quand bien même il ne s'agit pas d'une dictature.

Remettre en cause le lien dit privilégié avec la France Hexagonale c'est d'abord savoir qu'il s'agit d'une loi d'assimilation. La départementalisation est une loi d'assimilation. Considérant que la République Française est assise sur une constitution et qu'au sein de celle-ci il y a une trilogie essentielle à savoir "Liberté, égalité, fraternité", comment admettre la loi d'assimilation? autrement dit, comment accepter de substituer à sa propre personne une autre? Comment accepter de substituer à sa propre culture la culture d'un autre, comment accepter de substituer à son propre environnement, l'environnement d'un autre, comment accepter de substituer à sa propre tradition la tradition d'un autre, comment accepter de substituer à son propre cerveau, le cerveau d'un autre? Il y a donc forcément des dispositions, des lois, des décrets qui sont en contradiction avec l'avénement d'une quête à l'épanouissement. La loi d'assimilation est contraire à l'émancipation des êtres humains, elle est contraire à la liberté absolue de conscience. Par voie de conséquence, la départementalisation est inhumaine et tous les humanistes se doivent de la combattre. Un autre lien plus respectable doit être trouvé.

Une fois ces deux préalables levés, les problèmes de compétences deviennent plus simples et intellectuellement plus honnêtes. La République a tout à gagner, la Guyane se trouve de facto sur la voie de la responsabilité et de l'honneur.

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18 avril 2009 6 18 /04 /avril /2009 16:32
C'est une évidence que la départementalisation n'est pas arrivée à son terme. Mais en fait, quel est le terme de la départementalisation? Il apparaît à la conscience des hommes libres que par rapport à la loi de 1946 qui lui donne naissance, le terme est l'assimilation absolue de l'individu. Son authentique réalité est effacée au profit d'une autre réalité artificielle. Il n'est plus lui-même, il est un autre socialement, culturellement.

Le mot lui-même "Départementalisation" interpelle. D'abord, on comprend que sur le territoire hexagonal, il n'y a pas d'espace à départementaliser. Par voie de conséquence, il ne concerne pas l'hexagone. Alors, comment à partir d'une réalité particulière (hexagone) qui liée à une expérience spatio-temporelle propre, on arrive à tirer un concept général qui s'exprime par la départementalisation...

Tout individu doué de raison peut largement comprendre que ce concept lorsqu'il s'impose à un autre territoire ne peut pas venir de l'expérience mais bien de l'esprit. Du coup, le problème de la départementalisation est celui de sa réalité. Il en ressort donc qu'elle est vouée à l'échec.

L'expérience consciente sur notre territoire départementalisé permet de constater certaines aberrations dans des domaines très divers tels que la région monodépartementale, l'augmentation du prix de l'eau par l'accroissement de taxes alors que la nouvelle structure (Communauté des communes) a pour essence la mutualisation des coûts pour obtenir une baisse des prix.

Notre mode de pensée devient par essence artificiel. Comment penser un instant qu'une raison née d'une nourriture artificielle puisse engendrer des résultats positifs... La départementalisation sera arrivée à son terme lorsque l'individu départementalisé dira à haute et intelligible voix : "Je suis fier d'être assimilé, je n'ai aucune raison de m'interroger sur ma totalité, je suis le beau produit de la départementalisation, je suis le chef-d'oeuvre de l'auteur de ce concept". Ainsi, on devra admettre que l'échec en matière politique, économique, sociale et culturelle est celui de l'assimilé et par implication, celui de la départementalisation. Alors là et seulement là on pourra dire que la départementalisation est arrivée à son terme.

Entre-temps, ce serait une insulte de le dire pour ceux qui résistent, ceux qui veulent justement mettre un terme, par anticipation, au terme de la départementalisation et donc, mettre un terme à l'humiliation, à l'indignité, au chaos prévisible.
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17 avril 2009 5 17 /04 /avril /2009 01:15
On ne se souvient plus... on ne se souvient pas... La mémoire souvent nous fait défaut parce que, anesthésiée , sans que l'on ne se rende bien compte, par l'aliénation. Il y avait déjà une crise grave. C'était sous le gouvernement de gauche. Des états généraux avaient été organisés à la demande, dans un premier temps, des socio-professionnels puis, repris par la masse populaire sous l'égide de certains partis politiques. Le Gouvernement de la France ne voulait pas trop s'impliquer officiellement. Il y a eu pas mal de rencontres verbales qui donnaient le sentiment qu'on s'occupait des aspirations du peuple. Ces états généraux ont été chapeautés par quasiment tous les chefs de services de l'administration centrale sur place. Comme on le dit si bien à l'accoutumé c'est "la montagne qui a accouché d'une souris".

Quelques petites années se sont écoulées et c'est tout l'Outremer qui prend feu. La Guyane commence avec le prix record du carburant. Le pays est bloqué. Il a suffit de s'approprier les ronds-points et toute l'activité a été paralysée. Le peuple s'est mobilisé et, il a déplacé la montagne. En effet, le prix du carburant  a chuté de 50 centimes d'euros. La Guadeloupe décide de lancer son mot de grève générale. Les effets sont immédiats. Le peuple se mobilise et le mouvement d'une exemplaire solidarité va durer plus de quarante jours. Entre temps, la Martinique et la Réunion décident de se mobiliser. C'en est trop. Le Président de la République décident de lancer les Etats généraux de l'Outremer. Un préfet de la République est nommé Coordonnateur des Etats généraux. Il est de l'Outremer. C'est bien. Mais, c'est peut-être aussi une mode. Un autre préfet est nommé pour chaque pays dit département d'Outremer indépendamment du préfet en place. Il a la responsabilité du projet.

Ce projet est composé de huit ateliers mêlant les thèmes systémiques à des questions résiduelles et conjoncturelles. Le Préfet coordonnateur a voulu que les ateliers soient présidés par des locaux. C'est bien. Mais, ça peut ressembler aussi à une mode. on pourrait même penser que le genre humain n'a pas besoin de s'embarrasser de cette sorte de distinction. Il se pourrait bien que tous les Présidents d'atelier choisis soient de fervents partisans de la départementalisation, quid de ces Etats généraux... Le contraire pensez-vous pourrait être possible? quel serait donc l'intérêt des Etats généraux ? Cette fois-ci, les fonctionnaires de l'administration centrale ont été quasiment écartés. Qui en assument cette responsabilité?

Ce parti pris de la confusion des ateliers sont de nature à rendre illisible la planification et le dessein d'une société nouvelle plus juste et plus conviviale. Il génère, en outre,  plus d'opacité que de transparence. L'on peut regretter qu'il n'y ait pas un atelier pour faire l'évaluation de l'exécution du Contrat de Projets Etat-Région-Département 2007-2013 pour identifier les obstacles au développement. L'on peut également regretter qu'il n'y ait pas un atelier pour expertiser la contribution du CNES au développement économique et social dans le cadre du plan 2007-2013 ce qui éclairerait mieux ses éventuelles infortunes.

Ainsi, l'Outremer reste le jouet de la nation... les peuples avec.
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2 avril 2009 4 02 /04 /avril /2009 02:45
La répétition des crises générant des conflits collectifs graves a conduit pour la première fois le Chef de l'Etat à se prononcer de manière plus précise sur l'érection éventuelle des départements d'Outremer en une autre Collectivité Territoriale.

Cette posture pose le problème de la responsabilité politique et morale des élus envers la population. Ont-ils le courage de donner leur position officielle sur la question de la Guyane par rapport à l'article 73?

La Départementalisation, une loi d'assimilation de 1946.

Il importe tout d'abord de préciser que si la France n'avait pas de dépendance ou de territoire dans sa périphérie, il n'existerait pas d'article 73, 74.

La question qu'on est en droit de se poser est la suivante: Ces territoires sont-ils importants sur le plan géostratégique et géopolitique pour l'hexagone et le lien privilégié avec lui doit-il être forcément assimilationniste?

Cette loi impose une valeur morale qui n'est pas la leur à l'origine, aux peuples qui choisissent, "subrepticement imposée" la départementalisation. Elle ordonne une référence culturelle qui ne relève pas de leur tradition, de leur histoire. Elle exige une réalité sociale qui n'est que dans leur imaginaire faute de relations identiques. Il devient presqu'impropre de parler d'anthropologie culturelle de la société guyanaise tant sa structure institutionnelle est virtuelle dans sa réalité.

Maintenant  que l'idée d'égalité entre les hommes est quasiment répandue dans le monde entier, ne pourrait-on pas légitimement se demander si se battre aujourd'hui pour la départementalisation ne constitue pas une régression mentale...

Parler de la trilogie "liberté égalité fraternité" est une chose, accepter l'autonomie psychique comme principe qui remet en cause les valeurs morales, sociales et culturelles imposées est autre chose.

Le principe du droit commun de la départementalisation avec en son sein un super Préfet est interrogatif. Par ailleurs, il génère certainement des individus fragiles par l'avènement d'une personnalité ambivalente à savoir ce que je suis réellement et ce qu'on m'a fait devenir. Qu'a t-on fait de moi? L'assimilation n'est-elle pas schizophrénique? bien sûr, il y a un peu d'exagération voire de provocation... mais...

Les échecs politiques, économiques et sociaux ne seraient-ils pas en partie la conséquence de cette lutte permanente interne de la morale du devoir qui est partagée entre ce que ma conscience me dit de faire et ce que la loi d'assimilation m'autorise à faire.

Quel est l'élu malin qui pourrait par une réflexion jupitérienne venir nous dire que cette approche est dépassée. Précisons lui que le rôle d'un élu est d'indiquer à la population le sens de l'action à poursuivre et de préparer les esprits à la vraie liberté. Donc, il doit donner les motifs de ses actes et accepter d'être jugé par la population. C'est cela le sens de la responsabilité politique et morale.
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