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  • : Le blog de Jean-Marie Taubira
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  • : Je suis Président du CRAPAG (Cercle de Réflexion et d'Action pour l'Avenir de la Guyane), Depuis le 10/12/2008, je suis le Secrétaire Général du Parti Progressiste Guyanais (PPG). Mon ambition est l'élévation de la conscience collective
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22 décembre 2012 6 22 /12 /décembre /2012 02:54
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Published by Jean-marie TAUBIRA
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20 décembre 2012 4 20 /12 /décembre /2012 16:56

Lorsque l’on parle de dictature, on pense immédiatement au caractère arbitraire du régime politique où tous les pouvoirs sont concentrés entre les mains d’un seul individu ou entre celles d’un groupe d’individus appartenant à un clan. De fait, le présent titre peut apparaître contradictoire et laisser penser qu’il est insensé. Méfions-nous car, l’apparence peut cacher des vices extrêmement sensibles  et, extrêmement dommageables. Loin d’être un oxymore, ce groupe de mot est l’expression d’une réalité qui n’est perceptible que par la subtilité de l’esprit humain débarrassé de toute aliénation. Elle l’est grâce à la liberté absolue de conscience qui fait une large place à l’esprit critique. Il reste que cet esprit richement nourri a besoin de convictions fortes et de détermination pour changer les choses et rendre aux citoyens leur pleine liberté.

En ne mésestimant pas le fait que le libéralisme en tant que philosophie dominante du siècle des lumières a été un progrès pour le tiers-état qui n’était pas un corps constitué de citoyens mais de sujets du roi dont ils n’étaient pas propriétaires de leur propre corps, il est un fait incontestable qu’il a débouché sur un libéralisme économique et financier qui soumet autant les gouvernements que la grande masse de citoyens à son diktat.

Mais au fond, la photographie de cette société n’est–elle pas l’expression de la revanche de la bourgeoisie du tiers-état à l’encontre de ceux qui peuvent représenter l’image de la monarchie et de ses corps privilégiés comme de ceux qui peuvent représenter l’image des paysans qui formaient leur corps de dominés. En tout état de cause, le libéralisme économique et financier impose sa loi à toutes ces sociétés soi-disant démocratiques. Le pouvoir exécutif, le pouvoir législatif et le pouvoir judiciaire semblent être dominés par les relations sociales qu’impose ce courant de pensée. Ces relations apparaissent comme les axiomes à partir desquels tout le raisonnement de la construction rationnelle de la société doit être bâti. Les propositions et projets de lois sont pensés à partir de cet environnement. C’est donc tout un arsenal d’aliénation qui est mis à la disposition de ce pouvoir qu’est le libéralisme économique et financier. C’est donc une dictature subreptice.

Cette subtilité de l’esprit permet de percevoir l’impuissance du pouvoir exécutif voire même du législatif qui par leur principe d’équilibre sont censés mettre en application le gouvernement par le peuple et pour le peuple. Or, des exemples probants montrent cette subordination au pouvoir économique et financier ; Arcelor Mittal à Florange, Le coût du travail évoqué par le patronat en omettant de prendre en considération les rémunérations souvent excessives des PDG, les agences de notation relevant du secteur privé qui attribuent des notes aux Etats avec des critères d’analyse du domaine privé alors que le haut de bilan des collectivités publiques et des Etats n’est pas comparable à celui des structures privées, La guerre promise au secteur financier qui s’est adoucie à l’instar de l’Iceberg qui sous un coup de chaleur se transforme en eau, le solide qui devient liquide. Enfin, en Guyane ce sont les multinationales qui imposent leur loi sur les ressources naturelles du territoire, ce sont les compagnies pétrolières qui se croient au-dessus des lois et qui imposent leurs règles qui rappellent celles des mafias des temps reculés.

Le libéralisme économique et financier exprime la tyrannie de la minorité qui a accumulé suffisamment de richesses pour imposer à la majorité son mode de société. Tocqueville peut être tranquille et n’aura pas à se retourner dans sa tombe tant l’impuissance du pouvoir politique est effarante.

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10 décembre 2012 1 10 /12 /décembre /2012 18:16

Le parti progressiste Guyanais auquel j'appartiens et au sein duquel j'exerce la fonction de Secrétaire Général a donné ce jour une conférence de presse sur le thème de la collectivité unique de Guyane. Je vous transmets l'intégralité du support qui a servi de base à l'échange avec la presse locale. Il est à noter qu'il n'y a pas eu de Congrès sur ce sujet depuis le référendum. En cette fin d'année, une fois encore, comme les effets de la poudre de Perlimpinpin le Conseil Régional organise une grand-messe avec des constitutionalistes, une nouvelle manière de passer en dérision les citoyens, un moment jouissif de les insulter comme s'ils n'avaient rien retenu de ce qui leur avait été dit avant le référendum par d'autres constitutionalistes. L'article 73 est en application depuis 1946.

 

CONFERENCE DE PRESSE

Nous vous remercions d’avoir répondu à notre invitation. Cette rentrée politique sur le plan médiatique est pour nous particulière. L’année qui s’annonce est pré-électorale et nombreux sont ceux qui seront tentés par les effets d'annonce.

Nous avons décidé de traiter du thème de la Collectivité unique de Guyane dans la mesure où à près de trois ans depuis le référendum, la société guyanaise ne semble pas avoir un grand dessein en termes de développement économique et social. Enfin, ce thème exprime toute la problématique de la société Guyanaise, et nous allons vous l’exposer sous trois angles.

Aspect institutionnel :

Depuis le 24 janvier 2010, 27,44% des électeurs s’est prononcé sur la Collectivité unique de Guyane dans le cadre de l’article 73 de la constitution française. C’est donc 15,77% de l’électorat qui a choisi la Collectivité unique de Guyane qui était une revendication du Président de la République Monsieur SARKOZY. La démocratie parfois nous interpelle.

Le système est bien connu. La fusion des deux collectivités en une seule ne le transforme pas. Il s'agit d'un système assimilationniste qui favorise l'assistanat. Il n'y à qu'à voir les arguments qui ont permis le maintien de la société dans ce système. Il est soutenu par les transferts sociaux qui constituent une sorte de rente financière venant de l'administration d'Etat.

La Collectivité unique de Guyane dans ce cadre là pose le problème du risque de dérives autocratiques de l'exécutif uninominal. Le secteur privé étant trop en retrait par rapport au secteur public, les agents économiques  vont trop dépendre de la commande publique.

Indépendamment du risque de dérives autocratiques, il apparaît indispensable qu'une évaluation exhaustive du patrimoine des deux collectivités (Région et Département) soit opérée avant la fusion et soit portée à la connaissance de la population. Cette évaluation doit porter sur les éléments matériels et immatériels du patrimoine ainsi que sur les éléments financiers sans oublier de préciser le niveau des engagements de ces Collectivités en matière de garantie apportées aux tiers (Sociétés immobilières, sociétés commerciales etc.). Cette démarche est fondamentale car, elle permet d'identifier les responsabilités avant que les contribuables ne soient sollicités. Au final ce sont les impôts qui couvrent les erreurs et donc les contribuables qui sont mis à contribution.

Aspect sociétal :

Une fois le toilettage des structures institutionnelles effectué, il reste à savoir comment la société guyanaise à partir de cette collectivité peut subsister et prospérer. Nous considérons que la collectivité unique de par ses compétences extrêmement limitées à cause de l'absence de capacité décisionnaire n'est pas en mesure de soutenir la société, c'est à dire son développement. Dans l'état actuel des choses seul un secteur privé moins atrophié, moins sous l'influence du secteur public peut répondre aux normes du développement économique et social. Or, le système tel qu'il est conçu est plus favorable à la notion de rente qu'à celle de valeur ajoutée. La terre, l'eau, les minerais constituent les matières premières du territoire appelées communément les ressources naturelles. La logique voudrait qu'il y ait sur place une industrialisation maîtrisée de ces ressources et que les agents économiques qui participent à cette création de richesses, à ce perfectionnement des ressources voire leur transformation, aient un intérêt sur le territoire. Nous pensons également que toute société a besoin de cohérence dans son développement or, à côté des lois communes avec l'Hexagone il faut autant de dérogations pour prendre en compte les spécificités territoriales. Il s'ensuit que le territoire n'a pas les mêmes caractéristiques que celles de l'Hexagone. Par voie de conséquence, le principe de l'assimilation même est un crime social. C'est ainsi que ces exceptions génèrent davantage d'immobilisme que de dynamisme. Elles finissent par générer des abus qui deviennent la règle et, la règle devient l'exception. Enfin nous considérons que la société guyanaise est une société complète et que son dysfonctionnement résulte d'une inadaptation institutionnelle. Elle est donc un tout mais un tout entravé

Aspect  Population :

Peut-on oser penser un instant que les citoyens de Guyane n'aspirent pas à quelque chose. Jusqu'à présent, dans un tel système, ils ne représentent rien du tout. En effet, lorsque l'on n'a pas la capacité à prendre des décisions essentielles soit par soi-même, soit par ses représentants, on est rien. Le système d'assistance qui n'est pas un système de solidarité mais davantage un système de soumission fait d'eux une totalité en apparence mais, il s'agit d'une totalité opprimée. Elle l'est soit pas l'inculture que le système occasionne, soit par la frustration qu'il produit. Si nous suivons notre réflexion, nous comprenons que ce système assimilationniste est l'ennemi des libertés individuelles et collectives. Donc, la dynamique collective nécessaire à la prise de risque pour un réel développement est entravée. Il est par conséquent nécessaire pour le peuple qui aspire à être quelque chose de faire un retour sur l'histoire, sans crainte, afin de devenir plus fort pour résister à sa neutralisation par le système.

Merci de votre écoute.

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28 octobre 2012 7 28 /10 /octobre /2012 23:06

Ne croyez surtout pas que l’on trouve de l’or partout en Guyane, ne pensez surtout pas que les guyanais sont à l’instar des Koweitiens des Emirs grâce à leurs ressources naturelles dignement négociées. Les guyanais ne veulent certainement pas d’une ploutocratie mais, que cela leur ferait du bien de vivre décemment des ressources de leur territoire. La vie serait bien plus belle que ce taux de chômage, compris entre 21 et 30% selon la manière utilisée pour son évaluation, qui montre la réalité de la situation

 

Non, la vie n’est pas si belle… L’or trouvé au TGI de Cayenne est selon les sources journalistiques le butin confisqué aux travailleurs clandestins. Selon les mêmes sources, il y aurait pour 160 Kg d’or amalgamé. Bizarre, les guyanais se sont toujours interrogés sur l’absence d’information concernant les prises d’or, lors des interventions en milieu aurifère clandestin. Ils n’avaient donc pas torts.

 

Ma mère… 160 Kg d’or ! quel butin ! s’il s’agit d’orpailleurs… Mais, s’il s’agit d’opérateurs miniers clandestins avec le matériel de travaux publics dont ils disposent et qui ont parfois été détruits, quelle déception, quel maigre butin…  C’est la production d’une année dans l’or alluvionnaire sur une Autorisation d’exploitation (AEX) très moyenne de 2Km²  avec un maximum de 3m de profondeur de terre stérile. Cela représente moins de 14 Kg/mois soit légèrement plus de 2 Kg/par levée tous les cinq jours.

 

En termes de productivité des opérations contre les clandestins, l’on ne peut pas dire que cela relève d’une grande efficacité surtout que l’on ne sait pas s’il s’agit d’une multitude de prises et sur quelle durée ou s’il s’agit d’une ou deux prises et sur quelle durée.

 

Malgré les taxes spécifiques que l’on crée sur la production des ressources naturelles du territoire qui est destinée à l’exportation et dont les producteurs sont quasiment des multinationales, les retombées en termes de développement ne sont pas perceptibles. Vous direz… Il en est ainsi pratiquement de tous les pays sous-développés, le Coltan en RDC (République Démocratique du Congo), Le pétrole et l’or  à la République du Niger, l’or, le platine, le diamant  à la République du Zimbabwe etc.

 

Apprendre, que les 160 Kg d’or ne reviendraient pas au territoire, sonne comme une injustice sociale. En effet, sous la Présidence Régionale du Sénateur Georges OTHILY, dans un souci de développement, celui-ci avait procédé à des investissements d’infrastructures. L’Etat, tout en abandonnant une dette au Gabon refusait d’apporter sa contribution au financement de ces investissements qui précèdent le développement et, sous la Présidence Régionale de Monsieur Antoine KARAM, la Région Guyane s’est endettée par un emprunt à hauteur de 300 millions de francs en 1994. Cet emprunt a été remboursé par les contribuables de ce territoire par quasiment un doublement des taux de la fiscalité (Taxe foncière, taxe d’habitation, taxe professionnelle de l’époque). Cette hausse de la fiscalité que l’on subit jusqu’à aujourd’hui a constitué un frein à la croissance économique en amputant le pouvoir d’achat et par implication en contractant la consommation. Il apparaît donc évident que cette trouvaille, aussi petite soit-elle doit revenir au territoire afin d'envisager une baisse de ces taux et par implication, rendre la part de pouvoir d'achat aux contribuables de ce territoire.

 

Sur un plan politique cette démarche de l’Etat exprimait une rupture de la continuité territoriale.  Aujourd’hui, les infrastructures sont utilisées autant par les services de l’Etat que par les contribuables. Est-il moralement juste  que cette petite manne ne revienne pas  intégralement à ce territoire ? Est-il moralement juste que ce territoire riche de ses ressources naturelles soit dans un tel état de non développement ? On finira bien par comprendre que le stress que vit la population trouve sa source dans la soumission, la subordination et l’injustice sociale générées par les caractéristiques constitutionnelles du territoire.

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25 septembre 2012 2 25 /09 /septembre /2012 18:29

La Guyane, par assimilation, relève de l’article 73 de la constitution française. Autrement dit, un département de droit commun. Il se trouve que la baisse de 6 centimes par litre de carburant négociée par le gouvernement ne lui est pas applicable.


Dans le même temps, le gouvernement par l’entremise du Ministère des Outremers entend lutter contre la vie chère. C’est donc un des éléments du panier de la ménagère qui échappe à cette volonté politique. En tout état de cause, cet élément est bien une donnée sensible et incontournable de la lutte contre l’appauvrissement des populations des Outremers. Les incidences sont directes ou indirectes par le coût du transport soit collectif, soit individuel mais également sur tous les services fournis dont cette source d’énergie est un élément de la structure des prix.


Cette situation est la conséquence du caractère monopolistique de l’activité du carburant en Guyane. Les compagnies pétrolières, d’une manière générale, imposent la règle de « la raison du plus fort ». Par suite, les relations commerciales se font au mépris du droit. L’impuissance du gouvernement semble liée à l’opacité du mécanisme de la structure du prix du carburant. Il va de soi qu’admettre une telle situation défie le principe de l’autorité politique et par voie de conséquence remet en cause l’engagement morale et l’action sociale qui sont les deux piliers qui donnent du sens à la notion de société et plus particulièrement à la société politique de nature démocratique.


Face à l’arrogance de cette forme d’oligarchie, il y a la possibilité d’atténuer sensiblement les nuisances de cet abus de position. Il suffit qu’on fasse intervenir un niveau de responsabilité à chaque étape du processus commercial. L’étape essentielle se situe au cœur de la distribution. Son efficacité dépend de la connaissance du contenu des contrats de location-gérance que font signer les compagnies pétrolières aux gérants de stations-services étant entendu qu’elles sont majoritairement propriétaires des lieux.


D’une manière générale le contenu des contrats n’est pas équitable et génère une subordination des gérants face aux compagnies. En matière de droit, il y a la possibilité pour le ministère concerné de mettre un terme à cette anormalité républicaine. Les autres points de ces contrats peuvent également faire l’objet d’un contrôle de légalité il s’agit, de la caution bancaire, du personnel, de la rémunération de la location-gérance, de la déclaration auprès de l’Urssaf des locataires gérants.

Quant à la caution bancaire, il est indispensable que les banques qui sont sollicitées prennent certaines garanties pour éviter l’équivalent du soutien abusif. Il s’agit entre autres de demander aux compagnies pétrolières de fournir les attestations de conformité délivrées par la DRIRE de l’état des cuves voire de la station dans son intégralité, qu’elles garantissent aux banques que la livraison correspond bien à la commande en imposant une technique intelligente de contrôle pour la régularité du commerce (Vander-root au sein de la station ou compteur sur les camions de livraison). Certaines compagnies rattachent à leur fonds de commerce le personnel. Le droit du travail doit expliciter cette situation de sorte que le personnel soit celui des compagnies avec ses conséquences en la matière (Comité d’entreprise, délégués syndicaux, CHSCT etc.). Il importe qu’une méthode définitive soit arrêtée pour la rémunération de la location-gérance et qu’elle s’impose à tous sans discrimination. Enfin, que la déclaration à l’Urssaf ne soit subordonnée à aucune condition.

Ces dispositions peuvent être prise rapidement et à très court terme. Elles participeraient à réduire directement ou indirectement le coût de la vie soit de manière microéconomique soit de manière macroéconomique.

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4 septembre 2012 2 04 /09 /septembre /2012 04:31
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3 septembre 2012 1 03 /09 /septembre /2012 16:33

Nul ne pourrait contester que nos sociétés modernes sont conventionnelles. Il en découle que le contenu de la convention est d’une importance capitale pour appréhender la nature du bien commun qui est la valeur essentielle de la  société. Cette convention est négociée lors des campagnes électorales et particulièrement dans le système français, lors de l’élection présidentielle.

 

A moins de penser que l’électorat est inculte, c’est en pleine maturité qu’il se prononce sur les différentes conventions qui lui sont proposées par les candidats. Il s’agit donc uniquement d’une libre convention citoyenne. Les thèmes qui sont abordés sont essentiels. Il s’agit de la famille, de l’Etat, de la République, de la démocratie, de la sécurité intérieure du territoire, de la sécurité extérieure du territoire, de l’économie, de la structure sociale, des relations internationales et de la place de la France dans l’Europe entre autres.

 

Il est évident quand le candidat François Hollande annonce qu’il sera un Président normal, il se distingue de son vis-à-vis lors du 2ème tour de la Présidentielle. Il annonce implicitement que la société conventionnelle qu’il propose est différente de celle de son prédécesseur et que par voie de conséquence, la gouvernance et le mode de gestion de la société sont différents. C’est me semble-t-il, ce que son électorat a compris.

 

Il y a maintenant moins de quatre mois que le Président et son gouvernement ont pris possession des lieux. Une forme d’impatience conduit certains analystes à les rendre responsables de la situation de la France alors qu’en même temps ils les accusent d’immobilisme. Le plus surprenant est la manière avec laquelle ces mêmes analystes oublient la pause institutionnelle gouvernementale, parlementaire et présidentielle durant cette période. Les précédents ministres, forts de cette situation décalée font haro sur le Gouvernement et le Président.

 

La Gauche a certes sa part de responsabilité. Nullement là où on le croit. Elle se situe essentiellement dans la communication. Une convention nouvelle a été proposée à l’électorat. La victoire s’est faite sur cette base. Nul ne peut comprendre pourquoi l’Exécutif de la France est aussi timoré sur les attaques dont il fait l’objet. Nul ne peut comprendre quels sont les motifs qui conduisent à dire que la crise est profonde et durable. Quelles sont les raisons qui font qu’un état des lieux par ministère n’ait pas été porté à la connaissance du grand public ou des media. La gauche sur le plan médiatique se fait absorber et la conséquence est immédiate. Influence sur les sondés, mise en posture difficile du peuple de Gauche, installation du doute envers la gouvernance, affaiblissement des forces progressistes dans la société.

 

Il est évident que si ce Gouvernement de Gauche ne se ressaisit pas et ne  montre pas davantage de solidarité dans une politique de Gauche qu’attendent ses électeurs, les déclarations intempestives de certains de ses membres, les actions contre-conventionnelles d’autres de ses membres vont contribuer à sa chute avant la fin du mois de décembre 2012.

 

En ce qui concerne la morale laïque, quoi de plus normal dans une république laïque et démocratique. Là encore il y a trop de timidité. Seule la morale laïque permettra d'éviter une nouvelle guerre de religions après l’Edit de Nantes. Seule une morale laïque permettra la cohabitation pacifique des religions, seule la morale laïque conduira à éviter la stigmatisation des uns et des autres, seule la morale laïque va garantir l’existence de la trilogie « Liberté, Egalité, Fraternité".

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3 septembre 2012 1 03 /09 /septembre /2012 03:03
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1 septembre 2012 6 01 /09 /septembre /2012 06:19

En Guyane, les compagnies pétrolières sont quasiment propriétaires de toutes les stations-services de carburants. Malgré les différentes enseignes qui identifient ces stations, le carburant qui est servi est le même. La raison est simple car, le seul fournisseur de produits pétroliers en Guyane est la SARA.

La SARA ou Société Anonyme de la Raffinerie des Antilles est en position monopolistique dans l’approvisionnement en carburant. L’initiative de la création de cette entité vient du gouvernement du Général De Gaulle pendant la période de la guerre froide pour paraît-il assurer l’indépendance énergétique des Antilles Guyane.

Depuis la chute du mur de Berlin et de l’implosion de l’URSS, plus rien ne justifie cette situation monopolistique. L’époque de la guerre froide est révolue. Pourtant, le business continue et c’est donc le même produit qui est distribué à toutes les compagnies pétrolières malgré l’apparence de leur nom différent (VITO-RUBIS, BAMYRAG –TOTAL et le dernier venu SOL)

En tant que producteur, la SARA assure 60% des besoins énergétiques de la Guyane, de la Martinique et de la Guadeloupe. Les 40% des besoins non satisfaits par la production sont importés par la même raffinerie qui assure la distribution. On peut légitimement s’interroger sur les profits réalisés sur le segment concernant les importations. Y-a-t-il vraiment transparence sur la totalité du produit distribué ? La production correspond t-elle réellement à 60% des besoins ou moins?

Qui sont donc les actionnaires de la SARA ?

Cette raffinerie est une SA composée de quatre actionnaires que sont Total à hauteur de 50% et majoritaire, Rubis à 24%, Esso 14,5% et Texaco 11,5%. Les groupes Esso et Texaco sont étrangers et ne détiennent pas la minorité de blocage (26% au lieu de 33,33%). Autrement dit, les seuls maîtres à bord sont les entités françaises Total et Rubis. Total est une SA connue du CAC 40 alors que Rubis est une SASU (Société par actions simplifiée Unipersonnelle) soit un associé unique.Texaco n'ayant plus aucun intérêt sur ce marché, pour quelle raison resterait-elle dans la composition du capital? A défaut de transparence dans la négociation avec Rubis qui a succédé à Shell, il est légitime de se demander si la négociation n'a pas intégré l'acquisition d'actions qui permettrait à Rubis d'obtenir la minorité de blocage. Autrement dit,posséder 24 % + 11,5% (35,5%)...

Abus de Position

Il importe de savoir que Total et Rubis sont majoritaires sur le marché de détail de carburants en Guyane. Autrement dit, ils contrôlent tout le circuit de carburants de la production au commerce de détail. Cela permet notamment à la SASU Rubis de proposer aux gérants de stations-services en Guyane des contrats de subordination sans la moindre rémunération, de fournir aux gérants de stations du carburant sans garantie de contrôle. En effet, il n’y a pas de compteur sur les véhicules de livraison et d’autre part, la quantité de produit à livrer n’est pas plombée au départ à la connaissance du gérant. Seul le Vender-root qui est un appareil électronique installé par la compagnie pétrolière donne la quantité livrée qui doit être comparée à la quantité commandée. Or, la compagnie pétrolière ne tient pas à prendre en considération les écarts de livraison constatés sur un support papier délivrés par cet instrument. Ce positionnement favorise l'arnaque et contredit le droit commercial qui veut que l’on paie ce que l’on a acheté. D’autre part, cette situation monopolistique conduit cette compagnie pétrolière notamment à effectuer des abus de loyer qui engendrent de la discrimination entre les gérants selon qu’ils sont dociles ou rebelles. A titre d’exemple, les loyers en Guadeloupe à force de luttes sont transparents et le mode de calcul est le même pour tous les gérants non propriétaires des lieux. En Guyane, les loyers sont exorbitants et ne correspondent à rien. Les loyers sont parfois, trois fois supérieurs à ceux de Guadeloupe pour le même volume de carburants débités. Lorsque certaines compagnies comme Rubis par exemple mettent en difficulté les sociétés en location-gérance, Elles imposent leurs propres lois au mépris des procédures judiciaires, allant jusqu'à utiliser des méthodes que l'on qualifierait de voyous au temps de la pègre.

Elles intègrent le personnel dans leur fonds de commerce. Par implicatication, il s'agit donc du personnel des compagnies et non celui des sociétés en location-gérance. Autrement dit, ce serait une forme de location de personnel qui les évite de les déclarer dans leur registre de personnel, contournant ainsi, la loi sur les comités d'entreprise, les délégués syndicaux, les CHSCT. Cette option implique le droit social et permet de constater, si les choses restent en l'état, selon que l'on est riche ou pauvre les règles républicaines s'appliquent différemment. Par suite, rien n'interdit de penser que cette partie du territoire est soit une ploutocratie, soit une République bananière... Où sont les organismes d'Etat qui sont chargés de faire respecter tant le droit du travail que les conditions d'échanges commerciaux???

Le sentiment d’impunité qu’expriment certaines de ces compagnies résulte de leur situation de monopole qui leur laissent croire qu’ils sont au-dessus des lois et qui les conduisent à penser que leur puissance commerciale et financière à l’égard des gérants est à assimiler au dicton « le pot de fer contre le pot de terre » comme elles savent si bien le dire. Certainement que leur partenariat avec le Ministère de l’Industrie, les Préfets de Région  au niveau de la production de carburants leur laisse entrevoir des relations privilégiées.

Tout se passe comme nulle part ailleurs. Nulle part ailleurs où il existe une démocratie.

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27 août 2012 1 27 /08 /août /2012 06:13

La fermeture de la Chambre d’Agriculture de la Guyane

L’information parvient au commun des mortels par l’entremise d’un journal de la place selon laquelle la Chambre d’Agriculture est fermée de par la volonté de son Président au motif d’endettement.

Il y a de quoi s’interroger sur le sens de la représentation professionnelle à partir des élections. Comment peut-on fermer un organisme consulaire selon la volonté de son président ? C’est dans les ploutocraties que l’on peut voir ce type d’exécution.

La Chambre de commerce est un établissement public. Elle exerce des missions qui n’ont pas qu’un intérêt pour les agriculteurs mais pour l’ensemble des consommateurs. Une chambre d’Agriculture où il y a un comité de développement économique est une garantie pour les agents économiques même si « tout est relatif par ailleurs».

La première interrogation est celle de savoir quelle est la nature du Conseil d’Administration ou de l’Exécutif…Procéder à la fermeture de la Chambre d'agriculture, c’est nier la légitimité des élus professionnels, c’est contester leur droit de jouer le rôle qui leur est dévolu.

Où sont les agriculteurs ? Ont-ils conscience qu’il s’agit d’un outil extrêmement important pour l’économie agricole. Comme toutes les Chambres d’Agriculture, celle de la Guyane représente le monde agricole et rural. Elle est le porte-parole des intérêts collectifs des agriculteurs auprès de l’Etat, des responsables politiques, des Instances européennes. Elle n’est pas une caisse de résonnance d’ambitions personnelles ni de règlements de compte.

Dans le même journal local, on apprend que la seule ressource est la taxe additionnelle à la taxe sur le foncier non bâti. Est-ce la réalité ? Ici se pose un problème budgétaire. D’une manière générale les Chambres d’Agriculture ont un budget à trois niveaux se répartissant en subventions, contrats et conventions avec l’U.E. l’Etat, les Collectivités Territoriales à hauteur de 25%, de Prestations rémunérées à 25% et de la Taxe additionnelle à la taxe sur le foncier non bâti à hauteur de 50%. Quelle est donc la relation entre la Chambre d’Agriculture et la Direction de l’Agriculture et de la Forêt ?

On comprend mieux pourquoi la Guyane a un tel retard de développement agricole et que l’aménagement de l’espace rural est aussi déficient. En fait, il n’y a pas, en tout cas sur le fonds, un réel collectif agricole. Ca à l’air du « sauve qui peut » Paraît-il que l’article 73 de la Constitution était le meilleur dessein pour la Guyane

Il est temps de remettre les choses en ordre de marche de manière objective et rationnelle et le plus tôt possible. Il y va de la crédibilité des agriculteurs s’ils ne veulent pas que les consommateurs aient des doutes sur leur sens des responsabilités et par implication sur les produits qu’ils sont censés fournir sur le marché.

Tout se passe comme nulle part ailleurs. Nulle part ailleurs où il existe une démocratie.

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