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  • : Le blog de Jean-Marie Taubira
  • : Je suis Président du CRAPAG (Cercle de Réflexion et d'Action pour l'Avenir de la Guyane), Depuis le 10/12/2008, je suis le Secrétaire Général du Parti Progressiste Guyanais (PPG). Mon ambition est l'élévation de la conscience collective
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8 juillet 2018 7 08 /07 /juillet /2018 22:08

Les quatre mois octroyés à la compagnie Montagne d’or pour convaincre la population guyanaise du bien fondé de leur projet sont arrivés à terme. Malgré les moyens financiers énormes mis pour leur propagande, le retour  sur cet investissement  est nettement négatif. Cette utilisation des média, des réseaux sociaux et des autres supports de communication a permis à la population de prendre conscience des différents enjeux de ce soi-disant développement économique du territoire. La conscience sociale s’est élevée. Les citoyens ont écouté, ils ont entendu, ils ont lu et ils ont compris. A l’arrivée, à 69% la population guyanaise rejette ce projet de la Montagne d’or. Pis, sur l’arrondissement de Saint-Laurent du Maroni où se situe le projet, le pourcentage est bien au-delà, c'est-à-dire à 81%. 

Ces chiffres ne sortent pas du chapeau d’un prestidigitateur, il s’agit d’un sondage sérieux qui a valeur, pour nous, de référendum. C’est un sondage IFOP commandé par WWF. Personne, certainement ne s’attendait à ça. Déjà la démarche, fallait y penser.  Ensuite, le résultat. Il est évident  qu’un débat public qui n’est pas suivi d’une consultation référendaire ou non peut être considéré comme une forme d’imposture. Le résultat de ce sondage montre le décalage qu’il y a entre les élus, se comportant au minimum comme des monarques et au pire comme des tyrans, et les citoyens sensibles à la qualité de leur existence. Ce décalage dans l’idée que l’on se fait du vivre ensemble se vérifie déjà lors des élections au regard du taux d’abstention qui est sensiblement le même.

Donc, c’est la fin du débat public. Attention, ce n’est pas la fin de la lutte. Tout n’est pas fini. Le Président de la République a dit qu’il se prononcera à l’automne. Il est celui qui nous a dit qu’il n’était pas le Père Noël. Nous devons penser qu’avec un tel sondage, dans la configuration actuelle de la Constitution, il sera difficile pour le Président de la République de valider ce projet. Néanmoins, nous ne pouvons pas nier qu’il y a des velléités de modifications fondamentales de l’esprit de la République. Il est évident que si le projet n’est pas abandonné nous serons obligés de nous interroger sur l’intérêt d’une société humaine, sur le sens de notre société, sur le sens de notre existence. Par conséquent, nous devons maintenir la pression, continuer à élever notre conscience sociale car, c’est notre responsabilité qui est en cause.

«Or de question», «les 500 frères», «Trop violans», «ONAG», «GA», «FOAG», «GMP», «Collectif Couachi», «Guyane Ecologie», «Yépé», «Maïouri Nature», «Colibris», «Kalalawa», «Cap 21», «UPR Guyane», «CGG», «La maison du Citoyen», «MMA BOBI», «Guyane Insoumise », «Le Parti Progressiste Guyanais» et toutes les autres organisations qui font partie de ce grand collectif que je n’aurais pas citées, constituent le camp de la dignité et de la responsabilité. La dignité est le plus grand principe de l’homme. Notre dignité se manifeste par le respect que nous nous portons, nous ne nous rabaisserons jamais, nous ne nous soumettrons jamais à la raison du plus fort. C’est pour cela que les autres ne pourront pas se permettre de nous imposer ce que nous ne concevons pas. Notre responsabilité va au-delà de nous-mêmes parce qu’après nous, ce n’est ni la fin du monde, ni le déluge. Nous sommes conscients de notre obligation à l’égard des générations en vie mais surtout de celles à venir. C'est une dialectique qui émerge de notre niveau de conscience qui fait de nous l'obligateur et l'obligé en même temps. Nous sommes conscients que ceux qui sont les plus éclairés doivent apporter la lumière à ceux qui le sont moins. C’est ainsi que nous disons que les emplois que ce projet propose sont l’équivalent du suicide. Ce sont des emplois de la mort. Le cyanure est un poison, il est extrêmement polluant. Associé à l’eau, il dégage un gaz mortel.

L’abandon de ce projet de la Montagne d’or va entraîner l’arrêt de l’usine de production de cyanure de la société Au Plata. C’est une grande victoire. Le développement économique par la fabrication de produits inflammables à haut risque n’est pas dans notre conception du développement endogène. Notre intérêt est celui de l’intérêt de la communauté humaine à laquelle nous appartenons. Avec le résultat de ce sondage nous devons être attentifs au réveil des opportunistes qui risquent de venir polluer l'opposition objective à ce projet. Restons donc mobiliser. 
 

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18 juin 2018 1 18 /06 /juin /2018 05:27

Nous sommes à un tournant grave de notre histoire. Le sort de notre pays se joue en ce moment avec le projet de la montagne d’or. Pourtant, notre anxiété est à peine perceptible. Nous avons l’air perplexe face à ce qui se construit contre notre futur et particulièrement celui de notre jeunesse et des générations à venir. Nous ne percevons aucune trace d’angoisse pour nous contraindre à nous battre pour sauver notre territoire. Celui-là même qui a vu arriver il y a plus de 150 siècles les Amérindiens, les déportés esclaves il y a plus de 4 siècles et plus récemment, les déportés politiques de la guerre d’Indochine, les déportés politiques de la guerre d’Algérie. Nous nous sommes associés, nous nous sommes compris, nous avons inventé l’altérité dans nos pratiques avant que le mot ne se soit répandu. Notre Guyane, nous la voulions une ; des peuples et un territoire, nous l’avions accompagnée du qualificatif de carrefour des races. Nous avions avec peur, certes comme beaucoup de peuples, admis les différentes migrations depuis la deuxième partie du 20ème siècle. Que nous arrive t-il ? Nous avons coexisté  avec nos histoires différentes. Nous avons associé nos histoires et cela nous a rendus forts. Cela nous a permis de vivre pacifiquement avec notre réalité. Que nous arrive t-il pour que nous soyons devenus aussi individualiste, pour que nous ne puissions pas pouvoir distinguer, collectivement, ce qui est de notre intérêt de ce qui ne l’est pas. Ne nous laissons pas duper, réfutons ensemble la division, l’indifférence. Qu’avons-nous fait de notre intelligence ? Ce socle d’où émerge notre dignité. Nous ne pouvons plus nous contenter des faits comme une fatalité, nous devons chercher à les interpréter pour mieux nous exprimer.

La France doit cesser d’avoir de grands projets dangereux hors de son territoire hexagonal. Je pense aux essais nucléaires dans le Sahara algérien, dans le pacifique en Polynésie française, l’activité spatiale en Guyane après avoir quitté l’Algérie, activité dont les données sur la pollution ne sont pas suffisamment précises concernant son intensité et la distance sur laquelle on la ressent. Sur les essais nucléaires dont on avait dit aux habitants qu’il n’y avait aucun danger, on sait aujourd’hui ce qu’il en est. La question n’est toujours pas réglée définitivement tant sur le plan judiciaire que sur le plan financier. Quant au plan de la santé, elle ne le sera jamais. Lorsque l’on est contaminé il faut un miracle pour s’en sortir.

Le projet de la montagne d’or est encore plus démentiel. Car, ce n’est pas l’Etat français qui en est l’opérateur mais bien des multinationales. Il y a la continuité de l’Etat… Il n’y a pas la continuité de multinationales. Lorsque nous serons contaminés par cette activité intensive, les multinationales auront disparu avec nos richesses et les élus qui se sont transformés en VRP pour ces mastodontes viendront raconter qu’ils ont été trompés et vous leur pardonnerez parce que vous vous contraindrez à croire qu’ils étaient naïfs. La réalité vous aura fait peur du début jusqu’à la fin.

Le site sur lequel les multinationales veulent intervenir semble t-il aurait des éléments archéologiques. Autrement dit, une histoire humaine, un creuset d'enseignements qui nous permettrait de mieux comprendre notre histoire humaine et de respecter le patrimoine culturel et spirituel des Amérindiens. La cupidité et l'incurie de ceux qui sont favorables à ce projet sont telles qu'ils ne sauraient appréhender l'importance de cette découverte qui a bien plus de valeur que leur pauvre opération minière qui n'est que mercantile.

Le prétexte de la création d’emploi est une supercherie voire une fumisterie. Le projet prévoit la création de 750 emplois directs et 3000 indirects. Les multinationales et les élus qui défendent ce projet se moquent de nous parce que dans leurs circuits mentaux ils ont une piètre opinion de nous. Ils pensent que leur opinion est la nôtre. Le taux de chômage dans le sens du recensement est de l’ordre de 26%. La population active est de 83000 personnes. Le nombre de chômeurs est donc de l’ordre de 21580 personnes. Que représentent les 3750 emplois non qualifiés sur le nombre de chômeurs ? De surcroît ces offres d’emplois risquent de ne pas trouver de demandes car, la Guyane n’est pas une fabrique de cancres et si elle l’était le déshonneur serait pour la "mère patrie". La cohésion sociale resterait toujours problématique et grave au vu du nombre de chômeurs. Puisque les élus locaux justifient le projet par la création d’emplois, Il faudrait au moins 5 autres projets du même acabit pour répondre à leur aspiration d’emplois étant entendu que pour eux, les 21580 chômeurs sont non qualifiés et n’ont pour ambition que de travailler dans la mine : « La mine ou mourir ». Ces élus seraient bien capables de signer ces cinq autres projets apocalyptiques. Depuis quelques temps la Guyane est une très mauvaise bande dessinée. Enfin, Il ne s’agit pas d’emplois durables puisque le projet a une durée de vie de 12 ans.

On a beau regarder dans tous les sens, ce projet est coûteux, risqué et d’aucun intérêt pour le territoire. L’Etat français a-t-il de bonnes raisons de livrer la Guyane aux multinationales. Il est prévu un impôt sur les sociétés à hauteur de 241M€ soit 20M€ en moyenne par an. A défaut d’un prévisionnel annuel, on peut émettre l’hypothèse que les 3 premières années seront déficitaires quand bien même la capacité d’autofinancement pourrait être positive du fait de l’amortissement dégressif qui serait pratiqué sur les investissements. Quel est l’intérêt pour le territoire guyanais ? On ne peut s’empêcher de penser que seuls des intérêts individuels justifient ce projet. Il s’ensuit qu’une telle hypothèse rappellerait un système oligarchique et non celui d’une démocratie. A moins que l’Etat ait décidé de faire avec la Guyane la même opération qu’avec la Louisiane, cette fois-ci avec des multinationales.

Sur cette opération de pillage de nos ressources naturelles, le consortium prétend réaliser un profit net, en fin de durée de chantier de 352 M€ subventions comprises à hauteur de 420M€ (chiffre WWF). Il n'est pas difficile de comprendre que le profit vient en partie conséquente des subventions. On pourrait assimiler cet aspect de l'opération au mécanisme de blanchiment d'argent. Par ailleurs, il ne s'agit là que de la première phase d'une grande opération... Que va faire le consortium de cet or extrait de la mine ? Il faut donc s'intéresser à sa destination. Le segment de marché le plus porteur est celui de la joaillerie qui représente 57% du marché de l'or. On peut "capitalistiquement" penser que la voie choisie est bien celle-là. Et, sur cette deuxième phase exit la Guyane or, c'est la phase la plus porteuse, celle où la plus grosse valeur ajoutée est réalisée. Même l'Etat est lésé dans cette affaire. N'est-ce pas scandaleux ? C'est donc ici (qui est l'acheteur de l'or qui sera transformé en bijoux ?) que se pose le problème de l'intérêt de cette opération pour le développement de notre territoire. C'est donc ici également  que légitimement on peut penser que se définissent les intérêts individuels de l'opération.

En tout état de cause, les retombées pour la Guyane sont extrêmement négatives et la plus inquiétante est la division de la population (Amérindiens contre créoles) à l’image de ce que les sociétés occidentales ont réalisé dans la région des Grands Lacs en Afrique et particulièrement au Rwanda et au Burundi. Les autres ne sont pas moins inquiétantes, il s’agit de l’empoisonnement des sols et des cours d’eau et quand on connaît la géologie de la Guyane, c’est tout le territoire qui sera contaminé. Les retombées financières quasi nulles. Au meilleur des cas et vraiment extrêmement optimiste, 59M€ sur 12 ans soit sensiblement 5M€ par an sur un Budget de la Collectivité Territoriale de 805M€ ce qui représente 0,621% (notez qu’une partie des 5M€ ira pour la commune d’où est extrait l’or. Paul Isnard est sur la commune de Saint-Laurent du Maroni. Si je ne me trompe pas la quotité est de11%)

Si la population ne se mobilise pas massivement contre ce projet, on aura compris qu’elle n’a pas une digne opinion d’elle-même. "Qui veut du respect s’en procure".
 

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11 juin 2018 1 11 /06 /juin /2018 04:04

Le projet montagne d’or apparaît comme un révélateur de ce que la Guyane est, la partie bananière de la République.  C’est pire que la colonie. En tant que telle, elle s’inscrivait dans un processus légal de soumission par la logique de la relation « Dominant – Dominé », à charge pour les dominés de se soustraire à la domination. Là, il s’agit d’un territoire inscrit politiquement dans une logique de l’identité législative par le principe d’assimilation. Or, ce qui s’y passe est contraire à l’esprit de la République. Bien sûr, tous les citoyens de ce territoire ne sont pas dupes. Certains comprennent très bien que ce principe est illogique mathématiquement voire scientifiquement et qu’après un petit temps de réflexion, malgré la relative complexité de cette construction intellectuelle, il est difficile d’expliquer son sens. Cette configuration du territoire emprisonne l’autonomie intellectuelle et neutralise le sens de l’initiative. Elle favorise quasiment l’émergence de personnes se disant intellectuelles mais qui ne sont que les robots du système. Le rôle dévolu à ce système est de tourner en rond en donnant l’impression d’être en activité. Il s’ensuit que la société n’est pas conçue par ses propres acteurs, ses propres membres en tenant compte de tous les vecteurs censés l’animer. Notamment, le potentiel en matière de ressources naturelles, la Culture, la Tradition etc. Il s’agit d’une société passive par ses représentants qui confondent son administration et sa conception. 

Ce projet scandaleux de la montagne d’or m’invite à souligner certains événements qui alimentent ma réflexion:

Georges Othily en sa qualité de Président du Conseil Régional de 1983 à 1992 prend l’initiative de lancer de grands travaux pour assurer le développement du territoire guyanais. Des infrastructures qui précèdent le développement. Il désenclave les communes de Mana et de Roura en faisant construire les ponts. Il pense à la jeunesse en faisant construire 3 lycées ; Melkior – Garré – Léon Gontrand-Damas – Bertène Juminer. Nous lui devons la 2X2 voies à l’entrée Sud de Cayenne, il met en place l’Observatoire Régional de Santé ; L’Agence Régionale de développement culturel ; Il fait construire la Matourienne. Comme vous pouvez le constater il s’agit d’une démarche pour le développement du Pays. A ce jour, ces investissements sont visibles et très utiles. L’Etat français a refusé de contribuer au financement. La solidarité nationale n’a pas joué malgré le statut de la Guyane. Dans le même temps la France abandonnait une dette du Gabon à hauteur de 300 millions de francs. On peut déduire de cet événement que l’Etat français n’est pas favorable au développement de notre territoire. Nonobstant le fait de ne pas bénéficier de la solidarité nationale, Le nouveau Président du Conseil Régional élu en 1992 accompagné du Préfet de Guyane ont fait une conférence de presse en début 1994 pour annoncer le nouvel emprunt contracté par l’institution régionale pour le financement des investissements. Depuis 1992 toutes les taxes ont été augmentées à leur maximum afin d’améliorer les recettes de la collectivité. C’est ainsi que tous les contribuables du seul territoire de la Guyane ont mis la main à la poche pour assurer le financement des investissements. Pendant dix ans la collectivité régionale va se consacrer à rembourser un emprunt sur des investissements qui ont une durée de vie d’au moins cinquante ans. Voici où commence le malheur de notre société, son non sens existentiel, le décalage du temps physique des deux événements.

Que penser aujourd’hui, lorsque l’on voit la mobilisation des principaux élus pour le projet de la montagne d’or. Un consortium qui n’a aucun intérêt sur le territoire, qui va générer un tas de dégâts environnementaux dont l’empoisonnement des sols et des cours d’eau en pillant nos minerais (Or etc.). De surcroît, ce projet va bénéficier de subventions alors qu’il s’agit en plus d’une opération relevant de l’activité privée. Quel est le sens de notre existence… Comment ne pas voir une grande injustice sociale… 
Observez une chose. Le niveau des taxes correspondait à la sanction que l’Etat nous infligeait pour avoir pris la décision d’assurer le développement de notre territoire. Notre dignité nous a conduits à ne pas rouspéter, à ne pas nous plaindre vu notamment la manière dont la situation était présentée.
Puisque l’emprunt relatif aux investissements a été remboursé au bout de dix ans, pourquoi nos élus depuis 2004 n’ont pas mis autant de zèle pour ramener les taxes au niveau où elles étaient avant leurs augmentations exceptionnelles en tenant compte bien sûr de l’inflation. Depuis 2004 que payons-nous ? Quel emprunt remboursons-nous ? Quels investissements finançons-nous ? Pourtant, la CTG aujourd’hui qui s’est substituée aux deux précédentes collectivités ne dispose pas de capacité d’autofinancement.

Alors que la France se vante en Europe de mettre fin à l’exploitation des hydrocarbures d’ici 2040, Le ministre de la transition économique dit haut et fort qu’il est contre le projet de la montagne d’or mais, il précise que c’est aux guyanais de voir car, ils sont confrontés à un problème de chômage. Donc si je comprends bien, le projet doit durer 10 ans donc la réponse au chômage doit se faire sur dix ans et quels emplois ? Des emplois non-qualifiés, exposés aux risques chimiques. A-t-on pris en compte le coût des salariés qui seront à la charge du système de santé à cause des éventuels accidents du travail ? Enfin, sommes-nous un pays indépendant pour que l’Etat qui a une haute responsabilité sur la dislocation de notre société s’exonère de ses obligations et nous livre au pouvoir des multinationales. Qui sommes-nous ? Où allons-nous ? Quel est le sens de notre existence ? Ce système pervers veut laisser croire que les guyanais cultivent l’assistanat alors que c’est l’Institution Républicaine qui invente l’assistanat institutionnel. Les guyanais n’en sont que les victimes. Regardez notre histoire, nos héros, ceux qui ont affronté le système, ceux qui ont pris des initiatives et qui l’ont payé cher, ceux-là que l’on peut qualifier de Résistants dans le vrai sens du terme. 

En 2014, le Conseil d’Etat avait « enjoint au Premier ministre de prendre dans un délai de six mois le décret  qui attribue à la CTG le transfert de compétences sur les titres miniers offshores". Le 27 juillet 2016, toujours le Conseil d’Etat  avait décidé une astreinte de 5000 € par jour si l’Etat ne justifiait pas avoir, dans un délai de trois mois, mis en place le décret dans les temps impartis sans fixer de plafond. Il s’agit du Conseil d’Etat. L’Etat prend 465 jours c'est-à-dire du 28/10/2016 au 4 février 2018 pour mettre en place le Décret. Dans la mesure où la décision du Conseil d’Etat n’était pas assortie d’un plafond, la condamnation devait déboucher sur la somme de 465 * 5000 = 2 325 000€ or, le 18 mai le Conseil d’Etat statuant au contentieux condamne l’Etat à 500 000€  en stipulant qu’il y a lieu de modérer le montant. Les 500 000€ ne représentent sensiblement que 22% de la somme. Le Président de la CTG s’est montré très satisfait. Il l’a même annoncé sur les média. Pourtant la modération de la somme représente 78%. Comment peut-on comprendre et espérer un développement du territoire ? Aucune hypothèse d’émancipation et d’autodétermination ne peut convenir dans ce cadre là.

Récemment le Président de la principale collectivité de Guyane se réjouissait de ce qu’il appelle une manne qu’il obtiendrait de Total d’un montant de 10 millions d’euros à rapprocher des revenus inconnus pour le moment de l’exploration et l’exploitation du pétrole offshore . Voilà ce qu’il appelle des retombées et pendant ce temps là, l’activité économique est pénalisée par le niveau de l’octroi de mer et les contribuables asphyxiés par les impôts et taxes indirects. Comment peut-on se réjouir de telles miettes ? Le budget de la CTG est de l’ordre de 800 millions. Nous avons entendu le Président exposer la situation du RSA qui est de l’ordre de 150 millions d’euros et qu’il souhaitait une négociation avec l’Etat. 10 millions rapportés à 800 millions représentent 1/80ème du budget soit 1,25%. A quoi ça sert d’avoir autant de ressources naturelles ?

Lorsque l’on sait les dégâts que va causer le projet apocalyptique de la Montagne d’or, il est clair que nous ne pouvons croire en ceux qui ont la responsabilité à la tête du Pays. Il n’est même pas nécessaire de parler de la rentabilité ou non de ce projet. Il suffit simplement de tirer les leçons de la configuration institutionnelle de notre territoire pour comprendre qu’accepter un tel projet c’est brader notre territoire et accepter la soumission.  Nous sommes des humains complètement achevés donc dignes ou, nous sommes des hommes altérés capables d’épouser la soumission et donc indignes. A chacun de choisir.
 

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19 avril 2018 4 19 /04 /avril /2018 19:09

Sans consulter leur peuple, Les Etats-Unis, la France et le Royaume-Unis ont décidé de frapper la Syrie au motif qu’elle aurait utilisé des armes chimiques contre son peuple.  Par « amour » pour le peuple Syrien, ces Etats gendarmes du monde ont décidé par on ne sait quelle légitimité de punir Le Président de cet Etat. L’ONU ? Aaaaaaah, triste institution qui se ridiculise, humiliée par les puissants et humiliante envers les plus faibles. Comme pour la SDN il est temps que cette ONU soit dissoute. Elle fait honte aux humains que nous sommes. Elle contribue par son impuissance à la dislocation des sociétés humaines, à la montée de l’ignorance et à un nouvel obscurantisme. Elle favorise la lâcheté.

Il n’y a pas si longtemps les mêmes belligérants avec des dirigeants différents  par « amour » pour le peuple Irakien avaient décidé de bombarder leur territoire au motif que leur Président détenait des armes de destruction massive et disposait soi-disant de la quatrième armée du monde. Seul Colin Powell chef d'état-major des armées des Etats-Unis avait la preuve des armes de destruction massive qu’il exhibait entre le pouce et l’index à l’ONU pour justifier l’intervention militaire urgente avec ses fidèles alliés. Aucun bilan n’a été fait de ces interventions et pour cause, il semblerait que plus d’une quinzaine de milliers de civils irakiens y ont péri par l'amour qu'on leur portait. La scène comme aujourd’hui se passe en Mésopotamie une civilisation bien plus vieille que la leur et qui leur a tant apporté en matière de méthode de réflexion.

Le silence étourdissant vient du peu de traitement qui a été fait concernant cet événement. D’une façon générale, les média se sont tus comme pour exprimer leur complicité ou peut être, n’est-ce  qu’une forme de lâcheté. Il y a eu très peu de commentaire. Très peu de spécialistes appelés experts sont venus expliquer le mandat de l’ONU pour cette opération. La couverture médiatique était à minima indiquant comme pour preuve un malaise. Peut-être que la nature du Président du pays que l'on dit être la plus grande démocratie du monde, anesthésie les supports médiatiques. Peut être que la personnalité de ce Président les mystifie... 

L’observateur lambda que je suis a du mal à comprendre l’objectivité de cette opération. En tant que citoyen, nous sommes tous concernés. Car, qui dit guerre dit enrôlement. Qui dit guerre dit aussi des innocents qui paient pour des coupables.  Lorsque des territoires sont déstabilisés par de soi-disant frappes chirurgicales, il apparaît difficile de savoir qui des armées officielles ou celles officieuses dites contestataires utilisent les armes chimiques. C’est pour cela qu’il faut un observateur crédible, neutre et puissant pour authentifier les preuves et trouver la juste réponse. 

L’histoire nous a montré, tant au temps des accords de Yalta qu’après, les manipulations qui ont débouché sur des guerres stratégiques au profit des puissants (Afghanistan, Irak- Iran après la chute du Shah, Koweit, Irak, Libye, etc.). Les va-t-en guerre ne s’attaquent pas à la Corée du Nord, à la Fédération de Russie, à la Chine. Chacun son opinion. Mais, les cibles restent les citoyens de ces pays dits puissants. Ce sont ces citoyens qui font l’objet de prises d’otages, d’actes de barbaries, d’actes de terrorisme. Nous sommes tous concernés et nous devons par le principe de la démocratie (le pouvoir appartient au peuple) nous intéresser à ce que font ceux à qui nous avons délégué notre pouvoir. Pour notre salut, nous ne pouvons nous contenter d’ignorer ou de feindre d’ignorer.

Il y a bien quelque chose qui cloche dans cette intervention belliqueuse. S’il est vrai  que le régime utilise des armes chimiques contre son peuple. La réponse peut-elle être le bombardement ? Plusieurs bombes ont été largués nous a-t-on dit  de  «manière chirurgicale». Mais, il s’agit de bombes ! Quelle que soit la nature d’une bombe, il s’agit d’un engin explosif qui fait énormément de dégâts. De surcroît, les bombes d'aujourd’hui sont beaucoup plus puissantes que celles d’avant. Et notamment, bien plus puissantes que celles larguées impunément et de manière injustifiée sur Hiroshima et Nagasaki. On a pu en mesurer les conséquences après coup.

Quels étaient les cibles de cette opération ? Les usines de fabrication d'armes chimiques… Et ceci par « amour » pour le peuple syrien ? Donc, les bombes ont détruit les usines et ont neutralisé leurs propres effets puis ceux de la composition chimique sortie de ces usines après les bombardements… La situation est par conséquent plus saine qu'avant !!! Les gaz chimiques n'impacteront pas les populations grâce à leur intelligence à l'instar de la catastrophe de Seveso avec son nuage toxique à la dioxine qui s'était soi-disant arrêté à la périphérie de l'usine. Après tout, ce ne sera jamais la conséquence des bombardements puisque ces derniers surviennent à la suite de l'utilisation d'armes chimiques dont la preuve irréfutable n'a encore pas été communiquée aux citoyens du monde. Cela s'appelle, la raison du plus fort. Chapeau messieurs les représentants des démocraties occidentales. Je m’interroge sur l’origine de la haine…  Je m’interroge sur les fondements de la conscience collective et de ses différents niveaux d’éveil. 

Des milliers d’innocents s’apprêtent à se rendre en Russie pour l’événement footballistique d’ici au mois de juin 2018, d’autres iront dans d’autres événements culturels et sportifs. J’espère que les Etats qui voient partout la nécessité des bombardements prendront toutes les dispositions pour sécuriser leurs ressortissants. Les décisions que l’on prend aujourd’hui impactent notre présent et aussi notre futur proche ou lointain.
 

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7 avril 2018 6 07 /04 /avril /2018 03:40

Le sujet que je veux aborder est celui d’un territoire abandonné à la puissance financière et machiavélique de deux multinationales, l’une canadienne dénommée Columbus et l’autre russe appelée Nordgold. Elles n’ont pas fusionné. Chacune garde sa singularité. Elles se sont associées pour capter une ressource naturelle qui s’appelle l’or et qui leur donne la fièvre au point de ne point entendre la voix des peuples qu’ils veulent faire taire avec la complicité de supplétifs comme au temps des colonies. Ils veulent les faire émigrer définitivement de leur milieu naturel.

Etrange situation de ce territoire qui se soumet aux règles constitutionnelles et législatives d’un Etat qui semble ignorer son existence et son histoire. Etrange situation où le gouvernement de cet Etat, par l’entremise de son ministre de la transition écologique et solidaire pose la problématique de ce territoire comme s’il s’agissait d’un pays indépendant et pour lequel, il n’a aucune responsabilité dans sa situation économique, sociale et culturelle. Alors que l’exploitation des hydrocarbures sera interdite à l’horizon de 2040 sur le territoire hexagonal, il fait une exception pour la Guyane en avançant un argument guignolesque qui est que la Guyane est confrontée à « un problème de chômage, c’est aux guyanais de voir ». Lorsque les guyanais libres, non inféodés au système se penchent sur leur avenir, on leur apporte pour réponse : la répression sous toutes ses formes. Le grand pseudo argument est l’emploi ou si on préfère le chômage… Le taux de chômage dans l’Hexagone est en moyenne légèrement inférieur à 10% mais, le taux dans chaque département n’est pas identique. Ainsi, dans les Pyrénées Orientales il est de 15% lorsqu’il est dans le Cantal de 6%. Pourtant, l’Etat ne livre pas ce département aux multinationales.

Devant l’immensité de ce cauchemar, nos sens s’aiguisent et notre réflexion se complexifie. En contemplant le reste du monde, en faisant un retour sur l’histoire, on se rend compte que les situations, à quelques nuances près, se répètent pour les territoires dominés qui vivent une illusion d’égalité, une unité de forme. Qui dans l’hexagone s’intéresse à ce qui se passe en Guyane ? C’est en ce sens que la Guyane est moralement comparable à la conquête de l’Ouest en tant que processus de colonisation. Quel intérêt l’Etat français a à livrer la Guyane à la multinationale russe et canadienne. Le Canada dispose de ressources naturelles dont les minerais et les matériaux, La Russie également. La base de sa puissance est l’importance de ses ressources naturelles. Pourquoi ne s’imposent-elles pas dans ces pays ? Parce que La politique publique préconisée est draconienne dans ces Etats industrialisés et l’exploitation de tout gisement doit profiter au pays. Particulièrement au Canada dont le gouvernement tient à ce que les ressources naturelles améliorent la qualité de vie des canadiennes et canadiens. Par suite, on comprend l’intérêt de ces multinationales pour notre territoire. Par contre, par déduction, on comprend moins l’intérêt de l’Etat français et de la CTG au regard des retombées pour le territoire et surtout des conséquences environnementales mais également patrimoniales. Si les retombées sont aussi insignifiantes et les conséquences aussi catastrophiques, le seul intérêt pour l’Etat se résumerait à un intérêt particulier et pour la CTG peut être une compensation peu onéreuse. Il s’ensuit, qu’on serait  en face d’un système oligarchique qui n’a rien à voir avec une démocratie. Encore une fois, force nous est de constater la nature réelle de notre territoire dans la République. Je crois également qu'en ce qui concerne la multinationale Nordgold, pour mieux l’appréhender, il nous faut connaître la nouvelle société Russe depuis l’avènement de monsieur Poutine. Elle est différente de l'ancienne Russie de l'URSS notamment avec la disparition de l’uniformité qui lui était attachée.

Comment nous en sortir ? Crier au secours ! Aux assassins ! Personne ne nous entendra. Le monde a changé et continue de changer. Nous appartenons au camp des délaissés jusqu’à ce que nous prenions conscience que nous existons. Tout dépend de nous. Nous sommes tous concernés par cette catastrophe prévisible comme l’est celle du chlordécone. Nous devons nous mobiliser en sachant que nous avons peu de temps. Il nous faut être de plus en plus nombreux. Le seul avis que nous devons donner est simple : « Non à l’exploitation de la montagne d’or, non aux multinationales, halte au pillage »

Il nous faut renforcer notre cohésion. Au-delà de notre morphologie apparente notre problématique unique est que voulons-nous pour la Guyane et Comment voyons-nous l’avenir ?  J’en déduis que nous avons très peu de temps pour nous connaître car, comprendre et aimer les peuples c’est d’abord ça : Se connaître. Il nous faut clarifier nos relations avec les peuples autochtones et prendre conscience que nous avons tous été manipulés par la France. Nos querelles réciproques sont nées d’opportunistes et nous avons voulu bêtement les généraliser. Il nous faut mettre rapidement un terme à cette situation. C’est la France qui doit se réconcilier avec les peuples de Guyane. L’avenir est à ce prix, le prix de la dignité

 

 

 

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20 mars 2018 2 20 /03 /mars /2018 02:21

C’est la phrase qu’a prononcé le maire de Roura, David Riché par ailleurs, Président de l’Association des Maires de Guyane (AMG), Président de la Mission Locale. Il la prononce publiquement au terme du premier tour de l’élection législative partielle de la seconde circonscription alors qu’il n’est pas qualifié pour le second tour et croît être obligé de donner des consignes de vote à ceux qui ont porté leur suffrage sur son nom.

Pour comprendre ce qui se passe sur ce territoire, lorsqu’il prononce la phrase il la complète en demandant de voter pour le candidat LREM Lenaïk Adam lequel est à l’origine de l’annulation de l’élection législative de juin  2017 et de «l’affaire» de l’hélicoptère sur Apatou. Il est le candidat soutenu par le Président de la CTG Rodolphe Alexandre.

Le «Je n’ai pas le choix» est lourd de signification. Il implique une contrainte. Quelle pourrait être cette contrainte ? De quel ordre est-elle ? Quand de surcroît, il demande de voter pour le candidat LREM on ne peut que comprendre que ce n’est pas le candidat qu’il a librement choisi. Cette obligation forte n’indique t-elle pas la présence d’une menace et, si menace il y a de quelle nature serait-elle ? Ne perdons pas de vue que ce candidat a fait l’objet de propos racistes tagués sur un mur lors du premier tour de l’élection.

Il importe de savoir que David Riché est censé être membre de l’AGEG (A Gauche En Guyane) et qu’il était soutenu officiellement pour cette élection par le PSG (Parti Socialiste Guyanais) qui se réclame de gauche et qui a appelé à voter pour le candidat Rimane au deuxième tour.

Apparemment, une telle déclaration d’un candidat n’a interpellé aucune conscience… publique ou privée. La question est la suivante : Sur le territoire hexagonal, une telle annonce serait-elle possible et plausible ? Attention à la réponse. Si l’on dit oui, le problème de la République en tant que régime est gravement posé, d’autant que la République française est une et indivisible ce qui fait qu’elle est unitaire. D’autre part, elle s’est constituée en opposition à la monarchie, autrement dit à la tyrannie. Si l’on dit non, cela pose le problème de l’impartialité de la République sur l’ensemble de ses territoires. De surcroît, si l’assimilation est une application injective et justifie l’article 73 de la constitution, force est alors de constater qu’il n’y a pas d’injection donc pas d’assimilation. Le territoire n’est donc pas à considérer comme faisant partie de l’identité législative. Autrement, cela signifierait qu’on serait donc maintenu dans une sorte d’unité fictive et d’une égalité de forme.

Une telle déclaration pose le problème de la transparence lors des élections, des rapports de force, des tracasseries administratives, techniques et financières, des pressions exercées sur certains élus. Elle pose également la question de la corruption morale, du chantage. Enfin, elle interroge les fondements de la démocratie c'est-à-dire la séparation des pouvoirs. Si un élu de cet acabit arrive à un tel point d’impuissance, on pourrait admettre légitimement qu’il s’agit d’un début de preuve que l’on est installé sur ce territoire dans une illusion démocratique.

Cessons donc cette hypocrisie politique et appelons un chat un chat. A quoi correspond réellement notre territoire par rapport à la constitution ? N’importe quel individu avec un minimum de réflexion trouverait la réponse. Il suffirait de lire la constitution de la quatrième République qui est un des piliers de la cinquième pour comprendre l’enjeu que représente notre territoire. A partir de cette observation la prospective est différente selon l’angle dans lequel on se place. Si l’on se situe dans l’angle de la quatrième République enjolivée par la cinquième, « Aucun clou ne doit sortir… » de ce territoire. Si l’on se situe dans la contestation objective et structurée de ce qu’implique ce schéma constitutionnel, c’est la dignité qui apparaît comme une force pouvant transformer l’avenir de ce territoire et donc une prospective positive.

A chacun sa conscience et à tous la responsabilité de construire un présent et un avenir meilleur.

 

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28 février 2018 3 28 /02 /février /2018 14:47

Subitement, je ne peux pas intervenir directement sur mon mur Facebook alors, qu’hier c’était possible. Qu’à cela ne tienne, il y a heureusement d’autres supports d’expression. Guyane Première Radio, surfe sur les idées de l’extrême droite. Ça fait quel effet ? Alors que la Préfecture nous a classés à Gauche comme nous l’avons précisé, ce media au lieu de faire de l’information, par l’entremise de certains de ses journalistes, essaie d’embrouiller les auditrices et auditeurs. Bien que je ne peux disposer de la bande sonore de l’émission du lundi matin 26/02/2018, il prétend que nous surfons sur les thèmes de l’extrême gauche.

Il serait intéressant de savoir quel est le contrat d’objectif de cette radio publique signé avec l’État et quel est le contenu du cahier des charges. Lorsque l’on voit l’état dans lequel se trouve la société on peut légitimement s’interroger sur son rôle d’informations et sur sa conception du divertissement. Il s’agit d’un media public qui fonctionne avec les deniers publics. Cela a une signification je pense… C’est vrai, on ne s’attend pas à la performance des journalistes de médiapart (incorruptibles, investigateurs, esprit critique etc), je reconnais qu’il y a quelques uns qui pourraient rivaliser avec cette trempe de journalistes mais peuvent-ils le faire ?

Les auditeurs, les auditrices sont plus cultivés qu’autrefois. Ils sont très peu à absorber, sans analyse critique, ce qui est offert par ce media. En quoi nos thèmes ressemblent à ceux de l’extrême gauche ? L’Education et la formation pour tous afin de sortir la société de cette vague d’incivilité et de violence ? La cantine gratuite pour faire en sorte que les enfants soient bien nourris pour mieux apprendre et permettre le développement agricole du territoire ? Une santé de meilleure qualité qui soit en adéquation avec l’objectif d’une meilleure éducation ? En quoi nos thèmes seraient-ils d’extrême gauche ? Parce que nous  sommes résolument contre la corruption morale et financière, contre le pillage de nos ressources naturelles, contre la Bio-piraterie qui dépossède nos compatriotes Amérindiens et Bushinengués  de leurs savoirs et cultures ancestraux ? Parce que nous sommes contre l’exploitation de la montagne d’or et ses balivernes d’emplois et de pseudo développement économique ?
 
Oui, notre conception de la société est différente de celle que portent les autres candidats. Nous sommes insensibles à vos caricatures, vos manipulations. Si ça peut vous narguer, j’en suis ravi. Pour votre culture, nous sommes autonomistes. Et cela n’a rien à voir avec l’extrême gauche que nous respectons. Nous sommes dans le jeu démocratique que certains ne respectent pas et pour lesquels vous avez la bouche cousue. Nous ne prônons pas la révolution, nous n’avons recours ni à la violence ni au terrorisme. Vos amalgames vous ressemblent un point c’est tout.

Vous avez classé Jean-Luc Mélenchon, lors des élections Présidentielles à l’extrême gauche. Aujourd’hui qu’il soutient Davy Rimane, vous n’avez rien trouvé d’extrême gauche et vous osez penser que vous faîtes de l’information… Vous êtes surtout un candidat non officiel à cette élection législative partielle en utilisant le support public que tous les contribuables paient. Nous vous soupçonnons d'oeuvrer pour les forces de l'argent liées au projet Montagne d'or. Notre existence, vous allez la supporter n’en vous déplaise. Nous sommes majeurs et nous l’assumons par notre sens des responsabilités et parce que le territoire s’est suffisamment délité.

Nous continuerons à dénoncer les injustices qui frappent notre société. Comme le fait que vous faites intervenir Monsieur Mélenchon sur le média alors qu’il est le soutien officiel de Davy Rimane. Ce n’est pas lui qui est candidat. Son temps de parole doit être compris dans celui de Davy Rimane. Qu'est-ce que vous faites de l'équité ? Nous sommes dans une élection législative partielle pour des raisons bien précises. Commencez par respecter la loi.

Électrices et électeurs le temps est venu d’exprimer votre dignité.

 

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25 février 2018 7 25 /02 /février /2018 16:47

J’ai rencontré un anticolonialiste qui m’a demandé de mettre la pédale douce sur Mélenchon car, il aurait été le seul grand candidat à avoir tenu le drapeau guyanais lors des mouvements sociaux dont l’apogée se situe en mars 2017. Il a enchainé en me disant qu’il nous avait soutenus lors des élections législatives de juin 2017.

Ces propos m’ont désagréablement surpris, déjà sur leurs inexactitudes, puis, sur le fait qu’il ne faut pas grand-chose pour être anticolonialiste. J’ai bien compris que son favori est Davy Rimane. Je le lui ai dit et je trouve cela légitime comme il est légitime que mon favori soit Richard Joigny. Par contre, je ne me permettrai pas d’appeler une équipe concurrente pour lui dire comment mener sa campagne. Il est important que l’on sache que personne n’est en mesure de manipuler les militants du Parti Progressiste Guyanais ni sur le plan émotionnel, ni sur le plan rationnel.

Je rappelle que la France Insoumise n’a jamais soutenu la candidature de Richard Joigny. Nous avons eu un échange avec la Guyane Insoumise qui nous a proposé une Charte de la France Insoumise que nous avons refusée de signer. Deux jours avant le scrutin de juin 2017 les membres de la Guyane Insoumise ont produit un communiqué pour faire savoir qu’ils soutenaient la candidature de Richard Joigny et non celle de celui qui avait reçu le mandat national. Ceci montre à quel point il y a de vrais hommes et femmes de gauche en Guyane de morphologie apparente diverse.

Au-delà du fait que Richard Joigny est membre de notre Parti. Je le préfère à Davy Rimane lequel a trop fait d’esquives au regard de la situation de la Guyane, pays sous-développé avec un si énorme potentiel.

Sur les propos de Mélenchon « L’élection législative est nationale… C’est à Paris que ça se décide », Il s’est contenté de dire lors de son premier meeting : «Ce sont les propos de Mélenchon». Ce n’est pas très courageux. Il laisse seulement entendre que ça n’engage que l’auteur mais pas lui. L’auteur était absent de ce meeting. Quid maintenant de l’existence d’une charte entre les deux…

Sur la Montagne d’or, il esquive encore en laissant croire qu’il est avec la «pédale douce» contre le projet après avoir écouté tout le monde. Il était candidat en juin 2017 et ce projet était déjà là. Bien sûr, pour mieux voir l’esquive il suffit de l’entendre dire que le projet ne sera pas au centre de la campagne. Pourtant, cette élection est sur la deuxième circonscription où se trouvent les ressources naturelles. Là où il y a déjà de la Bio piraterie. Pour ce qui concerne le projet CMO, Il s’agit d’une ressource non renouvelable, d’une activité extrêmement polluante, destructrice de l’environnement, d’une superficie représentant 65% de celle de la commune de Cayenne. Il n’y a aucune retombée pour le territoire mais pire, l’or est extrait en tant que matière première puis va alimenter quasiment pour sa totalité l’industrie aurifère de la joaillerie qui est le segment de la demande le plus important avec ses 57% de part de marché.

Sur le face à face avec Richard Joigny, il a préféré envoyer sa suppléante. Une esquive de plus. On comprend que sur un scrutin de liste, le principal concerné se fait remplacer par un colistier mais pour les législatives ce n’est pas acceptable surtout que l’on sait dans quelles conditions le ou la suppléant(e) est appelé(e) à remplacer le titulaire. Trop d’esquives tuent l’esquive qui peut être assimilée à de la poltronnerie.

Les citoyens ont besoin d’un représentant en mesure de faire face aux difficultés, capable de se faire entendre démocratiquement à l’instar de Léon Gontran-Damas, Justin Catayée, Elie Castor pour ne citer que nos chers disparus, d’un représentant qui ne se contente pas de rencontrer les ministres voire leurs collaborateurs dans les salons. IL faut un représentant qui au-delà des missions habituelles d’un parlementaire arrive à transcender sa mission première pour se faire accompagner par d’autres vrais progressistes de l’Assemblée Nationale afin de résoudre la problématique existentielle de notre territoire. En ce sens, nous devons croire en Richard JOIGNY, seul candidat différent de tous les autres.

A ceux qui se sont toujours abstenus venez et donnez un coup de main à ceux qui iront voter comme d’habitude en ayant fait le choix de Richard Joigny et de sa suppléante Claire Albanési.

 

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8 février 2018 4 08 /02 /février /2018 03:47

Dans "A pa mo ki di" du 2 février 2018, il est reproduit les propos de Jean-Luc Mélenchon quant à l'élection législative partielle en Guyane :"Il y a des amis qui ne sont pas contents qu'on désigne depuis Paris, c'est à Paris que ça se décide, parce que c'est une élection nationale, parce que nous voulons une alternance homme-femme.[...]. En juin, mes amis ont choisi un candidat [...] à la fin on a fait 1,37%. On ne participe pas à des élections pour faire 1,37%. On y va pour gagner".

C'est triste pour ses amis de "Guyane Insoumise" qui croyaient mener un combat pour des valeurs universelles et d'apprendre à partir de ces propos graves que la fin justifie les moyens. Tous les candidats vont à l'élection pour faire gagner leurs idées. Ils ne sont pas tous opportunistes et la fin ne justifie pas n'importe quel moyen. En tout cas, ces propos ne concernent pas  notre candidat Richard JOIGNY qui a fait près de 6% pour sa première élection. Ce n'est pas sa candidature qui a été validée en juin par Paris. "Guyane insoumise" l'a rejoint deux jours avant le scrutin. En tout état de cause les propos sont choquants pour un pays qui a connu des déportations et tout ce qui touche à la dignité humaine.

Nous savons que Jean-Luc Mélenchon est d'une grande culture et, il connaît parfaitement la Guyane et la nature du lien qui la lie à l'Hexagone. Ce n'est pas lui faire injure que de lui rappeler que de tout temps, c'est de Paris que ça s'est toujours décidé. Ses propos sont donc, dans la continuité de ce qui s'est toujours fait depuis la départementalisation de 1946 avec les partis de gouvernement de droite comme de gauche. Avant, c'était la colonisation. Tous les droits des colonisateurs étaient permis. Les colonisés étaient illégitimes... C'est aussi pour cela que la Guyane est dans ce piteux état.Territoire sous-développé malgré son potentiel tant en termes humains qu'en termes de ressources naturelles. Insécurité défiant l'entendement. Seuil de pauvreté calculé sur une base différente de l'Hexagone alors qu'il y a des disparités entre les Régions qui constituent le territoire hexagonal, pis, la vie est au moins 12% plus cher en Guyane que dans l'Hexagone. Il y a également le pillage de nos ressources naturelles qui pénalisent les générations en vie et encore davantage les générations à venir.

Oui, Jean-Luc Mélenchon est un grand intellectuel, un grand penseur. Par ses propos, je ne peux m'empêcher de faire le parallèle avec les grands penseurs qu'étaient Montesquieu, Victor Hugo, Voltaire etc. avec leur nuance relative à la morphologie apparente.

Oui, l'élection législative est nationale mais concerne des circonscriptions qui ont leur spécificité. Le député est censé être un élu d'une circonscription de 100 000 habitants. Il doit rendre des comptes à ses électeurs. C'est un engagement qui ne peut souffrir de la soumission. Son rôle aussi est de chercher au sein de l’Assemblée Nationale de vrais humanistes capables de se sentir concernés par la cause qu’il porte. C’est en ce sens que c’est une élection nationale.

Perdre les élections avec 1,37% ou avec 19% c'est la même chose si l'objectif est de gagner.

Sur notre territoire l’alternance ne se pose pas en termes d’homme-femme. L’État n’a pas fait ce qu’il faut pour ça. L’alternance se pose en termes d’idées et de valeurs. Si une femme les porte mieux qu’un homme, on se fiche du genre et vice-versa.

Enfin, nous ne serons jamais les soumis de la "France insoumise". Nous n'avons jamais sollicité aucune autorisation ni soutien au niveau national parce que nous savons et nous sommes conscients que l'amélioration de notre situation doit dépendre de nous. Nous avons voulu croire à un humanisme universel. Il se trouve que ces propos nous ramènent à la réalité territoriale.

Au delà de la "France insoumise" il sont nombreux sur le territoire à s'acharner contre le candidat Richard JOIGNY seul à avoir dit ouvertement et clairement qu’il est opposé au projet de la «Montagne d’or» pendant que le candidat soutenu par la «France Insoumise dit qu’il va étudier le projet. A ce stade, s’il ne l’a pas étudié, c’est certainement parce qu’il pense que l’électorat baigne dans l’ignorance. Du coup, on comprend les pressions téléphoniques qui se font sur tel ou tel exécutif pour faire barrage à notre candidat. Mais, nous aimons ça car, "à vaincre sans péril on triomphe sans gloire".

Électrices, Électeurs, notre dignité devrait nous pousser à voter en masse pour Richard JOIGNY.

 

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2 février 2018 5 02 /02 /février /2018 02:44

Cet article est un extrait de : « Mon esprit, nos responsabilités, notre galaxie ».

"Si l'architecte qui a conçu notre univers devait se fâcher pour ce que les humains font endurer à son œuvre, il les sanctionnerait sérieusement. En raison de l'incertitude de cette sanction, nous devons réagir et faire entendre notre voix contre les idioties humaines, leurs inepties, leur arrogance".

La société guyanaise est en crise mais pas de celle qu’on veut nous faire croire. Les effets négatifs voire nauséabonds que l’on constate ne sont que les causes d’une vraie crise qui est celle d’une absence d’idéal. Donc, une crise d’idéal. Si nous admettons qu’une société est un système, nous devons comprendre qu’elle est fondée sur une logique, c'est-à-dire un ensemble de règles qui permet de bien l’identifier et de trouver son fonctionnement cohérent et efficace. Un système n’est pas une photocopie. Il est la concrétisation de ce qui a été pensé. Ce qui a été pensé est une "réalité fictive" qui doit pouvoir être accessible à la réalité "réelle". La réalité fictive est la vision théorique de ce que l’on veut construire. Elle est bâtie à partir d’un idéal, autrement dit un modèle de société. La réalité réelle est, à partir de la mise en application de cette vision théorique, notre vécu. Elle devrait tendre le plus proche possible de la réalité fictive.

Il s’ensuit que la société ainsi pensée devrait porter en elle les valeurs collectives indispensables au bien-être individuel et collectif. Qu’en est-il de notre société ? Elle ressemble à un robot dont la partie conceptuelle est remplacée par un logiciel conçu à partir de la réalité fictive du territoire hexagonal. Comme tout logiciel, il est un programme qui fonctionne sous certaines conditions. Celui que nous avons "bugue" en permanence parce que le langage des représentants de notre territoire est très peu adapté aux instructions du logiciel. Même un compilateur ne pourrait pas effectuer la traduction entre les deux. A partir de là, on peut comprendre ce que l’on a décidé d’appeler crise. Crise économique ? Foutaise ! Crise sociale ? Foutaise ! Crise identitaire ? Foutaise !

Une crise est un retournement d’activité. En quoi notre organisation sociétale est l’expression d’un retournement… A quel moment nos échanges économiques, intellectuels, culturels, cultuels ont été prospères pour voir aujourd’hui une récession ? Il n’y a que ceux qui ont un imaginaire déformé, délavé pour croire en cette ineptie. La demande globale c'est-à-dire la demande de biens d’investissement et de biens de consommation est saturée… La Mairie de Kourou qui cède 2 tiers de ses actions à la SNI relève d’une crise de suréquipement… L’État et le CNES détenaient déjà 51,8% du capital de la Simko, il y avait crise pour céder 2/3 de 40% d’actions au point d’être en dessous de la minorité de blocage CTG comprise… Le pillage de nos ressources naturelles entre autres, l'activité aurifère avec la destruction de notre faune et de notre flore par des multinationales sont la réponse à notre situation...

Le logiciel du système qui s’est substitué à notre réalité fictive a introduit dans nos circuits mentaux la métaphore de « l’assisté par assimilation » qui comme un virus attaque notre esprit d’initiative, notre sens des décisions et de responsabilité. En tout cas pour nombre d’entre nous. En tant que progressistes nous devons éradiquer cette métaphore pour redevenir ce que nous n’aurions jamais dû cesser d’être, des êtres humains complètement achevés capables d’harmoniser notre environnement et d’être interactifs au sein de la communauté humaine à laquelle nous appartenons. Rompre avec cette métaphore c’est conquérir sa liberté, son autonomie d’esprit, c’est tendre vers la maîtrise de son destin, celui auquel on rêve. En cela, le choix de vie dépasse la morphologie apparente. Il se construit avec ceux qui ressentent une souffrance générée par le mal-vivre, le mal-être. Serions-nous la seule communauté humaine qui n’aurait pas un avenir à construire à partir de son territoire ? la seule communauté d’hommes et de femmes à ne pas s’identifier à son territoire… Comment donc, comprendre notre existence dans l’espace que nous occupons s’il nous est étranger…

 

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