Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de Jean-Marie Taubira
  • : Je suis Président du CRAPAG (Cercle de Réflexion et d'Action pour l'Avenir de la Guyane), Depuis le 10/12/2008, je suis le Secrétaire Général du Parti Progressiste Guyanais (PPG). Mon ambition est l'élévation de la conscience collective
  • Contact

Recherche

20 mars 2010 6 20 /03 /mars /2010 01:04
Il y a un proverbe arabe qui dit que c’est de la confiance que naît la trahison. Doit-on en déduire que si l’on ne veut pas être trahi il ne faut faire confiance à personne ? Doit-on déduire qu’en politique il ne faille nullement faire confiance ? Si la politique n’existe que parce qu’il y a des hommes sur un territoire et qu’il faut les organiser pour favoriser la cohésion sociale et éviter la règle selon laquelle « la raison du plus fort est toujours la meilleure », il est indispensable d’accorder sa confiance à des camarades de lutte pour atteindre les objectifs… Est-ce à dire que la trahison serait donc un attribut de la politique… Elle serait donc inévitable !

Nous avons peine à croire cela. En effet, au dessus de la politique il y a la culture et, la trahison est un problème culturel. Il en va de même des principes idéologiques. Ils ne peuvent avoir de la consistance que s’ils émanent de la culture. Pour exemple, le choix entre l’article 73 et l’article 74 est culturel et non politique. Ceci nous permet de dire que le Maire de Cayenne est dans sa logique. Son comportement est au niveau de sa dimension culturelle. Le fait de posséder des titres universitaires ne prouve pas la qualité de son intelligence. On peut être universitaire et n’être qu’un perroquet bien entraîné… Lorsque l’on fait référence à ses diplômes il faut les accompagner de la preuve du niveau de son Q.I. Bien entendu, il y a des universitaires intelligents. En général, ils s’expriment et on les juge sur leur démonstration.

Avec le Maire de Cayenne actuellement en fonction, certains média tentent d’élever en vertu la trahison… Si l’on retient le proverbe arabe, comment a-t-on pu lui faire si souvent confiance lorsque l’on entend le nombre de personnes qui se disent victime de sa trahison ? Personne n’avait observé qu’il avait une sacrée expérience dans ce geste qui brise la loyauté…

Nous retiendrons certaines postures qui en disent long. Dire qu’on est de gauche et porter une liste de droite, c’est trahir ses principes. Dire qu’on est humaniste et demander à des français d’origine asiatique sous le vocable de communauté chinoise de voter pour soi…, dire qu’on est humaniste et traiter avec des français d’origine haïtienne sous le vocable de communauté haïtienne pour voter pour soi…, dire qu’on est humaniste et demander à des français d’origine brésilienne sous le vocable de communauté brésilienne, de voter pour soi…, dire qu’on est humaniste et traiter avec des français d’origine hmong, sous le vocable de communauté hmong, pour voter pour soi, tout cela est bien une trahison de ses principes. Enfin, mener campagne et dire à des citoyens qu’on ne détruira pas leur maison et proposer le contraire après avoir été élu, c’est bien une défiance de ses devoirs envers les citoyens et donc une trahison.

Lorsqu’une partie de l’électorat se laisse prendre par de tels arguments, force est de constater qu’il y a un problème culturel de fonds au sein de notre société. Par suite, la politique qu’il y a à mener relève davantage de la détermination idéologique, de la conviction militante que de l’exercice d’un métier bien rétribué.
Partager cet article
Repost0
18 mars 2010 4 18 /03 /mars /2010 21:32
L’enjeu essentiel de l’élection régionale en Guyane

Le premier tour de l’élection a eu lieu. Mesdames et messieurs, le premier acte de ce théâtre est terminé, le rideau est tombé, passons au second acte.

Ce second acte, ce sont les électeurs et les électrices du dimanche 21 mars qui vont l’écrire. L’enjeu est la Collectivité unique et il est suffisamment capital et grave pour que je m’octroie la réflexion ci-dessous et que je la livre à votre sagacité.

Je veux porter ma réflexion à partir des deux faits suivants :

a)    La collectivité unique sera mise en place alors, que 72,58% des électeurs de Guyane se sont abstenus. 9914 électeurs sur 67528 inscrits ont voté OUI lors de la consultation du 24 janvier 2010. C’est donc l’obligation de résultat qui conduit à la mise en place de ladite collectivité. A titre d’information, 9448 électeurs sur 67528 inscrits ont voté OUI lors de la consultation du 10 janvier 2010 pour la collectivité d’outremer relevant de l’article 74.

b)    La Guyane a une superficie de 90000 km². Elle est un département de droit commun en Amérique du Sud.

A partir de ces deux éléments en interférence, j’ai bâti mon analyse et, parmi les deux listes qui sont en présence j’élimine celle qui me paraît porter un préjudice grave à l’avenir de la société guyanaise.

Nous sommes dans l’article 73 avec une collectivité unique (art. 72), ce qui tendrait à défier le principe de l’identité législative dans la mesure où dans l’Hexagone, la Région et le Département existent en superposition. Néanmoins, si la logique est écorchée, le Droit constitutionnel l’admet. « Faisons contre fortune bon cœur ».

La nouvelle collectivité unique n’a pas de contenu. Nous l’avons suffisamment dit jusqu’à la veille de la consultation du 24/01/2010 pour feindre de ne pas le savoir. La cause est entendue. Le Département et la Région vont faire l’objet d’une fusion qui va donner naissance à la Collectivité unique. Des discussions avec l’Etat par l’entremise du Gouvernement vont permettre de fixer le contenu de la nouvelle Collectivité. Le Président de la République a fait savoir lors de son Passage en Guyane, dont d’aucuns supposent qu’il était venu apporter son soutien à Rodolphe ALEXANDRE, que le nombre de conseillers ne sera pas l’addition de ceux des deux collectivités (Région Département). Vous devez être certainement comme moi en pensant que les choses simples sont souvent et très souvent fausses.

La France Métropolitaine est étendue sur 543 965 km². Elle compte 96 départements pour 3879 cantons. Nous pouvons légitimement penser qu’un département compte 72 cantons et par voie de conséquence 72 conseillers généraux en moyenne. Bien sûr, il y a des modulations à faire en fonction de la superficie et du nombre d'habitants. Toujours est-il que l’essentiel reste une bonne représentation des populations du département.

La superficie moyenne d’un département en France Métropolitaine est de 5985 Km². Si nous faisons abstraction de la population moyenne d’un département médian c'est-à-dire 511 012 habitants et que nous nous consacrons à la superficie du territoire, la Guyane avec ses 90000km² de superficie soit, le 1/6éme de la France, pourrait prétendre à 15 ou 16 départements selon que l’on retienne la superficie globale ou la superficie du département médian. Mathématiquement, il n’est pas insensé de dire que la Guyane devrait compter jusqu’à : 15 * 72 = 1080 conseillers généraux. En raison de la faible démographie, il serait stupide de penser que cette réponse ait notre agrément. Néanmoins, cette démonstration a pour objectif de démontrer que la solution n’est pas si évidente que cela et qu’il faudrait que les élus qui auront à discuter avec l’Etat ne soient pas des béni-oui-oui. Mais qu’ils pensent aux intérêts propres de la Guyane dans la République et que les populations qui sont réparties sur le territoire, malgré l’occupation importante de la forêt, soient bien représentées.

Ces élus devraient être imprégnés de l’indivisibilité du territoire et de la haute nécessité de son unité pour conjurer la décohésion sociale et faire en sorte que les ressources naturelles soient au service de la croissance économique au profit du territoire et de sa population.

De ce que j’ai observé ces deux dernières années tant au niveau des promesses municipales non tenues qu’au niveau des équilibres financiers d’Etablissement Public, des comportements durant les joutes électorales, la liste conduite par Rodolphe ALEXANDRE m’apparaît comme celle qui ferait plus de tort à la société guyanaise. Elle apparaît trop complice avec le Pouvoir en place dans l’Hexagone pour défendre les intérêts propres de la Guyane. Elle traite les français en termes communautaires (communauté chinoise, communauté haïtienne, communauté hmong, communauté brésilienne). Or, les étrangers ne votent pas, pour le moment, d’après la constitution française. Cette segmentation ethnique de la population française est dangereuse pour l’avenir et rappelle les méthodes du réseau Jacques Foccart en Afrique. Par ailleurs, c’est une liste qui montre toute l’arrogance de l’argent dans une société où la pauvreté ne cesse de progresser. Son parti pris pour l’invasion des multinationales sur notre territoire est opposable à la croissance verte plus adaptée aux PME et TPE.

Pour notre bien-être, pour la cohésion sociale, pour la justice sociale, économique et culturelle, il faut faire barrage à la liste conduite par Rodolphe ALEXANDRE.

partiprogressisteguyanais.net
Partager cet article
Repost0
2 mars 2010 2 02 /03 /mars /2010 02:12
Les élections régionales auront lieu les 14 et 21 mars 2010. La campagne officielle débute le 1er du même mois. Le Président de la collectivité régionale de Guyane a décidé de ne pas se représenter. Du coup, le scrutin apparaît ouvert. Cette situation est peut-être à l’origine des dix listes qui concourent à ce scrutin. En effet, quatre conseillers sortant sont têtes de liste et une conseillère sortante est en deuxième position sur une liste. Tous les partis politiques sont présents dans cette élection à l'exception de l'UMP :

•    AGEG, A Gauche En Guyane
•    PPG, Parti Progressiste Guyanais
•    WALWARI
•    MDES, Mouvement de Décolonisation et d’Emancipation Sociale
•    PSG, Parti Socialiste Guyanais
•    PS, Parti Socialiste Français
•    Guyane Ecologie (Vert Guyane)
•    FDG (Force démocratique de Guyane)

Quatre têtes de liste sont censées n’appartenir à aucun parti ou, elles n’ont pas reçu l’aval de leur parti. C’est le cas des listes conduites par PREVOT-MADERE, AREL, FOSSE. La liste conduite par Rodolphe ALEXANDRE est particulière. Celui-ci est un dissident du PSG qui se dit à gauche et qui a reçu l’aval de la majorité Présidentielle. C’est celui qui dans une même phrase dit une chose et son contraire. Par exemple, il insiste en disant qu’il est un homme de gauche et dans le même temps, il précise qu’il n’y a pas d’idéologie et que la droite et la gauche sont des concepts qui n’ont rien à voir dans la société guyanaise. et pourtant il dit qu'il est de gauche. Je me permets de dire qu’un opportuniste, qu’un carriériste, qu’un individu doté d’une ambition personnelle démesurée n’en dirait pas moins.

Le Parti progressiste Guyanais dont je suis le Secrétaire Général a pris l’option de l’alliance avec « A Gauche En Guyane ». Cette alliance s’est faite sur la base des principes et des valeurs pour faire en  sorte que nos actions soient lisibles pour les  citoyens de Guyane. Les principes partagés sont :

•    La liberté absolue de conscience
•    La liberté de communication audiovisuelle
•    La liberté de Culte
•    La liberté d’enseignement

Les valeurs partagées sont entre autres :

•    La loyauté
•    La responsabilité
•    Le travail
•    Le courage
•    La dignité

Notre alliance a pour objectif de faire progresser la cohésion sociale, d’apporter une réponse économique en coresponsabilité avec l’Etat quant aux enjeux de développement du territoire. Forts de cette alliance, nous allons convaincre les électeurs de porter leur suffrage sur notre liste.
cberthelot-guyane.fr
partiprogressisteguyanais
Partager cet article
Repost0
18 janvier 2010 1 18 /01 /janvier /2010 04:40
Le débat concernant l’article 74, en pour ou contre, avait du sens. Il avait de la substance. Au centre du débat il y avait un creuset dans lequel se trouvaient des compétences transférables appartenant à l’Etat telles que les affaires maritimes, l’agriculture, l’urbanisme, l’aménagement rural, le tourisme, les mines, l’environnement, le foncier etc. Des compétences qui sont primordiales pour tout développement d’un territoire.

Pour pouvoir bénéficier de ces compétences, il fallait être sûr d’avoir le sens des responsabilités, d’avoir la conviction de pouvoir mieux les utiliser que l’Etat, de pouvoir faire preuve de plus d’efficacité dans leur gestion, enfin d’avoir du discernement dans la manière de conduire les affaires publiques.

Cette posture se justifiait par les propos de plusieurs ministres de passage (Mmes Fadela Amara, Marie Luce Penchard entre autres) qui avaient signifié que la Guyane ne pouvait continuer à être gérée à huit mille kilomètres.  Mais, également par le mea culpa d’anciens Premiers ministres plus particulièrement Monsieur Michel Rocard qui disait, de mémoire je cite : « il n’y a jamais eu de plan de développement pour la Guyane ». En fait, cela signifiait : vous pouvez certainement mieux faire sur place.

Cette logique est celle de la trilogie républicaine Liberté, Egalité, Fraternité. Elle sous-tend qu’en tant qu’être humain complètement achevé on le peut puisque l'on n’est pas censé être différent des autres fils et filles de la nation. Donc, cette lutte entre les « pour » et les « contre » était excitante, exaltante, enrichissante, prenante pour tous ceux  qui essayaient de se dépasser dans la réflexion, dans les argumentaires tant philosophiques que politiques. On en sort forcément grandi.

La consultation du 24 courant n’apparaît pas, à mes yeux, stimulante, jouissive. Elle me donne l’impression d’un agencement du statut quo. Il n’y a pas de transferts de compétences sinon cela mettra en porte à faux le principe de l’assimilation.

En conséquence le débat pour ou contre l’Assemblée unique m’apparaît comme anachronique. Où se situe l’homme dans tout cela ? Quelle est sa relation avec l’innovation ? Où est l’audace ? A quand l’expérience de la vraie décision ? A quand l’expérience de l’initiative ?

Je me souviens, à travers mes lectures, lorsque la France décida de créer le CNES en Algérie à Hammaguir, elle n’avait pas d’expérience. Elle avait de l’audace. En raison des circonstances douloureuses, elle a atterri au niveau de l’équateur à Kourou. Elle a acquis son expérience et ses lettres de noblesses en passant par le lancement des fusées sondes. C’était hier. L'audace donc précède l'expérience.

Pour le 24 je suivrai la consigne du partiprogressisteguyanais.net
Partager cet article
Repost0
13 janvier 2010 3 13 /01 /janvier /2010 14:22
Le verdict des urnes à l’issue de la consultation populaire du 10 courant est moins triomphaliste qu’il peut laisser croire. En premier lieu, lorsque le gouvernement propose un référendum, c’est en principe pour que la réponse soit positive. En second lieu, le taux d’abstention de près de 52% sur une question aussi déterminante sur l’existence interpelle forcément la conscience.

La formulation de la question référendaire devait laisser penser que la réponse positive devait être le Oui. Or, c’est le Non qui l’emporte avec un segment de la société (48%). Le porte parole du gouvernement, dans le cadre de sa mission, de conclure que ce résultat est une déclaration d’amour à la France. Etant donné que la question était plus d’autonomie pour les territoires en question, il nous invite à déduire que la déclaration d’amour ne peut se concevoir que dans la subordination. N’est-ce pas étrange ? N’est-ce pas un état d’esprit de l’Hexagone à l’égard de ses périphéries ?

Il est utile de préciser que lorsqu’on interroge les citoyens qui ont voté pour le Non, la quasi-totalité des personnes interrogées répondent qu’elles ne voulaient pas perdre leur RMI ou leurs allocations. Tirez les conclusions que vous désirez. Certes, le vote du Non n’était pas que cela, il y a forcément le désaveu des principaux élus sans que l’on perçoive objectivement les raisons de cette fixation puisque l’essentielle des compétences qui garantissent le développement relèvent de l’Etat. Il y a aussi ceux qui avaient un intérêt réel dans le maintien de l’article 73 ne serait-ce que sous la forme utilitaire et également dans le fait de ne pas transférer leur pouvoir selon l’adage que celui-ci ne se donne pas et ne se partage pas. La page de Une du seul quotidien de la place "France-Guyane" du lundi 11 janvier 2010 est interpellante si on considère qu'il y a une intrigue par rapport aux autres élections locales.

La secrétaire d’Etat à l’Outremer par sa déclaration fait à mon sens une lecture sonique de l’expression des urnes. Une chose étrange, on entend que les guyanais se sont exprimés de manière claire et nette. Je pense qu’il est plus objectif de dire que les français de Guyane se sont exprimés de manière claire et nette. Ce vote a également permis de voir comment la société guyanaise est fragmentée et comment on peut observer le vote communautarisé. L’électorat était composé de français nés en Guyane d’origine diverse, de français nés dans l’Hexagone ou dans d’autres territoires français et sédentarisés en Guyane, de français nés ailleurs qu’en Guyane mais non sédentarisés, autrement dit, de passage pour des engagements professionnels, entre autres, qui peuvent s’étaler sur une période comprise entre 1 et 5 ans, de français naturalisés.

Cette observation est objective et pour les sociologues, il serait instructif d’analyser les listes électorales après cette consultation notamment, celles des principales communes à savoir : Cayenne, Rémire-Montjoly, Matoury, Kourou, Saint-Laurent du Maroni. On pourrait à partir des éléments du précédent paragraphe avoir des indicateurs précis. Par exemple : la typologie des abstentionnistes du style,  Citoyens français nés en Guyane et n’ayant pas voté en précisant leur pourcentage par rapport à l’abstention. On en ferait de même pour les votes exprimés : exemple Citoyens français nés hors de Guyane, par catégorie, nombre obtenu et rapporté à leur totalité, cela permettrait de voir leur engagement civique. On pourrait également faire la même opération sur les dernières élections municipales et comparer les mêmes ratios. On serait en présence d’indicateurs significatifs. A ces données statistiques il ne serait pas ininteressant d'associer les rumeurs qui ont circulé durant la campagne tant en ce qui concerne les consignes de vote communautarisées alors que tous les électeurs sont censés être français, qu'en ce qui concerne les peurs relatives aux pertes des acquis et des titres de propriété.

Enfin, je me suis interrogé sur la neutralisation intégrale du pont du Larivot. Je me suis demandé s’il n’aurait pas été judicieux jusqu’aux élections régionales de laisser le pont ouvert de 5 heures jusqu’à 19 heures en n'autorisant que les véhicules légers. Ceci respecterait davantage la liberté de circulation des personnes. Si ce pont qui sépare la partie Ouest de la Guyane en deux est dans un état tel qu’il ne pourrait supporter les véhicules légers, cela signifierait que le pont n’aurait pas que le handicap de la pile n°13,  mais, pire que cela. On pourrait l’assimiler à la catastrophe du mont Cabassou. N’est-ce pas étrange ? Cette situation a sans aucun doute perturbé tant la campagne que l’accessibilité au vote.
Partager cet article
Repost0
7 janvier 2010 4 07 /01 /janvier /2010 03:59
Ce texte est l'intégralité du discours que j'ai tenu pour la campagne du OUI à l'article 74 quant à la consultation populaire du 10 janvier 2010.

Electrices, Electeurs,


Le 10 janvier c’est dans peu de jours. Nous aurons un acte important à réaliser, celui de faire le choix ou non de l’article 74. Vous avez entendu tant de choses contradictoires et tant de contrevérités alors, vous doutez certainement du choix que vous aurez à faire. Ne soyez pas frileux, soyez audacieux. Tout le monde ne sait pas tout faire, mais, tout le monde sait faire au moins quelque chose. Il y a ceux qui savent mieux faire que d’autres c’est dans l’ordre des choses de la vie, il n’y a pas de complexe à avoir. Qu’est ce que vous ne saurez faire et que vous ne pourrez pas apprendre à faire… Thomas Jefferson Président des E.U. disait : « si tu sacrifies ta liberté pour un peu de sécurité tu ne mérites ni l’une ni l’autre ».

Je voudrais m’adresser particulièrement à la jeunesse de ce pays et à tous ces adultes qui ont conservé leur libre arbitre. Je suis Père de famille et je veux pour mes enfants leur bien-être. Eh bien, ce que je veux pour eux je le veux pour toute la jeunesse de ce Pays. Qu’elle soit d’origine Asiatique, Africaine, Européenne, Sud américaine, Nord américaine, Caribéenne, avec tout le métissage supposé. Je voudrais leur dire : Aimer ce Pays et il vous le rendra. L’aimer c’est le construire sur des valeurs fortes comme la convivialité, la loyauté, le courage, le travail, l’autonomie, la bravoure et l’audace. L’aimer c’est avoir les moyens de son audace.

L’engagement que nous allons prendre est gave parce qu’il fait appel à notre sens des responsabilités et à notre discernement. Ceux qui disent que nous ne sommes pas prêts s’ignorent et ignorent l’histoire de l’humanité. Les sociétés humaines se sont construites sur l’audace et non sur l’expérience. C’est l’audace qui a généré l’expérience.

Nous savons que l’article 73, pour la majorité de la société, nous a cantonné dans la Parole contestataire, il nous a fragmenté, il nous a segmenté, il nous a divisé, il nous a contraint à l’exil, il nous a réduit au chômage, à la mendicité, il a fait pour bon nombre d’entre nous des sans abris, il nous a exposé à l’insécurité. Il est venu le moment d’y mettre un terme.

Il nous faut conquérir la Parole décisionnelle pour construire une Guyane qui nous ressemble à l’image de cette mosaïque de citoyens que nous sommes. Ce Pays qui a tant de richesses. Seul, l’article 74 peut permettre cette conquête par le transfert des compétences essentielles qui sont indispensables à l’essor de toute société humaine.

Enfin, je vous invite à écouter votre bon sens. Il conduit à comprendre que l’avenir c’est la responsabilité or, l’article 74 c’est plus de responsabilité, il s’ensuit que l’avenir c’est l’article 74… Le bon sens conduit également à comprendre que l’avenir c’est la liberté d’entreprendre or, l’article 74 c’est plus de compétences pour entreprendre, on doit en déduire que l’avenir c’est l’article 74.

Faîtes vous confiance et prenez en charge votre destin en allant voter  massivement pour l’article 74, ainsi vous ne pénaliserez pas les prochaines générations.

Merci
Partager cet article
Repost0
4 janvier 2010 1 04 /01 /janvier /2010 22:37
Le texte ci-dessous est la transcription fidèle de mon intervention dans le cadre de l'émission pour l'évolution statutaire diffusée le lundi 04/01/2010 sur RFO GUYANE.

Electrices, Electeurs,

Le 10 janvier, pour la première fois, on ne vous demandera pas de voter pour  telle ou telle personne ou telle ou telle liste. On vous demande indirectement à travers une question qui concerne la société guyanaise de dire quelle opinion vous avez de vous. C’est donc un jour historique et exceptionnel pour notre collectivité humaine. Après cette date, il n’y aura certainement pas d’autres opportunités

En vous posant la question statutaire, indirectement on vous demande si vous avez une haute opinion de vous ou si vous avez une piètre opinion de vous. On vous demande parmi les valeurs que vous cultivez, si vous préférez le courage à la lâcheté, la bravoure à la peur, la loyauté à la veulerie, le travail à la paresse, l’autonomie à la subordination, la parole décisionnelle à la parole contestataire.

On vous demande également si vous voulez être acteur de votre mode de vie ou si vous voulez le subir, si vous voulez la liberté comme réalité concrète et vécue ou si vous la voulez comme utopie.

Dans le cadre de la République, on vous demande si vous êtes prêt à apporter votre contribution sur le plan artistique, technique, économique, écologique et historique ou si vous préférez la passivité de l’homme sans conscience

Par la question qui est posée, on vous demande de quelle culture vous relevez Est-ce celle de l’assistanat ou celle de la dignité

En votant massivement OUI à l’article 74 vous exprimerez la haute opinion que vous avez de vous et vous ferez savoir que le soleil se lève aussi pour vous.

Merci
Partager cet article
Repost0
31 décembre 2009 4 31 /12 /décembre /2009 01:38
La parole appartient à l’être humain. Elle en fait partie intégrante. Pour ce qu’elle a besoin d’exprimer tant dans le domaine de l’affectif que dans celui de l’intellect, elle ne peut être  confisquée, elle ne peut être hara-kiri.

Il apparaît d’une évidence que la parole ne peut être en permanence celle qui évoque le trait distinctif de la subordination. Elle nous renvoie à la communication. Or, pour communiquer en bonne intelligence, il est indispensable qu’il y ait équité dans l’importance accordée à la parole réciproque.

Comment donc arriver à cette équité ? Comme le pouvoir, la parole ne se donne pas, elle se prend, particulièrement, la parole décisionnelle. Dans bien de circonstances, la parole contestataire exprime le jeu de l’insatisfaction, elle fait ressortir les relations de dominés et de dominants, de chefs et de subordonnés, elle en décrit une hiérarchie.

Alors, si les événements conduisent à nous permettre de faire le choix de son appropriation, pourquoi hésiter ? Quels mobiles expliqueraient  ce refus…

Le 10 janvier, les électrices et les électeurs de Guyane iront devant les urnes faire leur choix par rapport à la question statutaire ainsi formulée : « Approuvez-vous la transformation de la Guyane en une collectivité d’outre-mer régie par l’article 74 de la Constitution, dotée d’une organisation particulière tenant compte de ses intérêts propres au sein de la République. »

L’article 74 est la spécialité législative c'est-à-dire qu’il reconnaît la spécificité du territoire et de son environnement. Il admet l’originalité de cet espace temps. En conséquence de quoi, il garantit son autonomie.

Nous aurons ou non la parole que si nous comprenons qu’elle est liée à la liberté. Nous l’aurons que si nous comprenons que le principe d’assimilation n’existe que parce qu’il y a un territoire qui est distinct de l’autre et qu’il ne peut être reconnu comme tel. Ce principe d’assimilation ne peut exister que par sa capacité à absorber l’autre. Par implication, la singularité disparaît au profit de l’uniformité. Cette uniformité fait taire toute revendication spécifique pour qu’elle ait son sens. La parole décisionnelle est donc étouffée et n’existe pas.

Nous aurons ou non la parole que si nous comprenons que nous devons oser, que nous devons nous affirmer, que nous devons nous assumer et que nos convictions et notre détermination soient au service de notre authenticité. Ainsi donc, la conquête de la parole nous permettra  d’exprimer la réalité de notre devenir et de le légitimer. Prendre la parole, c’est conquérir sa liberté, c’est affirmer ses valeurs, son mode de vie, c’est faire émerger sa réalité artistique et littéraire.
Partager cet article
Repost0
15 décembre 2009 2 15 /12 /décembre /2009 00:11
C’est la phrase que la Secrétaire d’Etat à l’Outremer a prononcée à l’encontre des citoyens de Guyane qui manifestaient à juste raison contre les handicaps sérieux que génère l’immobilisation du pont du Larivot. Le millième de cette histoire ne serait pas accepté dans l’Hexagone.

Cette phrase révèle toute la problématique de l’autonomie psychique des individus. Elle est exprimée par une française de l’outremer, guadeloupéenne de son état. Elle aura toujours le loisir de dire plus tard qu’elle ne l’aurait jamais dit en Guadeloupe. Il restera dans la mémoire de tous ceux qui sont épris de la liberté absolue de conscience, que tous ses prédécesseurs ont eu leurs maladresses mais n’ont jamais atteint ce niveau d’humiliation.

Ces citoyens qui manifestaient sont ceux qui ont vu leur coût de transport augmenté sensiblement, ce sont ceux qui ont vu leur vie se transformer subitement, ceux qui constatent le risque qu’ils prennent chaque jour pour gagner leur vie et garantir le minimum à leurs progénitures avec cette déviation de plus de 60Kms sur un chemin départemental tracé depuis la départementalisation centralisée et extrêmement dangereux. Ce sont ceux qui vivent la contraction de leur liberté.

Heureusement que la France est là… pour construire un pont qui, seulement au bout de trente ans, doit être neutralisé entièrement pour effectuer des travaux dont on ne peut actuellement fixer de manière certaine le terme.

La Secrétaire d’Etat à l’Outremer n’est certainement pas au courant que la Guyane est le territoire où s’exerce l’activité spatiale russe et européenne, sans rente foncière, sans rente géostratégique, sans taxe professionnelle. La Guyane c’est aussi l’activité aurifère sans retombée significative pour les collectivités territoriales, c’est l’attribution des permis d’exploitation et d’exploration aux multinationales depuis les ministères concernés sans résultat pour l’économie locale. La Guyane c’est la zone économique exclusive sans effet tangible pour elle. La Guyane c’est une forêt primaire sans rente forestière, c’est la biodiversité dont se vante la France sans conséquence positive pour le territoire en termes économiques et financiers. Elle n’est peut-être pas au courant que la Guyane est cette parcelle de territoire qui contribue à faire de la France la cinquième puissance du monde.

Madame la Secrétaire d’Etat, la Guyane c’est Félix Eboué qui a participé grandement avec le Général de Gaulle à la France libre contre les Nazis, C’est Gaston Monnerville Président du Sénat, C’est René Marand premier Goncourt des colonies. La Guyane c’est d’une certaine manière également, Léon Bertrand, Ministre du tourisme qui a beaucoup donné à la France et très peu à la Guyane en neutralisant les velléités d’autonomie c'est-à-dire la liberté assortie de responsabilité qui l’aurait grandi davantage. La Guyane c’est cette fenêtre sur l’Amérique du Sud avec les géants comme le Brésil, le Venezuela, l’Uruguay.

Et si la Guyane m’était contée, ce serait l’histoire d’un territoire riche avec des gens heureux partageant la convivialité, le bien-être, le bonheur. Un territoire où nul n’oserait humilier sa population tant elle serait consciente de son potentiel et tant elle aurait cherché à confondre ce potentiel à la réalité. Ce serait un territoire avec beaucoup moins de pollution car les guyanais balayaient le sol là où ils vivaient et ils n’auraient pas le temps de lancer les fusées.  
Partager cet article
Repost0
7 décembre 2009 1 07 /12 /décembre /2009 14:04
Il y a des moments où on a l'impression que le temps passe bien plus vite qu'à l'accoutumé. Cela me semble être le cas face à cet enjeu qui concerne notre destin, cet enjeu que certains veulent banaliser. Pour la première fois, au sommet de l'Etat, à partir des revendications significatives exprimées par les citoyens de Guyane, la décision de nous consulter sur notre avenir est prise. Un avenir qui reste encadré dans la République. Vraiment pas de quoi nourrir l'angoisse.

Le 10 janvier c'est déjà demain. Pour une telle question le délai est court, très court pour contrecarrer ceux qui sont davantage préoccupés par l'accession au pouvoir, ceux qui jouent leur carte personnelle, ceux qui pensent surtout à détrôner les califes en place, ceux qui se soucient peu de l'efficacité du système qui doit commander notre destin. Trop court à cause de l'absence de pluralité des média. Trop court, par manque de temps, pour expliquer que le principal média RFO est concerné par cette évolution statutaire et qu'il peut donner le sentiment d'être partial dans le choix des personnes appelées à débattre sur la question relative à la consultation populaire.

C'est notre première consultation et c'est donc notre premier acte de responsabilité. Il s'agit pour nous d'exprimer notre volonté de mettre un terme à ce chômage endémique, de mettre un terme à cette pénurie de logement, de mettre un terme à cette dépendance par rapport à l'extérieur, 90% des produits que nous consommons n'est pas fabriqué dans notre économie. D'en finir avec les décisions qui ont un effet considérable sur notre existence sans que l'on soit tenu informé. Je pense à la construction du pont de l'Oyapock, je pense aux accords internationaux relatifs au pillage de nos ressources naturelles dont on n'a légalement aucune information (Or, Pharmacopée entre autres). De réduire sensiblement l'insécurité par la mise en place d'une économie dynamique. De favoriser l'unité du territoire en mettant un terme à sa fragmentation qui nourrit la xénophobie, le racisme et l'intolérance.

D'emblée, l'article 73 n'est pas celui qui correspond à la réponse à ces aspirations, il est à l'origine des difficultés. En raison de tout ce que j'ai déjà écrit sur le sujet, je me contente de rajouter qu'il est impossible en restant dans l'article 73 de garantir le développement graduel et rationnel de notre société. Le concept même est de nature à générer des ruptures dans l'administration du territoire. En effet, c'est l'Etat qui détient les compétences essentielles qui permettent de créer de la richesse or, celui qui représente l'Etat est le Préfet. Malgré les pouvoirs supplémentaires qu'il a par rapport à ces homologues de l'Hexagone, il ne peut pas garantir la pérennité du développement. Ses compétences personnelles ne sont pas en cause. Il s'agit seulement d'observer que les hauts fonctionnaires du territoire sont nommés pour trois ans. Comment peut-on garantir le développement avec un tel turn-over? Les hommes ne sont pas uniformes. Les successeurs n'ont pas forcément la même posture, le même caractère, la même perception de l'engagement, la même détermination face à l'existence humaine que leurs prédécesseurs. Du coup, les compétences essentielles sont prisonnières de cette logique qui débouche sur l'immobilisme.

D'autre part, opter pour l'article 73 c'est admettre que nous manquons de maturité, de sens des responsabilités. Sans la moindre honte, ceux qui défendent l'article 73 expriment cette idée. En fait, ils disent implicitement que nous ne sommes pas en mesure d'assumer les fonctions de directeur d'entreprises, d'avocat, de médecin, d'architecte, d'expert comptable, d'économiste, de sociologue, de psychologue, d'ingénieur, de psychanalyste, de philosophe, de géologue, de géographe, d'enseignant etc. Si "exceptionnellement" il y en a qui assument ces fonctions, forcément, ils sont invités à relativiser leur posture car, ils seraient surtout dans la logique du : "Au pays des aveugles les borgnes sont rois". Leur parole n'aurait pas le même crédit que celle de leurs homologues de l'Hexagone. A moins que, s'ils occupent  eux mêmes cette fonction, leur ego si prononcé les exclut de cette logique et qu'après eux le déluge.

Le bon sens conduit à comprendre que l'avenir c'est la responsabilité et que l'article 74 étant plus de responsabilité, il s'ensuit que l'avenir c'est l'article 74. Le bon sens conduit à comprendre que l'avenir c'est la liberté d'entreprendre et que l'article 74 c'est plus de compétences pour entreprendre, par voie de conséquence, l'avenir c'est l'article 74.



Partager cet article
Repost0