Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de Jean-Marie Taubira
  • Le blog de Jean-Marie Taubira
  • : Je suis Président du CRAPAG (Cercle de Réflexion et d'Action pour l'Avenir de la Guyane), Depuis le 10/12/2008, je suis le Secrétaire Général du Parti Progressiste Guyanais (PPG). Mon ambition est l'élévation de la conscience collective
  • Contact

Recherche

23 juin 2016 4 23 /06 /juin /2016 18:05

Le Budget de la Collectivité Territoriale de Guyane (CTG) a été voté par tous les élus de la majorité. Les élus de l’opposition se sont abstenus. Autrement dit,  tous les élus de la majorité sont responsables et solidaires devant le peuple de l’exécution de ce budget. Nul n’ignore que l’élaboration d’un budget respecte certaines règles et notamment le principe de sincérité. Il va de soi qu’aucune charge n’a été sous-estimée et aucun produit n’a été surestimé. Dit autrement, le compte administratif qui est l’expression réelle de l’exécution du budget va être sensiblement son image fidèle. C’est  à dire qu’au terme de l’exercice annuel, les écarts constatés ne seront pas très significatifs.

Politiquement, le budget exprime les promesses de campagne de l’actuelle majorité et son programme qui a enthousiasmé les électeurs qui ont porté leur suffrage sur cette liste. C’est pour cette raison que toute la majorité est responsable de l’élaboration et de l’exécution de ce budget.

Je ne vous propose pas d’analyse technique du budget, ni de commentaire sur l’emprunt  de 53 millions d’euros annoncé médiatiquement par le Sénateur-Maire Georges PATIENT, ni sur les opérations d’ordre qui n’ont aucune influence sur la trésorerie de la Collectivité. Si par exemple l’emprunt qui est une ressource et non une recette est une supercherie le doute sera de mise sur les éventuelles complicités.

A travers les lignes qui vont suivre, je souhaite vous faire partager une certaine conception que j’ai d’un budget. J’oublie volontairement les aspects techniques, règlementaires et légaux du budget. Je veux vous convaincre qu’en regardant les grandes masses du budget nous avons une lecture de la politique qui sera menée ou de la non politique au sens noble du terme et bien entendu de son échec  prévisible ou de sa réussite évidente.

Pour cela nous devons admettre certains préalables. D’abord un budget est le cœur d’une organisation humaine sur un territoire donné. Son élaboration doit avoir pour objectif de satisfaire les préoccupations des hommes et des femmes qui vivent sur ce territoire et de permettre l’élévation de la conscience collective afin de garantir l’efficacité communautaire du groupe en termes d’activité. En ce sens me semble t-il le budget est l’affaire de tous. En conséquence nous devons tous faire l’effort de comprendre politiquement le sens d’un budget.

Je vous invite donc à prendre connaissance des valeurs relatives du budget de la CTG. Je vais donc vous énumérez les premiers termes qui accompagnent les pourcentages, il vous appartiendra de faire l’effort pour avoir les intitulés complets.

14% du budget est consacré à l’enseignement supérieur….
1,73% à la sécurité
5,54% à la culture
13,21% à la solidarité
1,25%  aux APA
24,92% au RSA
14,65% au développement des territoires
4,32% à l’accompagnement au développement
3,55% au remboursement de la dette
16,83% au fonctionnement de la CTG

Ainsi est la répartition du budget de la majorité de la Collectivité Territoriale de Guyane (CTG). Abstenons nous de faire une critique politique de ce budget car, il est l’expression du résultat des urnes.  Quand bien même on pourrait s’interroger sur le caractère dit démocratique de ces élections il nous faut admettre que la sourdine est indispensable lorsque 57% des électeurs décide de s’abstenir au premier tour de l’élection et que 54% s’abstient au second tour. Mais, la démocratie n’est pas seulement le moment des élections c’est la séparation des pouvoirs et surtout la possibilité de s’exprimer en temps continu sans craindre de représailles ni de tracasseries administratives. C’est aussi le devoir d’expression des partis politiques.

Permettez-moi de vous rappeler que les recettes des entités publiques sont les impôts prélevés sur les personnes morales et physiques, les différentes taxes assises sur les biens et prélevées sur l’activité et éventuellement des emprunts remboursés indirectement par les contribuables. Pour ces raisons, l’argent public nécessite une utilisation rigoureuse, efficace et au service de tous.

Faîtes donc la lecture que vous voulez des chiffres ci-dessus. En prenant toutes mes responsabilités, il m’apparaît que c’est un budget qui à l’instar des autres conduira le territoire à la faillite. Aucune perspective de création de richesses n’apparaît dans ce budget. 4,32% est consacré à l’accompagnement au développement. Que nous dit-on ? On va accompagner l’industrie minière. Le terme industrie n’est pas anodin. Il s’agit de multinationales telles Colombus Gold et Newmont. Quelle en est la raison ? La création de « 15000 emplois à la clé ».  Lorsque l’on est sérieux on évite de faire souffrir son intelligence, on fait tout son possible pour éviter  l’accident entre son érudition et un tel message. Pourquoi dis-je cela ? Selon les chiffres de l’Insee, la population active de la Guyane est de 81300 personnes. Le nombre de chômeurs est de l’ordre de 18000 personnes. Etes-vous suffisamment stupides pour penser que les 18000 personnes sont toutes destinées à exercer dans la filière minière ? Offrons donc aux multinationales nos ressources naturelles, la destruction de notre environnement pour cette illusion du plein emploi. Ces 18000 chômeurs au sens du BIT ont tous une formation complémentaire dans les tâches d’exécution qui seront proposées hihihi ?... Je ne fais pas de commentaire sur les autres agrégats. Les militants de notre parti savent ce qu’il en est. Certainement qu'au mois d'octobre 2016 nous aurons une idée précise de la situation financière hibernée de la CTG.

Sérieusement, quelles sont les préoccupations de notre société ? L’inactivité, l’insécurité, une poussée de l’intolérance qui banalise la xénophobie et le racisme. Un budget de prospective doit répondre à ces préoccupations. L’inactivité est un fléau, particulièrement dans une société de consommation comme la nôtre où le mimétisme également apparaît comme la référence de l’homme dit évolué sic .. L’insécurité est la conséquence de l’ignorance de l’absence de savoir et de savoir-faire. L’intolérance trouve son origine dans l’ignorance, dans l’exaspération, dans l’absence de valeurs communes et donc l’absence de dimension culturelle

Lorsque les problèmes sont bien identifiés, il faut du courage politique pour les résoudre. Si le courage politique consiste à remettre en cause le système qui génère un obstacle à la décision, il doit être pris. L’existence humaine n’est pas un marchepied, les conditions d’existence nécessitent un engagement supérieur à tout autre chose.

Que l’on cesse de se plaindre et qu’on prenne notre destin en main c’est une responsabilité individuelle et collective. Le courage est la plus belle arme de la volonté politique.

 

Repost 0
Published by Jean-Marie Taubira - dans politique
commenter cet article
24 avril 2016 7 24 /04 /avril /2016 04:16

(Pleurons Iracoubo et Régina abandonnées)

Encore un exemple qui montre que les normes et les valeurs d’une société dépendent de son ancrage dans son environnement. Autrement dit, sa dimension culturelle résulte de la dynamique du mouvement qu’elle crée et de la qualité de son système d’action.

Certainement, lorsque le législateur a décidé de distinguer les villes de plus de 3500 habitants de celles de moins de 3500, il ne pensait qu’à la taille de la population communale. Il ne pouvait penser un instant que la République distinguerait la population en citoyens des villes et citoyens des campagnes sur le plan de leur structure mentale. Sur le territoire hexagonal, ils bénéficient tous de la même culture historique de leur communauté spatiale et sociétale. En ce sens, la distinction voulue par le législateur n’est pas en adéquation avec l’environnement guyanais à cause essentiellement de l’aliénation. Par suite, ce mode de scrutin a toutes les chances de produire ce type de résultat.

On ne peut imposer à la Guyane les mêmes variables qui fondent les sociétés industrielles. Elle fut esclavagiste, colonie et assimilée par la départementalisation centralisée. Il s’ensuit que la culture émotionnelle est très présente dans notre environnement. D’autre part, l’imaginaire de certains est nourri par le mimétisme. Nombre de ces parvenus ignorent l’histoire de leur territoire. A preuve, s’ils en étaient conscients, ils auraient apporté leur contribution à la première femme Amérindienne maire d’une commune de Guyane dans sa fonction d’exécutif municipal. Ils préfèrent lui faire la guerre car ils n’ont qu’une ambition, être « Calife à la place du Calife» La population d’Iracoubo doit en tirer les leçons. Ce qui vient d’être fait est une insulte à notre histoire commune et à l’altérité.

En ce qui concerne Régina, c’est le raisonnement déductif, variable d’un espace intellectuel qui se heurte à l’absence de raisonnement. C'est-à-dire l’incapacité de faire la part des choses. Ca sent la manipulation, ça sent le complot. C’est le deuxième exercice de la mandature qui dure six ans. Peut-on à ce point prendre en otage les citoyens d’un territoire ?

Ici comme à Matoury, les élus ayant failli au regard de leur légitimité, le Préfet, haut fonctionnaire de l’Etat devra exécuter le budget sur fond de recommandation de la Cour des Comptes. Pourtant, il n’y a aucune argumentation objective sur l’élaboration des différents budgets et comptes administratifs. Les élus ont décidé de boycotter les budgets et comptes administratifs sans aucune raison technique, politique et sociale. Selon le peu d’éléments qui m’est parvenu pour le moment, la commune d’Iracoubo aurait même réduit ses charges de manière significative. Comme à Matoury, les querelles individuelles ont pris le pas sur la responsabilité collective.

Il apparaît urgent que les citoyens se prennent en charge et s’approprient la question politique. La Guyane est un sous-système qui dépend d’un système qui est nettement plus complexe que lui. Là est l’origine de l’incohérence de notre société. La  souffrance du territoire guyanais est structurelle car, elle est amputée de sa dimension économique, politique, sociétale et culturelle. Il y a tant d’énergie à consommer dans l’utile, l’efficacité, la recherche de la cohérence que ce spectacle qui nous est offert est affligeant.

 

Repost 0
Published by Jean-Marie Taubira
commenter cet article
23 avril 2016 6 23 /04 /avril /2016 03:32

Les conseillers de trois communes de Guyane n’ont pas donné de quitus aux Maires pour leur gestion en refusant de voter leur compte administratif et pire, ils n’ont pas voté leur budget pour le prochain exercice. Les arguments avancés par ceux qui faisaient partie de la liste majoritaire et qui sont devenus des dissidents ne sont pas sérieux. Ils prétendent avoir sanctionné les Maires, ils ont surtout sanctionné les populations municipales.

Parmi ces communes deux relèvent du mode de scrutin des communes de moins de 3500 habitants. Il s’agit de la commune de Régina dont la population est inférieure à 1000 habitants et celle d’Iracoubo avec une population en-dessous de 2000 habitants. Quand bien même cette situation n’est pas excusable on peut admettre que ces Maires sont victimes de la problématique du mode de scrutin. Par voie de conséquence l’analyse de la situation exige de prendre en considération d’autres variables. Il ne reste pas moins vrai que l’origine de ces attitudes prend sa source dans le degré d'immaturité politique et des ambitions égoïstes et égocentriques de certains élus et des conseillers suivistes.

La situation de la ville de Matoury, la troisième commune,  est gravissime. Elle compte près de 30000 habitants. Elle relève du mode de scrutin des villes de plus de 3500 habitants. En conséquence, la liste doit être cohérente et les objectifs définis pour la mandature. il est impensable que le Maire n’ait pas une majorité stable pour ce type d’événements.  Les vraies questions qui sont posées sont celles des alliances, de la pseudo proximité de ce type d’élections qui soi-disant est apolitique et peut additionner les canards, les poules et les dindes. Ce sont bien des volailles mais de typologie différente. «ti poul suiv’ ti can’na y néyé».Il en est de même de la crédibilité de certains Partis politiques. Il y a bien des situations qui sont supérieures aux querelles individuelles…

Cette erreur honteuse si tant est qu’il existe des erreurs qui ne soient pas honteuses incombe à qui ? Aux électeurs d’abord. Puis aux élus par leurs mensonges, leurs petits calculs personnels, leurs manipulations.

La faute des électeurs parce qu’ils s’isolent. Le vote n’est pas qu’un engagement individuel. Il est avant tout un engagement collectif. Lorsque je vote, je ne m’exprime pas que pour moi quand bien même c’est la première lecture que l’on peut avoir. Je le fais pour l’idée que je me fais de la société et pour tous ceux qui la partagent. Particulièrement pour ceux qui ne peuvent pas voter et qui subissent l’organisation sociale c'est-à-dire, les jeunes qui ont moins de 18 ans, les citoyens étrangers qui apportent leurs contributions en participant à la création de richesses et à la répartition institutionnelle de la richesse créée. C’est cette responsabilité que j’aie. Chacun doit en avoir conscience.

 Avant de m’étendre sur la question de la communauté sociétale et des variables qui peuvent donner du sens à la vie, notons les conséquences de l'irresponsabilité de ces élus. Le Préfet prend la main sur l’exécution du Budget. N’ayant pas la légitimité de l’élu en général mais représentant l’Etat, il est l’expression de la légalité. Sans état d’âme, il va suivre  les recommandations  de la cour des comptes. C'est-à-dire, si les taux d’imposition doivent être augmentés de 20% par exemple, il le fera. Si cette même Cour des comptes décide qu’il faut licencier une centaine d’employés il le fera car, il n’a pris aucun engagement avec la population. L’irresponsabilité des élus est à ce prix.

Ce qui est surprenant et qui n’est jamais arrivé est que cette situation intervient alors  que l’on n’a pas entendu parler de déficit budgétaire. C’est là où les électeurs doivent assumer la conséquence de leurs actes surtout ceux qui s’abstiennent.

Il me revient une image pendant les dernières élections  de la CTG où le taux d’abstention au premier tour était de l’ordre  de 57% ce qui fait que la légitimité ne se trouve pas dans les institutions mais, en dehors d’elles. Lorsque les media interrogeaient  certains électeurs, ils disaient qu’il y avait trop de candidats ou, trop de listes.. Lorsque la deuxième question arrivait, pourquoi vous n’avez pas voté ? La réponse était : "je n’ai pas trouvé de candidat exprimant mes aspirations". Il y a comme  une contradiction car implicitement il manquait au minimum un autre candidat. Sinon cela voudrait dire que ces électeurs ont une intelligence et une instruction venant d’une autre planète qui sont infinitésimalement  supérieures à celles des candidats ce qui reste à démontrer.

Je ne néglige pas les ambitions de certains pour les prochaines élections notamment les législatives à venir. Cette situation se fait sur le dos des électeurs qui n’auront encore pas compris et qui s’abstiendront en laissant la place aux plus opportunistes. Je reviens vers vous pour vous soumettre ma réflexion sur Iracoubo et sur Régina en prenant le soin de vous exposer la perception que j’aie de la société. Donc à suivre…

 

Repost 0
Published by Jean-Marie Taubira - dans Politique
commenter cet article
16 mars 2016 3 16 /03 /mars /2016 20:34

« C’est de la responsabilité des intellectuels de dire la vérité et de dévoiler les mensonges » Noam Chomsky.

La loi du 27 juillet 2011 en créant la Collectivité Territoriale de Guyane avait tout prévu en faisant de la commission tripartite présidée par le Préfet, le représentant de l’Etat sur le territoire, une structure devant préparer la mise en place de cette Collectivité Unique.

Entre cette date et celles de l’élection des 6 et 13 décembre 2015 qui consacrent la légitimité de la structure institutionnelle par le suffrage universel, il n’y a pas l’ombre d’un doute que le temps alloué était largement suffisant pour que tous les citoyens aient une idée suffisamment précise de la situation des deux collectivités appelées à fusionner et particulièrement les candidats à ces élections.

Il n’en fut rien. Les candidats n’étaient donc pas sur le même plan d’égalité et les électeurs devaient se prononcer sur un sujet dont ils n’avaient pas la moindre information. Si l’élection était une marchandise, il y a forcément dol. Autrement, avec les supputations, c’était le sujet qui tournait autour de l’objet faisant ainsi une contre-révolution copernicienne.

Le fort taux d’abstention au premier tour (57%) montre le ras-le-bol du corps électoral qui ne se laisse pas duper par une illusion de démocratie. C’est triste pour notre société et c’est un acte qui pénalise l’avenir et qui enfonce davantage tous les citoyens. On peut le considérer comme un acte par dépit.

Les élections terminées, Le Président de la Collectivité Territoriale de Guyane (CTG) demande au Sénateur honoraire de Guyane de procéder à un audit sur les deux Collectivités à savoir le Conseil Général présidé par Alain Tieng-Liong et le Conseil Régional présidé par Rodolphe Alexandre actuel Président de la CTG. Pour ce faire il met à sa disposition "le DGS de la Collectivité, des rapporteurs autour de la Cheffe de la mission de contrôle de gestion" de ladite collectivité ainsi que "des experts financiers externes" dont on peut supposer à défaut de plus amples informations qu’ils étaient prestataires de la Collectivité régionale. Sans remettre en cause la loyauté de l’équipe, on ne peut empêcher à certains de se poser la question de l’objectivité de la démarche et de l’audit.

A l’annonce du résultat de l’audit s’ensuit un tintamarre assourdissant amplifié par certains média. Le Président de la CTG prend à partie le Conseil Général qui aurait laissé filer le déficit et remettrait en cause ses promesses électorales. Dans ce vacarme, on se dit que les média dans leur posture de structure indépendante vont éclairer leurs auditeurs, leurs lecteurs. Il n’en n’est rien. Il est vrai que tous les journalistes ne s’appellent pas Pierre Brossolette, Albert Londres ou plus près de nous Edwy Plenel.

La situation est catastrophique. L’avenir apparaît de plus en plus sombre dans le système qui administre notre société à savoir l’article 73. La prospective n’est pas pour maintenant, non pas à cause du Conseil Général mais, des deux collectivités. A regarder l’audit assez rapidement, on comprend l’intérêt que les deux exécutifs (Conseil Régional, Conseil Général) avaient à ne pas présenter de compte administratif, ni de bilan avant l’élection.

Pour ma part et pour les camarades du Parti, sans chercher à remettre en cause l’audit, j’ai extirpé les éléments qui me paraissent significatifs et je les soumets à votre sagacité. Ces éléments sont, le résultat courant, l’endettement, le personnel, la valeur ajoutée (V.A.), le taux du déficit et de l'endettement par rapport à la V.A. Ces éléments sont suffisants pour apprécier l’état de la nouvelle Collectivité.

Le « Résultat courant » pour les deux Collectivités est un déficit de 30 millions d’euros pour le Conseil Général et de 24 millions d’euros pour le Conseil Régional soit un montant global de 54 millions. Je fais fi volontairement des opérations exceptionnelles d’autant que le Conseil Régional a des produits exceptionnels à hauteur de 21 millions d’euros avec notamment un intitulé « Neutralisation des amortissements » pour 10 millions d’euros et un autre « produits exceptionnels sur opération de capital » pour 11 millions d’euros sans que l’on sache avec précision s’il s’agit de cession d’immobilisations ayant un impact sur la trésorerie.

En ce qui concerne l’endettement des deux collectivités, on constate que le Conseil Général est endetté à hauteur de 52 millions d’euros dont 49 millions en dettes financières à long terme. Le Conseil Régional est quant à lui endetté à hauteur de 138 millions d’euros dont 132 millions de dettes financières à long terme. Il est précisé dans le document qu’il n’y a pas d’emprunt toxique au Conseil Général alors qu’au Conseil Régional une partie des emprunts est toxique.

Le traitement concernant le personnel n’a pas respecté le principe de l’identité analytique. Sur le Conseil Général il est précisé que l’effectif est de 2786 au 31/12/2015 en rappelant qu’il était de 2469 au 31/12/2014 permettant d’appréhender la variation sur une année. Sur le Conseil Régional, l’audit est muet. Pour les besoins d’appréciation ci-dessous je vais retenir grosso-modo 600 employés dans la mesure où durant la campagne électorale il était dit que la nouvelle collectivité commencerait son activité avec 3600 employés dont 3000 pour le Conseil Général.

Les éléments que je vous communique actuellement sont fonctions uniquement de l’audit. En cas de doute sur la nature des charges je ne les retiens pas. Cela concerne la valeur ajoutée. Le procédé retenu est celui utilisé pour les entreprises privées (CA-Consommation intermédiaire, CA remplacé par Recettes). En tout état de cause le mode opératoire est le même pour les deux collectivités. Pour rappel, il s’agit de la Valeur Ajoutée, des taux de déficit et d’endettement.

Grosso-modo, la valeur ajoutée du Conseil Général est de 112 millions, celle du Conseil régionale est de 83 millions. Si je rapporte le déficit du « résultat courant » de chacune des collectivités à leur valeur ajoutée, j’obtiens pour le Conseil Général un taux de 27% et pour le Conseil Régional un taux de 29%. En procédant de la même manière pour l’endettement sans distinction de court, moyen et long terme, j’obtiens la valeur relative suivante : taux d’endettement du Conseil Général : 46% ; taux d’endettement du Conseil Régional : 166%. Une autre donnée en extension intellectuelle peut apporter un éclairage sur la structure qui apparaît la plus douteuse et qui n’est pas celle qu’on présente, c’est de rapporter le déficit de chaque Collectivité au nombre de salarié. On constate pour le Conseil Général que la part de déficit pour chaque employé est de 11 mille euros, celle pour chaque employé du Conseil Régional est de 40 mille euros. Bien sûr, il y a d’autres indicateurs signifiants telle la trésorerie et son évolution dans le temps pour appréhender sa détérioration, la CAF par rapport aux outils financiers européens dans la configuration du cofinancement des investissements éventuellement à venir.

Si l’on devait se référer aux règles de l’Union Européenne sur la rigueur budgétaire à savoir un déficit ne dépassant pas 3% du PIB qui est grossièrement la somme des valeurs ajoutées et un endettement ne dépassant pas 60% de ce même PIB, on comprend bien dans quelle situation se trouve le pays. J’imagine l’esprit de L’Elysée et de Matignon au regard de ce document face aux nouvelles demandes d’emprunts. Ils doivent se demander s’ils ne sont pas dans un asile de fous pour qu’un exécutif puisse faire une telle demande comme si un emprunt est une recette. D’autre part, il est stipulé sur le document que deux emprunts ont été contractés en 2015 par le Conseil Régional pour un total de 35millions d’euros.

Il est facile de comprendre que ce tintamarre, si vous préférez, cette pétarade, ce tumulte, ce désordre vocal bouffent l’énergie de notre cerveau, de surcroît, ça ne nous tire pas de la situation exécrable dans laquelle nous sommes. Nous citoyens, nous agents économiques du secteur privé, c’est la galère, c’est la souffrance intellectuelle et celle du ventre, c’est l’angoisse, c’est la prison à ciel ouvert, c’est l’humiliation et la soumission à un système et à des Hommes qui nous écrasent comme un rouleau compresseur. On ne voit pas de perspective d’avenir, c’est désolant mais, pis l’immédiateté est profondément altérée. Il nous faut résister mais, jusqu’à quand... et avec qui …

Comme dit Stéphane Hessel, « Indignez-vous »

Repost 0
Published by Jean-Marie Taubira - dans Politique
commenter cet article
30 janvier 2016 6 30 /01 /janvier /2016 18:37

« C’est la responsabilité des intellectuels de dire la vérité et de dévoiler les mensonges » Noam Chomsky

Je vous propose une réflexion sur le thème « Entre loyauté et responsabilité » parce qu’il me semble que notre société et, j’ai presqu’envie de dire la civilisation dans laquelle nous évoluons, a oublié l’essentiel de ce qui fonde notre existence. Bien entendu, en disant cela, je ne prétends pas détenir la vérité. Mais à défaut, il nous faudrait alors, nous pencher sur les raisons de l’apparente incohérence de nos comportements et particulièrement de celle des dirigeants qui orientent notre vie.

Pour que la réflexion soit constructive je vous donne les définitions que j’ai retenues et à partir desquelles j’ai construit ma pensée. Bien entendu tout autre définition serait admise avec pour corollaire l’argumentaire qui l’accompagne.

« La loyauté est la fidélité manifestée par la conduite des engagements pris, aux respects de l’honneur et de la probité ». Elle est une vertu désirable

« La Responsabilité est l’obligation de répondre de certains de ses actes, d’être le garant de quelque chose, d’assumer ses promesses »

On constate qu’il y a un dénominateur commun qui est l’engagement accepté et respecté. Toutefois, dans le cas de la loyauté c’est le désir d’exécuter la parole donnée donc de réaliser ce qui est convenu. Dans le cas de la responsabilité, Il s’agit d’assumer des obligations et donc de réaliser les devoirs que l’on s’est imposé.

Quand bien même ces deux qualités se soutiennent mutuellement il importe de les distinguer. La loyauté, autrement dit la fidélité admet des tonalités à niveau différent selon qu’il s’agit de la loyauté envers soi en tant qu’être pensant ou envers les autres et selon qu’elle soit explicite ou implicite. La responsabilité est tout autre parce qu’elle a pour conséquence le devoir de réparer un préjudice causé par son fait. Bien sûr, les nuances dans la responsabilité ne sont pas du même ordre que la loyauté. Elle se décline sur des plans divers. Ainsi, on citerait la responsabilité politique, pénale, civile, environnementale etc.

Dans la logique dans laquelle je m’inscris, Je ne vois que la responsabilité morale en tant que valeur qui serait le vrai pendant de la loyauté. Elle est à mon sens celle qui fait grand défaut à la société car, on doit répondre de ses actes et de ses intentions devant sa conscience. Elle résiste interminablement à l’action. Elle ne peut être prescrite qu’avec la mort de sa propre conscience

Parmi toutes les formes de loyauté celle envers soi-même est essentielle c’est à dire la loyauté de ses propres convictions qui induit une cohérence de ses actions. Autrement dit, se soumettre à l’insuffisance, à la bêtise, aux vexations, à l’injustice, aux affronts alors que ce que l’on croît n’est pas ce que l’on vit est de la pure incohérence. La seule voie honnête qui donne du sens à l’existence est la rupture. Il est évident que dans un monde où le compromis n’a pas de limite, la perception de cette cohérence qui fait partie de la fidélité intime de l’être intellectuellement achevé n’est pas forcément audible à la masse lorsqu’on a pour objectif de la maintenir dans l’ignorance et qu’on lui enseigne implicitement que la corruption de ses idées est une vertu.

Il y a certes des sociétés plus complexes que d’autres qui, par le mouvement, par le dynamisme qu’elles génèrent vont engendrer des relations inédites. Pour autant ces nouvelles situations sont-elles de nature à remettre en cause le principe de loyauté. Par ce questionnement, on introduit la notion de l’altération des principes. Il me semble que le problème n’est pas l’altération en tant que telle mais, l’intensité de cette altération. Si l’on admet que la loyauté est un principe qui donne du sens à l’existence, elle ne peut pas fluctuer au gré des transformations au sein de la société, elle doit au contraire conditionner la transformation de la société. Sinon, l’on est dans la corruption de ses principes et la déloyauté, voire pire la trahison devient la vertu majeure de l’organisation sociétale.

Par suite, dans le contexte permissif dans lequel on évolue il me semble de plus en plus important avant de donner sa parole de bien appréhender la nature de l’échange c'est-à-dire être sûr que celui auquel on va accorder sa loyauté est lui-même fidèle à ses engagements. Dans cette configuration la responsabilité morale réciproque est engagée.

L’exemple de la Ministre de la Justice, Garde des sceaux peut être appréhendé sous l’angle de cette réflexion. Elle a exprimé à quelques reprises ses désaccords. Elle a certainement considéré que ceux-ci, tout en altérant ses principes ne les corrompaient pas au point de générer la rupture. A partir du moment où elle a considéré que la limite était atteinte il était de son devoir, donc de sa responsabilité de provoquer la rupture. La question de la déloyauté ne se pose pas à travers elle mais du côté de ceux qui n’ont pas été loyaux envers les fondements de leur idéologie. Bien sûr ces propos n’engagent que moi. Je me réfère à un exemple qui émane d’une interview de la représentante du syndicat USM qui, à plusieurs reprises indiquait que la Garde des Sceaux cristallisait tant de choses envers elle que cela rejaillissait sur l’Institution et que ces derniers mois elle perdait tous les arbitrages. Il y a une lecture multiple de cet aveu et la question de la loyauté implicite est posée sur les arbitrages. Par ailleurs, il manque une précision sur les éléments de la cristallisation. serait-ce morphologique? Il faut en tirer les conséquences constitutionnelles.

Cette loyauté envers les autres de manière implicite vaut dans tous les rapports au sein de la société et c’est peut-être cela qui a disparu avec la permissivité de l’organisation sociale. Y a-t-il loyauté entre employeurs et employés dans l’organisation économique de la société ? Entre producteurs et consommateurs ? Entre les élus et le peuple ? Entre certains délégués syndicaux et les salariés qu'ils sont censés défendre ? On pourrait faire ce constat dans nombre de corps de métiers. Doit-on penser que la loyauté implicite ou explicite qui constituait la base de l’organisation sociale et qui en faisait sa cohérence générait autant l’ennui pour que l’on soit aujourd’hui à ce niveau de déloyauté qui semble animer nos sociétés dites modernes. Les exemples pleuvent dans ce monde dit moderne, Equipe de France avec la «sextape», Equipe gouvernementale, la religion et ses préceptes bafoués tant sur le plan exotérique que sur celui de l’ésotérisme, certains francs-maçons avec la philosophie maçonnique.

Le manque de pratique de la loyauté est évident dans cette civilisation et explique en grande partie le délitement des sociétés modernes et son corollaire, l’ignorance et la pauvreté.

Repost 0
Published by Jean-Marie Taubira - dans politique
commenter cet article
16 novembre 2015 1 16 /11 /novembre /2015 13:18

La réflexion que je vous soumets, ci-dessous a été publiée sur mon facebook le lendemain du drame à 10:25.

"Vendredi, 13 novembre 2015 à Paris, plus d'une centaine de morts victime d'un attentat odieux, inhumain, barbare. C'est de la folie, de la folie, de la folie. La déraison a envahi l'humain. Comment cela peut-il arriver ?

"Un sang impur abreuve nos sillons". C'était le peuple, humilié, maltraité, déconsidéré, qui au sacrifice de sa vie sauvait le Territoire de France. Le siècle des lumières est intervenu et, la lumière censée éclairer l'esprit humain perd de plus en plus en intensité. C'est toujours le peuple qui paie un lourd tribu à cause de ceux qui le prennent de haut.

Là encore c'est le peuple qui paie pour certains dirigeants aux propos racistes, xénophobes, intolérants au motif qu'ils sont décomplexés. C'est aussi le cas de certains élus aux propos racistes, xénophobes, intolérants, stupides à l'instar de ce qui se fait sur le territoire national sans que des sanctions soient exemplaires.

Le plus tolérant des dirigeants de France, François Hollande, n'est pas au sommet des sondages. Nul ne semble appréhendé cette qualité. Il n'est pas à l'origine de la déstabilisation des régions du monde meurtries par le complexe de supériorité, il colmate la stupidité des autres, des va-t-en guerre.

Y en a marre. Nous allons tous y passer? Le peuple ne veut plus payer de sa vie. Liberté pour tous les peuples du monde, Eagalité pour tous les peuples du monde, Fraternité pour tous les peuples du monde, Laïcité pour tous les peuples du monde.

C'est l'injustice sociale, l'ignorance cultivée, l'incurie de certains dirigeants, leur complexe de supériorité, leur volonté d'humilier, leur stigmatisation des autres qui nourrissent la haine, qui créent des fanatiques au destin diabolique.

Peuple du monde entier réveille toi pour que tu sois ,mieux représenté. Sincères condoléances à toutes ces familles subitement endeuillées".

Repost 0
Published by Jean-Marie Taubira - dans Politique
commenter cet article
10 septembre 2015 4 10 /09 /septembre /2015 03:40

L’article que je vous propose est en quelque sorte un préambule au projet de société que doit vous présenter le Parti Progressiste Guyanais. Il se veut pédagogique et sans aucune vanité. Il tente de poser un socle qui permet une compréhension  collective cohérente de notre existence de sorte qu’ensemble, ceux qui le partageraient, s’y associent pour la construction de notre avenir commun.

Je vous propose une méthode qui consiste à percevoir sous deux angles distincts notre société. Si cela vous agrée alors, nous pourrons avoir une lecture collective identique de notre présent. Par voie de conséquence, nous saurons où nous sommes et donc, quelle direction nous voulons prendre quant à notre avenir.

Le premier angle est le mode d’administration de notre territoire. Nonobstant sa situation géographique et la nature de son développement, il est administré par des règles émanant d’un autre territoire qui a connu une évolution graduelle, une métamorphose progressive. Par suite, cette subordination est préjudiciable à son évolution. L’autre angle de perception conduit à dire voilà un territoire dont on connait le potentiel en ressources naturelles avec des hommes et des femmes suffisamment instruits. Comment peut-on harmoniser tout cela pour garantir un développement profitable à tous dans une projection graduelle.

D’emblée, je me dois de vous dire que je ne m’inscris pas dans la logique du système actuel puisque l’on voit tout ce dont il ressort. Je ne m’inscris pas également dans le mimétisme politique puisque chaque environnement à sa singularité et le notre ne fait pas exception. Tant mieux pour ceux qui insèrent notre espace dans la mondialisation et qui croient en la dérèglementation comme vecteur du développement humain. Je crois en l’altérité, en l’altruisme, en la capacité que les êtres humains ont à réunir ce qui est épars. Ces liens sont différents de ce que recherche la mondialisation dans la mesure où ils impliquent que la différence n’est pas source de division. Ce concept s’inspire de la trilogie républicaine « Liberté, Egalité, Fraternité » laquelle sous-tend le triptyque ‘Justice, Equité, Tolérance ». Il est évident que tous les humains en quête de justice sociale doivent considérer cette trilogie comme étant universelle.

La société hexagonale française est assise d’abord sur une morale religieuse de type judéo-chrétien. Clovis roi des Francs Païen  se convertit au catholicisme sous Saint Rémi à la Cathédrale de Reims au Vème siècle. La laïcité en tant que concept d’organisation de la société visant à neutraliser les pouvoirs religieux et spirituels par rapport au pouvoir politique n'intervient que dans la seconde moitié du XIXème siècle, soit quatorze siècles après. Le profond travail effectué par la liberté de conscience en tant qu’éthique rend cette société très complexe et lui a permis de franchir des paliers élevant ainsi  la structure intellectuelle du peuple. Pour autant cela ne lui donne pas le droit de se croire supérieur aux autres peuples. « Les hommes naissent libres et égaux en droit». Cette complexité qui génère en permanence des relations nouvelles entraîne l’émergence de nouvelles lois. Posez-vous la question de savoir si cette organisation peut se substituer à n'importe laquelle sur n’importe quel  territoire ?

 

Notre société s’est construite sur l’esclavage et la colonisation autrement dit une morale de la soumission, de la subordination. En restant dans ce système substitué, collectivement, il n’y a quasiment  aucune chance d’émancipation. Chacun étant censé être libre de ses choix. Encore que...

Observons notre société en faisant fi de son organisation politique actuelle. Relatons notre perception sans faire attention aux subtilités qui seraient l’état d’avancement de notre conscience individuelle. Force est de constater que parmi les individus qui la composent, il y a comme dans toutes les sociétés, des théistes c'est-à-dire ceux qui croient en un dieu et une religion révélés, des déistes, ceux qui croient en une force supérieure à l’homme tel un principe, enfin, ceux qui croient en l’homme et à sa capacité à créer le bien être, le bonheur par lui-même. Ils peuvent être athée ou non. Simultanément et sans remettre en cause naïvement le système économique de production, force est également de constater que les éléments d’une vraie création de richesse sont disponibles. Posons-nous la question de savoir comment mettre en relation les trois types d’individus ci-dessus cités pour construire cet avenir radieux que nous appelons de toutes nos forces ?  L’histoire d’hier et celle d’aujourd’hui nous montrent que cet avenir ne peut se concevoir à partir de la religion. C’est une évidence. Hier avec les croisades le Pape disait aux fidèles que tuer les infidèles n’étaient pas un crime. Nous étions au 13ème siècle. Aujourd’hui, c’est DAESH qui décapite…L’issue la plus plausible est de faire en sorte que l’acte religieux relève du domaine privé et que la construction sociale se fasse sur la base d’idées politiques. Par suite, vous comprendrez que l’idéologie qui est la construction théorique de tout système politique et d'organisation sociétale est fondamentale. Le lien basé sur la tolérance permettrait de mettre en relation les différents types d’individus sans nuire à la croyance de chacun.

C’est parce que les idéologies ont disparu que les sociétés sont autant en difficulté, sont autant en déclin. Le cœur des sociétés est devenu la corruption tant morale que financière. La morale laïque est bafouée, la morale religieuse est détournée.

Notre société en sortant de ce lit d’humiliation, d’indignité peut réinventer le bonheur, le bien-être. La dignité humaine passe forcément par la liberté de conscience. Nous sommes la solution de notre destin, nous devons nous imposer comme tel.

 

Repost 0
Published by Jean-Marie Taubira - dans Politique
commenter cet article
14 juillet 2015 2 14 /07 /juillet /2015 00:13

Dans mon article intitulé «En finir avec les traumatismes » je vous ai tracé la colonne vertébrale de notre histoire collective et je vous ai promis une suite. Je soumets donc à votre sagacité ma réflexion sur la suite de notre histoire que nous avons à construire ensemble. Bien entendu, l’article ne s’adresse pas aux réactionnaires, ni aux révisionnistes. Il est destiné à tous ceux qui sont pour le progrès de l’humanité, qui ont marre des inepties, des bobards, des mensonges, de l’hypocrisie et qui sont résolument pour l’amélioration matérielle et spirituelle de l’humanité. Le tout étant une question d’équilibre tant d’un point de vue individuel que d’un point de vue collectif.

 

Au regard du dernier article, il nous est permis à minima d’avoir le choix entre deux attitudes à savoir : la vengeance ou la justice. D’emblée, j’écarte le choix de la vengeance. Je pourrais en rester là et développer celui de la justice. Pourtant, en quelques mots je vais expliciter mon refus de cette posture. Elle répond au principe de la loi du talion. « Œil pour œil, dent pour dent, vie pour vie ». Il est l’expression des sociétés dogmatiques et il introduit une réaction impulsive qui n’est pas un gage de lucidité. Au plus profond de moi, cet adage ne constitue pas une élévation du niveau de la conscience humaine. Il nous situe au même niveau que les animaux. Il fait de nous des adeptes de l’horreur, des partisans de l’ignorance, des fanatiques de la partie reptilienne qui est en nous. On ne peut être pour le progrès de l’humanité et en même temps s’accommoder de la bestialité de l’être humain, de ce qui apparaît dominant dans sa nature faute de culture et de raison.

 

Suis-je naïf pour autant, suis-je utopique pour cela… La situation de la Ministre de la Justice dans le Gouvernement des Premiers Ministres Ayrault et Valls dans l’Hexagone me rappellerait la réalité de l’existence humaine. Mais, la récente déclaration du Pape François demandant pardon pour la colonisation avant de se rendre au Paraguay, Bolivie et Equateur, espaces géographiques typés, me permet aussi d’appréhender la capacité qu’ont les humains à élever leur niveau d’humanité et à reconnaître les horreurs du passé. Parce que la recherche de la vérité sur notre existence sur terre est mon crédo, parce que je crois en notre capacité à nous dépasser, à être altruiste, je choisis avec lucidité la justice, celle qui doit lutter avec parcimonie contre l’exaspération des masses, celle qui agit en fonction des valeurs humaines et qui reconnaît tout homme comme faisant partie de la famille humaine. Cette justice avant d’être institutionnalisée, est avant tout dans l’esprit des hommes. C’est la seule transcendance que je me reconnais et qui me stimule. Je crois que bâtir une Guyane forte, une Guyane juste, une Guyane où le respect des autres et de soi est le moteur de chacun d’entre nous, passe par une lecture originale de notre passé. Ainsi donc, en choisissant la justice à la vengeance, je vous propose, par implication, une autre lecture de notre histoire plus avant-gardiste, plus à même de nous conduire vers ce qui fait la force et la vraie nature de l’être humain c'est-à-dire la liberté absolue de conscience.

 

La colonisation est la victoire de la bestialité sur la spiritualité. Le colonisateur est dominé par l’animalité. Le colonisé est envahi par la spiritualité. Le premier n’a d’yeux que pour la matière, que pour ce qu’il peut toucher et qu’il considère comme source de richesses. Il est prêt à refuser comme appartenant au genre humain tous ceux qui sont morphologiquement différents de lui. Le second est inféodé à la transcendance, même dans sa lutte, il s’interroge sur le comment de son existence et attend l’intervention d’une force extérieure à lui-même. Sans sous-estimer le niveau d’atrocité tant de la colonisation que de l’esclavage. Il me semble que les deux postures trouvent leur origine dans un déséquilibre tant individuel que collectif. Il importe donc que le colonisateur rétablisse son équilibre en hissant son niveau de spiritualité et que le colonisé pour retrouver son équilibre accepte d’élèver son niveau de matérialité. Atteindre cet équilibre fait disparaître les notions de colonisateur et de colonisé. Ainsi naît l’être humain équilibré et complètement achevé. Pourtant, ce qui paraît si simple est si compliqué à mettre en œuvre. Il est donc un vrai projet de société, un vrai projet d’organisation sociétale. Seule la confiance en l’homme, c'est-à-dire en soi peut nous donner l’espoir d’un nouveau paradigme humain.

 

J’ai envie de vous dire, peu nous importe le comment de notre existence. Il ne s’agit pas de faire « table rase » du passé. Mais, concevons cela dans notre espace privé et penchons nous publiquement sur le pourquoi de notre existence, quel est le sens de la vie, à quoi doit ressembler notre temps d’existence et que devons nous laisser à nos progénitures. Cette réflexion doit être portée par tous les hommes de bonnes mœurs. C’est une question philosophique qui doit nous donner la majorité, noir, blanc, jaune, rouge, métisse enfin quoi, tous les vrais hommes de progrès favorables à l’amélioration matérielle et morale de l’humanité. Rien n’est simple, le bonheur, le bien-être, l’émancipation, l’épanouissement sont le résultat d’une lutte qui s’appelle « honnêteté et responsabilité ».

 

Notre point de départ est la départementalisation de 1946 qui signe la dissolution de la colonisation, pas seulement sur la forme, mais également sur le fond. Par implication, les privilèges attachés à ce système sont de facto dissous. Ils meurent avec l’idéologie coloniale. Ainsi, nous devons considérer comme anachronique la détention de 90% des terres de Guyane dans le domaine privé de l’Etat. Nous devons admettre comme une faute politique et démocratique le maintien de l’économie de comptoir au détriment de l’économie de production sur le territoire. Nous devons considérer comme illégaux tant les comportements de colonisateurs que ceux de colonisés. Nous devons rejeter les castes qui se constituent dans la société. L’élévation de notre conscience individuelle et collective doit nous conduire à interroger toutes les lois qui administrent notre société dans le cadre de l’assimilation, de l’identité législative. Enfin, il nous appartient d’introduire dans notre réflexion l’itinéraire de l’émancipation qui est l’attribut de tout homme libre.

 

Ainsi conçu, nous pouvons entrevoir un vrai projet de société indissociable de sa méthode. C’est un binôme incontournable pour répondre aux aspirations de tous les citoyens. C’est le minimum que l’on demande à tout responsable politique, à tous ceux qui veulent parler au nom du peuple. Le Parti Progressiste Guyanais dont je fais partie mettra sur son site, dans la première décade du mois de septembre 2015 son projet de société ainsi que la méthode inhérente.

Repost 0
Published by Jean-Marie Taubira - dans Politique
commenter cet article
13 mai 2015 3 13 /05 /mai /2015 21:36


Cayenne le, 13 mai 2015

COMMUNIQUE DE PRESSE

Le Parti Progressiste Guyanais (PPG) est indigné par le communiqué de presse attribué au maire de CAMOPI, monsieur CHANEL. Il rappelle que le Conseil Municipal, institutionnellement, n’a pas été conçu sur une base ethnique. Il l’est sur un fondement citoyen composé d’une majorité et d’une opposition. Le conseil municipal est l’affaire de tous les citoyens. En ce qui concerne les propos odieux de primitifs et de condescendants, Le PPG demande au maire de CAMOPI de se réapproprier l’histoire des peuples amérindiens. Il lui demande de se pencher sur la philosophie de la création d’un Parc Naturel dont le précurseur est le peintre Georges Catlin qui l’avait défini en ces termes : « Parc contenant hommes et bêtes dans toute la beauté sauvage de leur nature ». Du communiqué du maire, un colonialiste du 16ème siècle jusqu’à la moitié du 20ème siècle n’aurait pas pu faire une meilleure rédaction. Enfin, le PPG indique que la Charte du Parc Amazonien a fait l’objet d’une enquête publique et qu’il est mal à-propos d’exiger le silence de la population qui ne vit pas sur CAMOPI.

Le PPG espère que son communiqué de presse bénéficiera de la même intensité de traitement que celui attribué au maire de CAMOPI.

 

Jean-Marie TAUBIRA

Secrétaire Général

Repost 0
Published by Jean-Marie Taubira - dans Politique
commenter cet article
3 mai 2015 7 03 /05 /mai /2015 04:23

Il est difficile de regarder ce territoire situé en Amérique du Sud entre le Brésil et le Surinam et rester indifférent tant sa composition humaine est sublime, tant son environnement est riche de sa faune, de sa flore et de son sous-sol. Il est extrêmement difficile lorsque l’on y est né et que l’on connaît l’histoire de cette partie de l’humanité de rester insensible à la trajectoire des hommes et des femmes qui se sont battus pour leur liberté, pour le respect de leur dignité, qui pour certains, malgré le long voyage de l’atlantique ont su se fondre dans cet espace et assurer la continuité de l’espèce humaine, pour d’autres, malgré les souffrances, les injustices, ont su intégrer cet espace et ont continué à perpétuer l’existence humaine par la procréation. Nous sommes la preuve de leur existence, nous sommes la preuve des faits historiques. Il est certainement difficile pour ceux qui n’y sont pas nés et qui se sentent concernés par le devenir de ce territoire, parce qu’ils sont venus chercher la vie et qu’ils sont convaincus qu’il n’existe qu’une seule espèce humaine, d’accepter le cap qu’on lui destine. Puisque nous ne voulons pas être aveugles de notre histoire, puisque nous voulons partager cette histoire, puisque nous voulons la rendre commune pour nous en sortir, au-delà de notre morphologie apparente, identifions les auteurs qui pérennisent cette chaîne humiliante. Mettons un terme à cette succession de traumatismes qui traversent toutes les générations et trouvons les enchainements pertinents qui nous conduisent à nous élever, à nous émanciper à nous libérer….

La Guyane, quoi qu’on en dise est l’extermination des Amérindiens par la colonisation depuis le 16ème siècle. Au 19ème siècle alors que l’on recense un peu plus de 1 500 rescapés Amérindiens il est fait état de maladies les ayant décimés. Mais, d’où sortent ces maladies qui ne les avaient pas anéantis auparavant lorsqu’au 16ème siècle ils étaient plus de 30 000. Les Amérindiens n’ont jamais été inactifs. Ils ont été rebelles, se sont défendus, ont défendu leur territoire et ont comptabilisé des victoires quand bien même ils ont perdu la guerre coloniale. De 25 000 au 17ème siècle, ils sont recensés au 21ème siècle à hauteur de 9 000.
Au regard de cette histoire et de l’enjeu tant sur la biodiversité que sur les ressources du sous-sol et de ce que peut représenter comme obstacle l’immensité du PAG, la situation de CAMOPI où l’on observe un taux incroyable de suicide de jeunes Amérindiens, doit être scrutée dans les moindres détails par tous ceux qui se disent humanistes au-delà de leur apparence physique. Les Amérindiens ont droit à l’instar de tous les êtres humains à leur complet libre-arbitre. Le leur refuser soit par le silence, soit par manipulation intellectuelle, c’est leur priver de liberté…

La Guyane ; c’est la population Africaine arrivée dans des conditions inhumaines au 17ème siècle sous Louis XIV, dans le cadre de l’esclavage. Ils sont plus de 12 000 âmes à avoir résisté à ce long et pénible voyage de la traversée de l’atlantique. Ils sont à l’origine du développement de la colonie par le travail et les chaînes, de sa superficie par le marronnage. L’histoire des noirs de Guyane, c’est le travail servile, l’obligation du baptême catholique, le marquage au fer rouge comme pour les animaux, la dépossession de leur patrimoine culturel et de leur vraie identité. Au regard de cette histoire, ceux qui se disent humanistes au-delà de leur conviction religieuse, philosophique, spirituelle doivent explorer minutieusement la partition du territoire en espace littoral, central et méridional. Leur refuser leur libre-arbitre, c’est s’opposer à la loi d’attraction qui engendre l’altérité

La Guyane ; c’est aussi la population créole née du métissage, pour certains avec violence, qu’il ne faut pas confondre avec la conception hispanophone et lusophone du créole blanc. Cette population que l’on pourrait appeler sans arrière-pensée, les créoles traditionnels, n’y voyez pas de concept de rang d’occupant territorial, permet de comprendre que les créoles issus de l’immigration qui est également le résultat d’une souffrance peuvent, néanmoins, dans certaines circonstances, choisir la nationalité de leurs parents alors que ceux « traditionnels» en raison de leurs trajectoire historique n’ont pas ce choix-là. C’est la population qui a le plus subi l’aliénation qui dépersonnalise et qui jusqu’à nos jours explique certains comportements. Leur présence massive sur le littoral est une conséquence de cette histoire coloniale où la densité par habitant, aujourd'hui, est de l’ordre de 81 habitants au Km² sans les infrastructures adéquates. Au regard de cette histoire, ceux qui se disent humanistes doivent comprendre la nécessité d’une libération instinctuelle qui doit engendrer la liberté absolue de conscience.

Malgré ces histoires inhumaines, traumatisantes d’une république coloniale et esclavagiste la France a ajouté à ce territoire d’autres traumatismes.

C’est ainsi que la Guyane devient le lieu de déportation de la France avec tout d’abord le Bagne de Sinnamary. Puis, après la deuxième abolition de l’esclavage, le bagne des îles du Salut, de Saint-Laurent du Maroni et de Saint-Jean du Maroni. Un double traumatisme. L’un pour les habitants de ce territoire déjà atteints de traumatisme et qui dans leur esprit allaient recevoir les plus grands criminels de la France alors qu’il s’agissait en grande partie d’opposants politiques. L’autre traumatisme concerne les déportés eux-mêmes qui pour la majorité d’entre eux étaient condamnés pour leurs idées et devaient traverser l’atlantique pour une terre inconnue. Au regard de cette histoire ceux qui se disent humanistes au-delà de leur morphologie apparente doivent reconnaître cette trajectoire inhumaine et œuvrer pour que jamais les êtres humains ne soient dans cette situation.

La Guyane, c’est la départementalisation de 1946 qui, dans une configuration géopolitique et géostratégique commandée par les conditions de l’après-seconde guerre mondiale, se substitue à la colonisation pour légalement maintenir le territoire quasiment dans la même conformation en étant en contradiction avec le préambule de la constitution de la quatrième République d’octobre 1946 dont l’Assemblée de l’Union française était constituée de la Métropole et de la dépendance d’outre-mer. Ceux qui se disent humaniste ne peuvent de générations en générations accepter que les lois de la République soient autant foulées aux pieds donnant le sentiment que ce territoire est la partie bananière de la République

La Guyane c’est l’efficacité du système assimilationniste qui arrive à formater certains cerveaux de sorte que l’humiliation n’est plus perpétrée directement par la structure centrale comme dans  l’organisation coloniale où le pouvoir réel était tant par sa forme que dans son fond entre les mains des fonctionnaires venus de métropole mais, par certains sujets du système, sur la forme. C’est ainsi que le referendum du 10 janvier 2010 a vu un seul élu, d’une collectivité municipale certes majeure, en la personne de l’actuel Président de Région, contre tous les principaux élus nationaux et territoriaux du territoire dont la députée de la première circonscription aujourd’hui Ministre d’Etat, de la Justice et garde des sceaux, convaincre une majorité suffisante d’électeurs de faire le choix de l’article 73 sur l’article 74 autrement dit, de préférer la paresse à l’audace, l’assistance à la responsabilité. Cette fois-ci, il faut que ce soit notre dernier traumatisme. Nous devons refuser de descendre plus bas.

Il nous faut en finir avec cette forme d’organisation qui voit de plus en plus de jeunes errer, faire les poubelles, se déconnecter de la société. Une organisation qui conduit de plus en plus d’adultes à se résigner à la déchéance humaine, à croire que notre territoire  est maudit, que sa richesse n’est pas pour nous. Il nous faut mettre un terme à la paupérisation de notre territoire, inverser les indicateurs économiques et sociaux qui sont le résultat de l’échec des différentes politiques menées depuis la colonisation jusqu’à nos jours. Il nous faute dire Halte.

A suivre…

«Le prochain article traitera de la sortie du traumatisme dans une démarche prospective ».

 

Repost 0
Published by Jean-Marie Taubira - dans Politique
commenter cet article

Pages