Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de Jean-Marie Taubira
  • : Je suis Président du CRAPAG (Cercle de Réflexion et d'Action pour l'Avenir de la Guyane), Depuis le 10/12/2008, je suis le Secrétaire Général du Parti Progressiste Guyanais (PPG). Mon ambition est l'élévation de la conscience collective
  • Contact

Recherche

20 janvier 2011 4 20 /01 /janvier /2011 02:24

Le moment n’a jamais été aussi propice pour appréhender le phénomène de l’acculturation. Une société est un territoire, c'est-à-dire un lieu qui unit des hommes et des femmes qui par leur action stable et durable vont mettre en commun leurs efforts pour obtenir une fin qu’ils ont déterminée. Il y a donc, une volonté, un engagement liés à un environnement singulier pour réaliser cet objectif commun.

Les référendums du 10 et du 24 janvier 2010, culturellement parlant, devaient permettre de répondre clairement à cette conception de la société. On pourrait simplifier et dire que la question était de savoir s’il y avait un contrat social uniquement national où si on pouvait admettre que l’existence de périphéries à la France hexagonale pouvait justifier un contrat social qui leur serait spécifique.

Le résultat de ces référendums sorti des urnes a donné la victoire à la première proposition c'est-à-dire un contrat social uniquement national qui est traduit par l’article 73 de la constitution française.

Indépendamment des multiples revendications à répétition des peuples de l’outremer, il y a la situation économique et financière de la « mère patrie ». L’époque des trente glorieuses est révolue. Le déficit budgétaire de la France se situait pour l’année 2009 à hauteur de 138 milliards d’euros soit environ un peu plus de 7% du PIB, son endettement s’élevait à 1428 milliards d’euros soit environ 74% du PIB. La règle européenne est de 3% du PIB pour ce qui concerne le déficit public et 60% quant à l’endettement. On comprend la problématique posée tant pour l’Hexagone que pour les périphéries.

Il faut donc redresser l’économie française, il faut de la rigueur d’où la question posée et que l’on peut interpréter sous la forme suivante : êtes vous en mesure, sans qu’il s’agisse d’une dévolution politique, vous qui êtes sur votre territoire, de prendre en main votre destin dans le cadre de la République ? A cette question, des élus non néophytes donc, ayant une certaine expérience ont répondu non. Ils ont su convaincre la majorité des électeurs qui s’est présentée aux urnes de suivre le chemin qu’ils ont indiqué. Cette position s’est confirmée avec le vote pour les élections régionales de mars 2010 dans la mesure où l’on retrouve quasiment les mêmes personnes dans la majorité du Conseil Régional de Guyane.

Quoi de plus normal que le Président de la République, lors de ses vœux à l’outremer, dise qu’il renforce le pouvoir du Préfet et que dans le cadre de la Collectivité unique celui-ci deviendra l’exécutif en cas de défaillance des légitimés.

Compte tenu de l’histoire de la France hexagonale, des valeurs issues de son environnement politique, technique, scientifique, philosophique, sociologique, artistique, technologique etc., il y a me semble t-il une vraie cohérence dans cette perception de la responsabilité et de la liberté..

Il est également normal et cohérent que ceux qui avaient opté pour la reconnaissance de leur authenticité en tant qu’humain complètement achevé (article 74) soient révoltés et vivent une certaine frustration. Minoritaires lors de ces référendums ils vont devoir subir les conséquences du traitement de majeurs incapables donc non émancipés.

Par contre, ceux qui ont fait le choix de l’article 73 et qui avaient dit « que ce que l’on peut faire avec le 74 on peut le faire avec le 73 », ne peuvent continuer à vouloir le beurre et l’argent du beurre. Ce n’est pas cohérent. Ils apportent la preuve que dans le cadre de l’assimilation, lorsque l’on n’a pas bien intégré les valeurs de celui qui assimile et que l’on a perdu ou égaré ses propres valeurs, on est en posture de déséquilibre psychologique et les attitudes et comportements que l’on déploie peuvent être assimilés à de la délinquance. Il y a là, manifestement, la photographie d’une société, par certains de ses représentants, qui a perdu le sens du réel.

Ainsi donc, en ce moment où la course voire la précipitation à élaborer une collectivité unique pour la Guyane, on voit la preuve non contestable que l’acculturation induit une inadéquation entre les valeurs d’un autre espace culturel et les sentiments, les goûts, les aspirations issus d’un milieu différent.

Que ceux qui ont voulu substituer leurs ambitions personnelles au bien-être collectif assument leur contradiction, leur désadaptation à leur milieu.

Partager cet article
Repost0
15 janvier 2011 6 15 /01 /janvier /2011 20:27

L’histoire du Phoenix est quasiment identique dans le principe quant à la mythologie Assyrienne, Egyptienne, Chinoise et indienne des Amériques. Cet oiseau est le symbole de la renaissance, de l’immortalité et du soleil.

Si nous voulons nous remémorer cette histoire, il nous reviendra que cet oiseau a l’apparence d’un aigle au plumage doré et rouge. Il se pose sur un nid dont il est le bâtisseur puis s’enflamme et de ses cendres surgit un nouvel oiseau Phoenix. En conséquence, le Phoenix ne meurt jamais.

Par analogie, j’ai envie de défier l’espace de la science moderne pour dire que le Phoenix est modulo le peuple. En avançant ainsi, je reconnais que cet espace est plus petit que celui du cosmos, qu’il n’en est qu’une infime partie et qu’il nous est permis de laisser errer notre intelligence, notre réflexion dans cet espace sans limites pour qu’elle soit productive en ayant admis que le savoir se familiarise avec l’intuition. Newton, Einstein, Mozart entre autres ont certainement procédé ainsi (merci pour la modestie...).

Donc le Phoenix est modulo le peuple. Autrement dit, un peuple ne meurt jamais. Il renaît toujours de ses cendres. Il se pose un jour sur sa conscience et de celle-ci renaît une conscience supérieure. C’est donc un nouvel élan qui s’amorce, une vraie révolution qui est en marche. Le feu purifie et permet une nouvelle idylle entre la nature, le cosmos et les êtres vivants.

En ce sens, la Tunisie renaît de ses cendres. Il ne suffit pas seulement d’écouter mais il faut entendre. Les Tunisiens de la diaspora et de Tunisie ne cessaient de dire : « Aujourd’hui je suis fier d’être tunisien ». Tout est exprimé dans cette phrase. Il y a la victoire sur l’indignation, la victoire sur la peur, la victoire sur la lâcheté, la victoire sur l’humiliation, la reconquête de la liberté perdue, la reconquête de la parole utile …. Un jeune désespéré par le système décide de s’immoler par le feu et tout un peuple se met à l’unisson comme s’il attendait un signe. Lorsque le peuple devient fort, « le souverain » montre les limites de son courage et finit par fuir par la porte de derrière comme un lâche qui veut vivre un peu plus longtemps dans la caponnerie. C’est le sort qui attend tous ces « souverains, vendus, traitres », « biens mal acquis ne profitent jamais ». Enfin, que cessent les mensonges. Celui qui a modernisé le pays n'est ni le protectorat français, ni Ben Ali mais bien Habib Bourguiba, premier Président de la République Tunisienne quand bien même on pourrait lui reprocher un certain clientélisme en fin de mandat.

D’autres peuples emprunteront cette voie et parmi eux, ceux dont on sous-estime la force mentale. Ils diront un jour à leur tour : « Nous sommes fiers d’être nous ». Ils appartiendront à leur territoire et ils seront aussi en diaspora.


Partager cet article
Repost0
2 janvier 2011 7 02 /01 /janvier /2011 01:35

Y a-t-il des personnes habilitées à formuler des vœux et d’autres pas ? Est-ce qu’une fonction, fusse-t-elle légale ou légitime, peut donner  à son occupant, de manière irréversible, forcément obligé, la qualité pour exprimer cet acte.  Si nous essayons de faire une halte sur ce rituel annuel pour prendre toute sa portée événementielle, il nous serait facile, tout étant relatif par ailleurs, de comprendre que ce qui compte est l’essence des vœux proprement dits. S’agit-il d’un ensemble de mots qui a du style, qui en apparence a de la forme, qui doit générer l’espoir le temps du discours ou, s’agit-il d’un ensemble de mots qui va favoriser une forme d’égrégore parce que des souhaits individuels vont converger pour générer une volonté collective capable de transporter toute une communauté humaine vers la maîtrise de son destin...

 

S’il s’agit de la première proposition, les vœux annuels sont en permanence réussis et l’ordre établi est respecté. La mécanique tourne quand bien même elle n’aurait aucun effet d’entraînement. Par suite,  ces vœux offrent, au fur et à mesure de la prise de conscience du niveau de souffrance humaine par bon nombre de citoyens, la possibilité de les trouver désuets, sans crédibilité, hyper artificiels, presqu’appartenant à un genre humoristique sauf que ceux qui les prononcent ont souvent la vie de milliers de gens entre leurs mains. Avouez que lorsque l’on vous dit que vous courez alors que vous êtes sûrs que vous marchez cela peut être une plaisanterie de mauvais goût. Lorsque vous êtes pauvres et que l’on veut vous faire croire que vous faîtes partie des possédants c’est un humour qui fait rire les vrais riches mais qui ne vous fait pas rire. Lorsque que vous êtes intimement convaincus que la nature vous a honoré d'être un humain et qu'on veut vous faire croire que vous êtes un chameau vous vous interrogez sur le sens de la plaisanterie. Lorsque l'on vous dit que vous aimez la France parce que vous avez choisi l'article 73 et que l'on vous dit que les voeux qui vous seront adressés, indépendemment du principe d'assimilation, seront formulés après le 1er janvier, vous devez vous interrogez sur la relativité exarcerbée de cet amour.

 

Alors, et si nous options pour la deuxième proposition ! Aux orties les fonctions… Au lieu d’adresser les vœux aux autres comme les demi-dieux humains le feraient à l’égard de leurs sujets, nous nous adresserions nos propres vœux et nous parlerions à la première personne du pluriel. Que pouvons-nous nous souhaiter ? D’abord que nous n’avons aucune envie de partager la résignation. Nous voulons être optimistes malgré la dureté de la vie, malgré les choix insensés que nous avions parfois faits. Nous voulons être heureux malgré les enjeux qui poussent à l’individualisme. Nous voulons être sereins, épanouis malgré l’intérêt que représente l’insécurité moteur de la peur. Nous voulons nous familiariser avec l’espoir malgré l’avenir sombre que l’on tente de nous imposer.

 

Et si nous pouvions faire de cette somme de volonté une force collective, n’est-il pas temps d’en prendre conscience et de faire en sorte que 2011 soit l’année de la cohérence et que ceux qui sont d’accord lèvent le bras en même temps et se mettent ensemble pour transformer la société et forcer le respect grâce à la dignité qui nous conduits à dire non à l’humiliation, oui à la liberté. Non à la peur, oui au courage. Non à la parole contestataire, oui à la parole décisionnaire. Non au mimétisme oui à l’authenticité. Non aux petits et nombreux mensonges, oui à l'honnêteté.

 

Si nous le voulons, nous le pouvons, il nous suffit d’avoir de la conviction et de la détermination en sachant pertinemment  que la volonté et la conscience sont intrinsèquement liées, que l’une ne va pas sans l’autre. Il est tout à notre honneur de savoir d’où nous venons, qui nous sommes, où nous voulons aller. BONNE ET HEUREUSE ANNEE 2011

Partager cet article
Repost0
21 décembre 2010 2 21 /12 /décembre /2010 19:06

Nous étions conviés par Mme le Maire à la 2° réunion du 4° trimestre 2010 ce lundi 20 courant à 18 heures précises pour délibérer sur 27 dossiers qu’appelait l’ordre du jour.

 

Pour une question d’efficacité d’écriture, je ne vous fais part ici que des votes défavorables que j’ai émis et des abstentions que j’ai exprimées.

 

La séance a commencé avec du retard. Le quorum était atteint et l’assemblée pouvait légalement délibérer

 

Votes défavorables : 

 

Le premier dossier concernait le marché du balayage des trottoirs et le ramassage de détritus pour le lot n°1 référencé dossier 2010-159. Il s’agit en fait de la Société JPL PARTICIPATIONS qui a obtenu le marché le 29 février 2008 et qui informe la Mairie de Cayenne d’avoir pris la décision « d’opter pour une dénomination sociale représentative de ses activités, soit GUYANET SAS » Par voie de conséquence, les droits et obligations du marché sont cédés à l’entité ayant la nouvelle dénomination.

 


Dans le dossier qui nous est remis y figurent une lettre  à en-tête GUYANET et un extrait Kbis datant de moins de trois mois.

 

Au moment où Mme le Maire propose de passer au vote je demande la parole qui m’est accordée et, je fais l’observation suivante :

 

Mme le Maire j’ai regardé le dossier et j’ai observé que la société GUYANET SAS existe depuis 2002 et que l’offre publique de marché date de 2007 ou 2008 je crois. D’autre part, sur le courrier à en-tête GUYANET il est écrit et je cite le premier alinéa « Par la présente, nous vous informons que par décision prise en Assemblée Générale le 07 juin 2010 notre société JPL PARTICIPATIONS a opté pour une dénomination sociale représentative de ses activités, soit GUYANET SAS. » Je conclus en disant que cela me gêne énormément parce que le courrier est cosigné par la Directrice de ladite société et par le Président. J’ajoute en disant que je me pose la question de savoir quelle nature de lien il y a entre les deux sociétés. Y-a-t-il un lien familiale je n’en sais rien.

 

Après un petit temps d’hésitation Mme le Maire demande au fonctionnaire municipal qui a la charge du dossier s’il y a un problème juridique. Cette dernière répond, je cite  de mémoire: « j’ai reçu le document Kbis, il y avait effectivement la première société GUYANET SARL, puis JPL PARTICIPATIONS, puis GUYANET SAS. »

 

Mme le Maire demande de passer au vote et le résultat est le suivant :
37 voix pour
1 voix contre (la mienne)

 

Ce que je pense : Un élu n’est pas seul. Il représente une tranche de l’électorat. Il se doit d’être vigilant et logique et faire fi de toute considération émotionnelle. D’autre part, il ne s’agit pas de fonds privés mais de deniers publics. Je ne suis ni moralisateur ni gendarme mais, je me dois du respect si je veux être respecté. Selon moi, de quoi s’agit-il ? Si la société GUYANET SAS existe depuis 2002 comme l’indique l’extrait Kbis, pourquoi n’a-t-elle pas fait acte de candidature au marché ? Si elle l’a fait pourquoi ne l’a-t-elle pas obtenu ? L’autre question est liée à la problématique de la substitution de nom dans la mesure où le dépôt de l’acte au greffe est antérieur à la date du marché (extrait K’bis) à savoir si GUYANET SAS n’est pas sous-traitant de JPL PARTICIPATIONS. Si c’est le cas, est-ce que cela a été précisé dans l’acte de candidature ?

Je ne suis pas favorable à ce type de régularisation. Cela donne un sentiment de fausseté des appels d’offre de marchés publics. Il y a peut être des entreprises dont l’offre a été rejetée alors qu’elles auraient pu procéder de la même manière.

Enfin, étant donné que le marché a été signé avec la société JPL PARTICIPATIONS, je m’attendais à voir dans le dossier une lettre de cette société ce qui me paraîtrait plus logique dans la mesure où nulle part dans le dossier il est fait état de sa fusion ou de sa disparition. Par ailleurs, sur l’extrait Kbis, elle n’y apparaît pas comme faisant partie du groupe à l’instar d’ESPACE NET. Voilà donc la configuration dans laquelle je me trouvais, bien sûr avec les éléments dont je disposais, pour exprimer mon vote défavorable.

 

Il y avait un autre dossier qui concernait les lots n°2 et 3 et bien entendu la configuration du vote a été la même

 

Le deuxième dossier concernait le marché de location longue durée de véhicules (2010-161/2010-162/2010-163). On nous informe qu’en fait il s’agit d’une erreur matérielle  et qu’il convient de compléter l’article 3 (?) relatif aux délais d’exécution et d’y joindre en annexe un tableau descriptif global détaillé du prix du marché et du nombre de véhicules.

 

Avant de passer au vote, j’ai fait observer qu’il y avait une erreur de calcul dans la colonne intitulé : « montant total du marché en euros  (H.T) soit 16 trimestres) et ce, sur tous les bordereaux présentés. Le montant indiqué était inférieur de 4 trimestres du montant réel.

 

J’ai voté défavorablement

 

Ce que je pense : En dehors de l’erreur de calcul qui n’est pas une banalité pour les élus qui se réunissent légalement que peu de fois, je considère que cette erreur matérielle est grotesque parce que c’est la base de toute convention d’achat. Ce type de régularisation à postériori n’est pas de nature à générer la confiance en matière de finances publiques. C’est mon point de vue.

 

Le troisième dossier à trait à une décision modificative n°2 de l’exercice 2010 du budget principal (2010-164).

 

Je n’ai pas fait de commentaire et j’ai voté défavorablement.

 

Ce que je pense : D’abord j’avais émis un vote défavorable lors de la présentation du budget primitif 2010. Je considère que modifier un budget en fin d’exercice enlève de la qualité au débat qui doit suivre avec la présentation des comptes administratifs. Cette modification ne fait qu’augmenter les doutes qu’on émet sur la justesse des évaluations puisqu’on tente par ce biais de corriger les dépassements constatés  dans la réalisation. L’introduction de la M14 n’est pas appréhendée sous l’angle de l’efficacité de gestion. Je préfère qu’on maintienne les prévisions telles que définies à un instant T et que l’on fasse après l’analyse des écarts en écart sur quantité, écart sur prix, écart sur prix et sur quantité. Cela permet d’éviter les bobards et d’identifier les responsabilités pour mieux y remédier.

 

A titre d’information, Mme le Maire a demandé en début de séance qu’on enlève de l’ordre du jour, le dossier n°2010-169 faute d’éléments.

 

Abstentions :

 

Je me suis abstenu sur les deux dossiers ci-dessous sans faire de commentaires.

 

Le premier dossier concernait l’avenant n°1 relatif au PDRU. De ce que j’ai retenu, de 220 millions d’euros, il passe à 160 millions d’euros. Compte tenu de toute la controverse qu’il y a eu entre ce qui s’est dit lors de la campagne des municipales de mars 2008 et l’après campagne il me semblait important d’entendre réellement les associations citoyennes concernées par ce projet. D’autre part, dans cette nouvelle renégociation il est important de savoir qui a lâché quoi et, y-a-t-il eu un équilibre dans les concessions. Voilà pourquoi je me suis abstenu.

 

Le deuxième dossier concerne le Schéma Départemental d’Orientation Minière (SDOM) n° 2010-182 pour avis du Conseil Municipal. Il y a eu un bel exposé du fonctionnaire municipal en charge de ce dossier puis, la parole a été donnée au 1er adjoint au Maire qui la sollicitait. Je l’ai écouté avec beaucoup d’attention. Il avait pour objectif de convaincre le Conseil Municipal de voter contre le SDOM. L’argumentation qu’il a développée touchait à la dignité humaine. Elle opposait les guyanais à l’Etat. Il a constaté que le SAR était soumis au SDOM et qu'il appartenait aux guyanais de décider de leur destin.

 

Bien sûr Mme le Maire a demandé que l’on passe au vote qui a donné le résultat suivant :
Vote défavorable 37
Abstention 1 (la mienne)

 

Ce que je pense : D’abord, j’aime la cohérence dans les attitudes, dans les comportements et dans la réflexion. Il y a moins d’un an le premier Adjoint au Maire de Cayenne, tête de liste de Guyane 73, faisait savoir à la population que nous n’étions pas mûrs dont lui, pour un zeste d’émancipation proposée par le Président de la République après de multiples manifestations dans les DOM. Quel type d’OGM aurait-il pris pour penser à la croissance exponentielle de sa maturité, à son élévation au titre d’humain complètement achevé ? A combien de ses disciples l’aurait-il administré pour pouvoir compter sur un nombre suffisant  au point de faire sa révolution ? Si j’étais un brin provocateur et irresponsable aux yeux des électeurs qui m’ont fait confiance j’aurais voté favorablement pour le SDOM. Mais, ma responsabilité m’empêche cet instant de dérision. Je me suis abstenu pour deux raisons. D’une part, je ne suis pas favorable au gel des ressources naturelles indispensables à la création de richesses permettant de contribuer au bien-être collectif, ça c’est le côté négatif du SDOM, son côté positif est que le schéma existe. D’autre part, Peu importe les raisons, où en est le SAR ? Lorsqu’on se veut responsable on se donne les moyens de sa responsabilité. La politique ce n’est pas une bagatelle. C’est quelque chose de sérieux. Pour le moment l’absence de SAR a profité aux multinationales, aux clandestins et a surtout pénalisé les entreprises locales. J’ai en mémoire ceux qui voient le « développement de la Guyane » par le pillage de ses ressources naturelles.

 

Votes Favorables

 

J’ai voté favorablement pour tous les autres dossiers. Ils concernaient des aides aux associations et des subventions à la réhabilitation de maisons. Au total cela faisait 18 dossiers. Je considère qu’en ces temps de crises, qu’en raison de l’importance des taxes (foncière, habitation, octroi de mer) une contribution collective (il s’agit de deniers publics) pour les demandeurs dont l’avis favorable a été requis n’est pas une fantaisie ni un abus.

Partager cet article
Repost0
20 décembre 2010 1 20 /12 /décembre /2010 04:08

Nous venons des périphéries de la France Hexagonale. Ces territoires qui, pendant longtemps, pour une bonne partie de sa population se considérait comme des français entièrement à part tant les injustices étaient fortes. Il y avait certes une anomalie lorsque la France de la trilogie « Liberté Egalité Fraternité » avait en son sein des colonies. Mais bon …. Avec la loi de 1946 qui fait de la Guadeloupe, la Guyane, la Martinique et la Réunion des départements de droit commun d’outremer, ces peuples pensaient appartenir enfin à cette trilogie, c’était sans compter avec l’histoire. Bref, bref…

La départementalisation de ces territoires reposait sur l’assimilation. Ainsi donc, ces peuples ont appris l’histoire de la France. Ils ont en mémoire la révolution française qui a mis un terme à la monarchie. Ils ont en mémoire la victoire des jacobins sur les girondins dans un souci d’unité et de solidarité. Ils se souviennent intellectuellement des périodes délicates que cette France a su traverser avec la Terreur avant d’arriver à cette République laïque et indivisible, à cette démocratie qui s’appuie sur la séparation des pouvoirs. Ils pensaient certainement et peut être avec la naïveté liée à l’intelligence de leur environnement que cette France là, celle de l’hexagone était harmonieuse, que le siècle des lumières l’avait pour toujours éclairé et qu’elle était plus proche entre elle-même de ses valeurs constitutionnelles qu’elle ne l'est avec ses périphéries. Puis, surviennent des événements qui sont très significatifs d’un nouvel état d’esprit, d’une nouvelle philosophie constitutionnelle. C’est ce que l’on est en droit de penser.

Un ministre de la République s’en prend à la justice, ce n’est pas banal dans un Etat de droit où c’est un pléonasme d’ajouter avec la séparation des pouvoirs. Un ministre qui vient sur les média dire qu’il est le ministre des policiers en pensant peut être que cela atténuerait les conséquences de son intervention par rapport au ministre de la justice. Faux, cela ne fait qu’amplifier le trouble jeter parmi les démocrates républicains. Etre ministre de l’intérieur n’est pas être ministre des policiers. C’est être ministre de l’harmonie intérieure où la citoyenneté est l’élément majeur de la concorde universelle au sein de ce territoire. C’est une grande responsabilité. Par ailleurs, il est important de ne pas confondre policiers et police. La police est une institution qui a une philosophie à partir de laquelle est élaborée une charte. Les policiers sont des citoyens qui viennent  d’horizons différents, d’éducation différente, qui ont chacun leur singularité tout en ayant reçu la même formation. Cette formation justement qui peut être assimilée en fonction du niveau de conscience de chacun. Il pourrait être au pire des cas ministre de la police

Comme dans tout corps de métier, il peut y avoir des dérapages sans que cela remette en cause l’institution. Ce n’est pas parce qu’il y a des prêtres ou des pasteurs pédophiles que les religions sont de concept pédophilique, des francs-maçons véreux ne font de la franc-maçonnerie un repère de malfaiteurs, quelques enseignants fumistes n’estampillent pas l’Education nationale de fumisterie. Des policiers peuvent être en marge de la charte de leur institution et justement, la sauver c’est trouver la juste punition du fait. Autrement, on risque de confondre les deux au détriment de la crédibilité de l’institution. D’autre part, c’est mettre en difficultés psychologiques des policiers qui seraient en phase avec la charte de l’institution, c’est rendre leur vie sociale et familiale compliquée en les contraignant par solidarité à être complice du non respect des propres valeurs qu’on leur a demandé de partager.

Expliquez-nous donc cette nouvelle France, nous qui sommes si loin géographiquement et qui voudrions mieux comprendre notre destination par rapport à la problématique du communautarisme, de l’insécurité et de l’exode des peuples péjorativement appelé immigration.

Partager cet article
Repost0
5 décembre 2010 7 05 /12 /décembre /2010 03:40

Lorsque l’on côtoie de près la mort on découvre une forme nouvelle d’expérience de la vie. Il me semble que l’on prend conscience que quelque chose s’arrête et on s’imagine un vide dans cet espace où l’infiniment petit a autant d’importance que l’infiniment grand. On voit sa grandeur en tant qu’humain mais également son insignifiance tant tout d’un coup, on passe de la constatation que la matière et l’esprit ne font qu’un à la constatation que l’un sans l’autre n’appartient pas au monde des vivants.

 

Tant que l’esprit et la matière ne font qu’un, il semble que l’on peut dire que l’on est dans le mouvement. A contrario, il n’y a pas de  mouvement dans ce monde des vivants.  A preuve, la présence du mort en tant que matière inerte que vous touchez et qui ne vous sent plus, que vous parlez et qui ne vous entend plus alors que c'était le cas auparavant, enfin, dont les sens et la raison ont disparu.

 

Tout est important dans notre dimension humaine au sein de cet Univers où chaque chose apparaît être à sa juste place. Ce déclic de la prise de conscience semble être fonction de la nature de la mort que l’on côtoie. Il n’est pas identique selon qu’il s’agit d’une mort violente ou d’une mort progressive. La mort violente semble vous mettre directement face à la réalité de ce qui vous dépasse, de ce qui semble être plus grand que vous, de ce qui peut défier votre entendement humain. C’est de l’instantané. En un court instant, simultanément, elle vous purge de ce que vous croyez savoir et qui fonde vos certitudes, elle vous illumine par votre impuissance qui vous conduit à vous accrocher à quelque chose qui vous paraît supérieur à cet événement qu’est la mort sinon vous vous désintégrez, elle vous unifie à l’Univers parce qu’elle génère en vous une volonté apparemment sanguine qui vous donne la force de tolérer l’événement comme faisant partie du règne de l’existence humaine indépendamment des causes qui sont à l’origine de l’acte. La mort progressive semble vous laisser le temps de l’assimiler dans la mesure où la tradition, la culture ont le temps d’amortir l’événement même s’il n’est pas banal.

 

Il semble apparaître également que le lien avec le défunt « contexture » l’intensité de cette prise de conscience. La réaction n’est pas la même selon que vous êtes la source du défunt ou selon que le défunt est votre source. Lorsque vous êtes la source du défunt c’est une partie de vous qui part et que vous voyez partir. C’est comme si on vous arrachait un membre sans anesthésie de votre vivant. Lorsque c’est votre source qui part, c’est comme si votre voyage personnel commençait sans votre matrice, c’est dur mais vous devenez l’espoir de votre propre existence et parce qu’en vous mettant au monde votre source a pensé que vous prolongerez son existence, que vous perpétuerez sa mémoire, parmi les humains au moins, en conséquence de quoi cette logique paraît naturelle.

En ces temps où l’on n’est plus disponible pour méditer, ces événements viennent nous rappeler qu’il y a un moment pour être en activité physique et intellectuelle et un moment pour s’interroger sur son existence, sur sa destination. S’il y a des mystères dans la vie, la vie elle-même est un mystère. Ces drames viennent nous faire prendre conscience de sa relativité. Sa dimension intensive peut tendre jusqu’à l’absolue dans la quête de son sens, comme elle peut paraître nauséabonde lorsqu’elle est synonyme d’iniquité. La vie apparaît avoir de sens que lorsqu’elle se conjugue avec la dignité, l’amitié, la fraternité, la liberté, la solidarité l’égalité.

 

Tant que les hommes et les femmes qui fondent les sociétés n’élèveront pas leur niveau sur le plan conjugué de la métaphysique et de la raison ils côtoieront la misère qui est la conséquence de la stupidité, de l’incurie, de l’inconséquence, de l’irresponsabilité, de l’irréflexion

Partager cet article
Repost0
13 novembre 2010 6 13 /11 /novembre /2010 03:04

Remerciements : Toute ma famille et moi-même avons été touchés par vos témoignages de soutien, de sympathie et d’affection lors du départ de Kérann vers l’éternité. Nous vous exprimons à tous, Personnalités et Anonymes, nos très chaleureux remerciements. Nous sommes convaincus que cet élan d’affection lui permettra de trouver dans cet orient éternel la lumière qui lui a fait défaut sur terre.

 

Kérann Taubira est né le 25 septembre 1992, il a mis un terme à sa vie. C’était mon fils. Il avait seulement dix huit ans. Pire, cela faisait seulement 38 jours qu’il venait de les avoir.  Comme pour Amélie, cela paraît toujours injuste de voir un jeune plein de vie partir vers l’orient éternel. Je ne sais pas au plus profond de moi s’il s’est suicidé ou s’il a été contraint au suicide. En ce moment où la souffrance est sans douleur, je pense à sa copine Magalie et je voudrais lui dire de ne pas culpabiliser. Elle n’y est pour rien. Kérann a été victime d’adultes. Ces adultes qui exigent l’exemplarité à leurs progénitures ou aux adolescents en général alors qu’ils n’ont pas été eux-mêmes exemplaires. Lorsque vous scrutez leur vie il apparaît que leur adolescence a été dix fois plus tumultueuse que celle de leurs enfants et pour autant ils ne savent raison garder. Ils sont animalement d’un rigorisme qu’ils ne se sont jamais imposés.

 

Par dignité pour lui, je ne dirai pas tout ce que je pense de ce drame. Je sais qu’il y a des hommes et des femmes qui sont biens, je sais également qu’il y a des hommes et des femmes qui sont exécrables. Mais je sais surtout, parce que je crois en la force de l’esprit, que lorsqu’intervient un tel arrêt, seule la conscience nous ramène à notre existence et à nos actes. On ne peut y échapper et le prix à payer est en adéquation avec l’acte accompli. Alors, j’ai envie de vous faire partager ma réflexion sur cette nouvelle expérience acquise qui génère selon moi une grande souffrance sans douleur particulière.

 

Si vous connaissez la Guyane, vous vous rendrez compte que la liberté est spontanée, particulièrement la liberté d’action. Nous avons de grands espaces (les terrains vagues, la rue, les savanes, les rivières, les fleuves, les espaces publics etc.), nous pouvons les coloniser dès notre plus jeunes âges. Nous avons de grandes familles, nous avons donc la liberté de choix, et par irresponsabilité le plus souvent les enfants sont largués chez tatie, chez grande tatie, chez mamie, chez papy, chez cousin, cousine, chez ami untel etc. .

 

Dès le plus jeune âge les enfants sont donc formatés dans la liberté individuelle et cultivent une forme d’anarchie. De surcroît, le monde change et les supports d’information et de communication se démocratisent et viennent renforcer cette forme de liberté d’action par une liberté d’esprit sauf qu’il n’y a aucun repère, aucune initiation à la contrainte. Souvent cette liberté arrange certains parents qui pensent plus à leurs droits qu’à leurs devoirs, qui pensent plus à leurs droits dans une optique matérialiste qu’à leurs devoirs dans le sens de la responsabilité sociale. Les enfants finissent donc par  réaliser leur personnalité très tôt dans un espace de totale liberté à travers les événements de leur milieu. Sans distinction ils assimilent, puisque livrés à eux-mêmes, leur réalité et  celle qu'ils croient être la leur. Les émissions télévisées par exemple, leur apprennent à découvrir très tôt les sentiments amoureux sans qu’ils aient la possibilité de contrôler leurs pulsions amoureuses et, on finit par dire qu’ils sont fragiles. D'autre part, notre société offre l’illusion de la richesse dans une réalité de misère et certains adultes pensent que le m’as-tu vu est nécessaire à leur existence. Ils oublient les enfants et font la course à l'argent. Ils vont jusqu'à les manipuler pour "un franc six sous"


Pas étonnant qu’à l’adolescence, certains parents ne connaissent pas leurs enfants et la réciproque est également vraie. Intervient donc le conflit et la crise d’adolescence. Il va de soi que l’autoritarisme n’est pas la réponse appropriée. Le choix d’expédier les enfants vers l’hexagone dans des structures rigoureuses du type jésuite, dominicain, n’est pas en adéquation avec l’apprentissage de la liberté ci-dessus exposée, quand bien même elles peuvent se justifier dans leur environnement hexagonal. Il s'ensuit un conflit avec la personnalité de l’adolescent. L’échec est assuré et le pire est à prévoir.


A mon sens, il faut un brin d’honnêteté et de courage pour admettre que lorsque l’on a, pour x raisons et notamment pour des raisons bassement matérielles, purement égoïstes, raté la relation parent-enfant, on se doit de faire l’effort d’accompagner l’adolescent dans sa réalisation, d'éviter de le jeter dehors de la maison  à sa préadolescence, prendre le soin de l’écouter, de l’entendre pour connaître sa souffrance ses difficultés, ses contradictions, ses influences, ses désirs, ses interrogations. Il faut repenser à sa propre adolescence même si l’espace temps n’est plus le même pour lui apporter son expérience, sa raison, indépendemment du fait qu’il y ait une contradiction dans notre société entre cette liberté individuelle et la loi sociale liée au sous-développement. Chacun se doit d’assumer ses responsabilités.

Partager cet article
Repost0
13 novembre 2010 6 13 /11 /novembre /2010 01:11

(Cet article a été rédigé le 1er novembre 2010 et n'a pu être publié en raison d'un événement douloureux)

 

Dans l’hexagone, les principaux élus des collectivités régionales défendent avec détermination leur libre administration et ceci ne s’entend pas sous un angle statique du genre « faites avec ce que vous avez » mais davantage sous un angle dynamique du type « que faut –il pour remplir la mission régionale ».

 

Ainsi donc monsieur Malvy Martin porte-parole de l’ARF (Association des Régions de France) s’oppose à madame Lagarde Christine et à monsieur Baroin sur le gel pour trois ans des dotations budgétaires de l’Etat aux collectivités territoriales. Les termes employés ne relèvent pas de la complaisance. Il va jusqu’à employer sensiblement ces termes : « Le gouvernement met sous tutelle financière les Régions ». Ce n’est pas une banale déclaration. L’argumentation avancée est de surcroît très cohérente tant l’approche sur la réforme de la taxe professionnelle que celle du système de péréquation en circuit fermé que propose la ministre de l’économie apparaissent inadaptées aux besoins d’efficacité des Régions.

 

Quant à notre territoire qui ne sera d’ici à 2014 ni une région, ni un département, nous ne voyons pas venir de chevaliers d’Erasme pour sauver la Guyane. Nous ne voyons pas comment nous pourrons compter sur la détermination de l’actuel Président de Région pour accompagner le développement du territoire alors qu’aucune compétence nouvelle et crédible n’est possible dans le cadre choisi. De surcroît, nous ne comprenons pas la décision de quitter l’ARF alors qu’elle a été créée pour fédérer les différentes expériences des unes et des autres et que l’on est plus fort uni qu’en faisant cavalier seul ou presque seul. Qu’est ce qui justifie lorsque l’on a fait le choix de l’article 73 de quitter une « dynamique d’intelligence collective » en faveur de l’isolement ?

 

Bonjour les dégâts sur notre jeunesse quant aux perspectives réelles d’épanouissement. Peut-être leur offrirons-nous des vidés pour les vider de leur énergie et anesthésier leur révolte… Bonjour les dégâts sur la cohésion sociale pendant que les multinationales s’occuperont de l’extraction de l’or et du pétrole… Salut la crise du logement pendant que les fonctionnaires d’Etat occuperont faute de mieux, comme à Saint-Georges de l’Oyapock, les logements sociaux en principe destinés aux plus démunis.

 

Enfin, direz-vous certainement,  2014 c’est tellement loin… Nous sommes déjà à la « lèprerie » nous pouvons continuer à manger les animaux sains de la lèpre.

Partager cet article
Repost0
27 octobre 2010 3 27 /10 /octobre /2010 04:25

C’est l’année des élections professionnelles. La chambre des métiers vient de proclamer ses résultats avec un fort taux d’abstention comme si les artisans avaient été piqués par les mêmes guêpes que les électeurs des élections politiques. Se profilent entre le 25 novembre et le 8 décembre 2010  les élections consulaires. Le risque de constater  le même phénomène est aussi grand tant ces dernières années ce pouvoir est apparu plus individuel que collectif, tant le sentiment de l’intérêt personnel a semblé supplanter celui de l’intérêt collectif. Pourtant, cet outil est fondamental pour harmoniser le développement, pour faire converger, au-delà des structures patronales, la conscience territoriale, le sens de la liberté d’entreprendre et la dignité que l’on a à créer de la richesse sur le territoire. Mais, une chambre de commerce a-t-elle la même efficacité selon qu’elle se trouve sur un territoire ayant un minimum d’autonomie que sur un territoire assisté ?

 

L’enjeu primordial de ces élections reste la mise en place des conditions favorables au développement des entreprises. En la matière peut-on dire que la Guyane est un pôle d’excellence sinon dans les boniments, dans les phrases toutes faites, dans les élucubrations de certains dandies. Il apparaît à travers la trame historique de ces années passées que la concurrence est essentiellement déloyale, le marché est suffisamment pourri par les passe-droits, l’assistance aux entreprises n’est pas équitable, les rapports entre membres élus de cette structure sont soit alambiqués soit sournois. Pourtant, cette structure dispose en son sein de vraies compétences, des collaborateurs qui ne demandent qu’à être efficaces.

 

Il faut profiter de la réforme pour tourner  la page de l’amateurisme en tant qu’élus professionnels et de celle de l’irresponsabilité collective pour stimuler les membres de la CCIG. Les électeurs sont tous des chefs d’entreprise et des cadres dirigeants représentatifs du tissu économique guyanais. Ils n’ont pas besoin qu’on leur explique ce qu’ils peuvent comprendre seuls, ils ont surtout envie d’être bien représenté et que ceux qui portent leur voix soient crédibles, inspirent la confiance, garantissent l’image de la responsabilité et du respect.

 

Ils ont envie que soit mis en exergue les vrais enjeux de cette élection consulaire à l’orée de l’ouverture du pont qui va relier la Guyane au géant de l’Amérique du Sud qu’est le Brésil. Ceux qui voudront représenter  ces électeurs auront à se montrer déterminés en présentant une vraie stratégie de chambre consulaire au service de ses différentes catégories (industries, commerces, services). Celle-ci doit être déclinée en objectif tel un réel observatoire économique, de vrais contrats de développement durable, une vraie participation à la politique d’urbanisme etc..

 

Il va de soi que l’identification des partenaires est primordiale étant entendu que les élus politiques des collectivités territoriales n’ont quasiment pas de pouvoir pour impulser un réel développement économique. Ils ne disposent pas de réels leviers en mesure d’inciter la création de richesses. Ils sont quasiment là pour orner l’environnement économique autrement dit, garantir le caractère festif de l’activité économique.

 

La Chambre de commerce doit être assimilée à un groupe de pression dont l’adage est : « Un pour tous, tous pour un ». Elle est un élément du bien être collectif, elle est un élément de la parole décisionnelle. Elle ne doit plus être dans l’esprit de certains, l’outil au service de quelques uns mais bien l’outil au service du développement du territoire.

Partager cet article
Repost0
16 septembre 2010 4 16 /09 /septembre /2010 23:11

Ce qui nous domine dans notre société est l’illusion sous toutes ses formes. Je vous invite à revenir avec sérénité sur la consultation populaire du 10 janvier 2010. Car, nous ne prendrons collectivement toute sa dimension historique que très tardivement. La politique a vraiment du sens et l’existence n’est pas une illusion.

Je crois sincèrement que sur ces trente dernières années, deux événements vont définitivement marquer notre histoire. L’un que l’on pourra considérer comme une erreur grave de jugement et l’autre comme une faute impardonnable car elle touche à la personne humaine et donc à l’existence et par voie de conséquence à la perception que l’on a de l’être humain. En tout état de cause ces deux événements trouvent leur source chez deux universitaires.

Cela nous permet de dire que le savoir perçu de manière intelligente ne peut être que source d’une évolution perpétuelle de tout être humain. Il induit une envergure d’esprit qui permet de trouver de nouveaux itinéraires, de nouvelles découvertes qui justifient notre supériorité par rapport à nos prédécesseurs dans notre marche ascendante. Par contre, le savoir perçu comme une donnée absolue au point d’être une source d’imitation se révèle dangereux car, il aliène et fabrique du non-humain. Il anesthésie l’instinct, le bon sens, il emprisonne l’intelligence. Ainsi donc, le savoir acquis sans jugement propre fait de l’être humain un étranger à lui-même. Par implication ses actions ont la conséquence de sa source. Il convient donc d’admettre que lorsqu’une source est tronquée, infâme, elle génère des conséquences dramatiques, infâmes.

Des deux événements, l’un, sous la Présidence de Région d’Antoine KARAM qui a consisté en 1992 à emprunter pour répondre aux financements des investissements réalisés par son prédécesseur Georges OTHILY alors que nous aurions dû bénéficier de la solidarité nationale et de la continuité territoriale par le seul fait de notre lien constitutionnel, nous a tué matériellement. L’autre en 2010, sous l’empire du Maire de Cayenne Rodolphe ALEXANDRE à l’orée de ses grandes ambitions personnelles qui a jugé que le peuple et les élites dont lui-même n’étaient pas prêts pour un zeste d’émancipation, nous a assassiné humainement, nous a décapité intellectuellement et spirituellement, nous a lynché existentiellement.

Quand bien même le second événement est plus dramatique que le premier, ils relèvent tous les deux du complexe d’infériorité par rapport à l’hexagone occidental qui étale sa puissance matérielle, son arrogance culturelle et sa capacité à imposer son mode de pensée. Par suite, nous avons là l’image de l’homme étranger à lui-même, étranger à sa propre nature, habillé d’un costume qui n’est pas de lui et qui fait de lui une illusion.

Ces deux événements montrent la gravité de la situation par rapport à l’authenticité. Il doit bien y avoir un moment où il faut finir avec l’expression colonisation et reconnaître qu’il y a des chaînes anciennes et nouvelles dont il faut se débarrasser pour s’inscrire dans le mouvement de l’histoire comme tous les êtres humains. Il va de soi que la population ne peut sans conséquences sérieuses s’appuyer sur des relations confuses, des valeurs engourdies ou des idéaux abstraits par rapport à son environnement pour construire une existence paisible.

Cette population sera en permanence en position de contestation, de râleuse tant que ceux qui la dirigent s’absoudront de la volonté et de la conscientisation pour affronter les fondements des déterminismes historiques qui nous affligent. Je crois en notre perfectibilité et je rêve que nous ne pouvons nous accommoder éternellement à ce mode d’existence qui est une forme de résistance à la conscientisation de la dimension humaine.

 

Soit on est  humain, soit on ne l’est pas. Si collectivement nous ne le sommes pas, nous devons accepter de subir la philosophie de l’histoire telle qu’elle se présente et faire de notre amertume une vertu, de nos souffrances une caractéristique de notre moi et du caractère nauséabond et laid de notre existence un luxe. Si collectivement nous le sommes, nous pouvons nous affranchir de ces déterminismes et construire notre propre histoire. Nous pourrons ainsi apprécier sa valeur et sa beauté, nous devenons authentiques et nous libérons ainsi notre propre imaginaire.

 

Voir détail sur partiprogressisteguyanais

Partager cet article
Repost0