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  • : Le blog de Jean-Marie Taubira
  • : Je suis Président du CRAPAG (Cercle de Réflexion et d'Action pour l'Avenir de la Guyane), Depuis le 10/12/2008, je suis le Secrétaire Général du Parti Progressiste Guyanais (PPG). Mon ambition est l'élévation de la conscience collective
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21 décembre 2011 3 21 /12 /décembre /2011 01:39

La Guyane compte quatre parlementaires. Deux sénateurs et deux députées. Deux hommes et deux femmes. Ils font partie des 348 sénateurs et 577 députés  de la République française. Elle est un territoire qui se situe au nord de l’Amérique du Sud, à près de 8000 Km à vol d’oiseau de l’hexagone. C’est un département français par assimilation avec ses 90000Km² de superficie comparée à la superficie moyenne des départements de l’hexagone (6500km²). Autrement dit, il ne bénéficie pas de l’interaction des autres départements français. Par ailleurs, au plus haut niveau de l’Etat, on lui reconnaît des spécificités tout en lui attribuant des dispositions qui accentuent encore davantage ses dissemblances. C’est certainement une des explications de son retard de développement malgré l’économie spatiale qui apparaît comme exogène à l’économie locale.

 

Ces parlementaires sont respectés au sein de leur assemblée. Ils sont appréciés par leurs pairs pour leurs compétences, leur rigueur intellectuelle et leur capacité à appréhender tant l’environnement sur le plan national, européen et international qu’au niveau régional spécifique qui est le leur. Il est évident qu’ils doivent faire preuve d’esprit d’ouverture et d’intelligence pour faire percevoir la problématique de leur territoire, tout en participant à des commissions qui dépassent largement les préoccupations premières de leurs électeurs (Collectivités pour les sénateurs, peuple pour les députées). Ainsi, on peut mesurer le marathon intellectuel de Georges Patient sénateur de Guyane quant à son amendement relatif au développement de l’agriculture guyanaise dans le cadre de la loi de finance de 2012. Néanmoins, on comprend sa déception face au manque d’ambition du gouvernement à l’égard de l’outremer en général et de la Guyane en particulier.

 

A partir de cet exemple et de bien d’autres concernant les autres parlementaires, on prend de plus en plus conscience de l’importance de cette fonction et que leurs différentes missions ne sont pas « un long fleuve tranquille ». On comprend également la finesse de leur intelligence qui les avait conduit à opter pour l’article 74 pour une plus grande participation aux décisions.

 

A cette difficulté vient s’ajouter un imbroglio  politique avec la présence du Président de Région Rodolphe Alexandre à Brasilia avec paraît-il le Premier Ministre de la France. On a beau chercher à comprendre en vertu de quoi il serait plus compétent institutionnellement que les quatre parlementaires, que la Ministre de l’Outremer, que le Préfet, que la diplomatie française sur un sujet relevant du pouvoir régalien de l’Etat. Il est évident qu’il s’agit de la poudre de Perlimpinpin pour faire croire à la population sa pseudo dimension nationale. En tout état de cause ce type de manœuvre politique ressemble étrangement au temps de la colonie où on se servait de gens asservis pour mener la politique du dominateur. Il ne fait pas avancer la responsabilité nécessaire au développement de la société guyanaise. Il crée le trouble chez les citoyens qui vivent difficilement le sous développement de la Guyane. Il montre comment ce qui est impossible dans l’hexagone peut être possible dans ses dépendances. Pour ceux qui sont avertis, ils ont pu voir que les images télévisées de cette visite à Brasilia n’étaient pas les mêmes sur les média nationaux que sur celui local. A croire que la Guyane apparaît dépendre inexorablement  d’hommes politiques dénués de sens de responsabilité et de surcroît sans aucun scrupule. Dans ces conditions les missions des parlementaires deviennent plus complexes que celles de leurs homologues hexagonaux.

 

Tout cela pour quel résultat ! L’équivalent du pipi de chat. La conférence de presse qu’il a donnée à son retour ne fait que confirmer la légèreté de sa visite et la considération au niveau de ce qu’il est réellement. Cette situation partisane ne remplit pas les espoirs des citoyens de Guyane, ne répond pas au progrès social, aux idéaux de liberté. Tout observateur sans passion ni esprit partisan se doit de le reconnaître. La politique c’est la vie des gens, il y en a assez de la culture de la trahison.

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commentaires

electron libre 21/12/2011 10:20

Une seule réponse à cet article face à tous les guyanais au chômage ou sans retraite et sur qui personne ne s'intéresse http://www.sauvegarde-retraites.org/article-retraite.php?n=411