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  • : Le blog de Jean-Marie Taubira
  • : Je suis Président du CRAPAG (Cercle de Réflexion et d'Action pour l'Avenir de la Guyane), Depuis le 10/12/2008, je suis le Secrétaire Général du Parti Progressiste Guyanais (PPG). Mon ambition est l'élévation de la conscience collective
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5 décembre 2010 7 05 /12 /décembre /2010 03:40

Lorsque l’on côtoie de près la mort on découvre une forme nouvelle d’expérience de la vie. Il me semble que l’on prend conscience que quelque chose s’arrête et on s’imagine un vide dans cet espace où l’infiniment petit a autant d’importance que l’infiniment grand. On voit sa grandeur en tant qu’humain mais également son insignifiance tant tout d’un coup, on passe de la constatation que la matière et l’esprit ne font qu’un à la constatation que l’un sans l’autre n’appartient pas au monde des vivants.

 

Tant que l’esprit et la matière ne font qu’un, il semble que l’on peut dire que l’on est dans le mouvement. A contrario, il n’y a pas de  mouvement dans ce monde des vivants.  A preuve, la présence du mort en tant que matière inerte que vous touchez et qui ne vous sent plus, que vous parlez et qui ne vous entend plus alors que c'était le cas auparavant, enfin, dont les sens et la raison ont disparu.

 

Tout est important dans notre dimension humaine au sein de cet Univers où chaque chose apparaît être à sa juste place. Ce déclic de la prise de conscience semble être fonction de la nature de la mort que l’on côtoie. Il n’est pas identique selon qu’il s’agit d’une mort violente ou d’une mort progressive. La mort violente semble vous mettre directement face à la réalité de ce qui vous dépasse, de ce qui semble être plus grand que vous, de ce qui peut défier votre entendement humain. C’est de l’instantané. En un court instant, simultanément, elle vous purge de ce que vous croyez savoir et qui fonde vos certitudes, elle vous illumine par votre impuissance qui vous conduit à vous accrocher à quelque chose qui vous paraît supérieur à cet événement qu’est la mort sinon vous vous désintégrez, elle vous unifie à l’Univers parce qu’elle génère en vous une volonté apparemment sanguine qui vous donne la force de tolérer l’événement comme faisant partie du règne de l’existence humaine indépendamment des causes qui sont à l’origine de l’acte. La mort progressive semble vous laisser le temps de l’assimiler dans la mesure où la tradition, la culture ont le temps d’amortir l’événement même s’il n’est pas banal.

 

Il semble apparaître également que le lien avec le défunt « contexture » l’intensité de cette prise de conscience. La réaction n’est pas la même selon que vous êtes la source du défunt ou selon que le défunt est votre source. Lorsque vous êtes la source du défunt c’est une partie de vous qui part et que vous voyez partir. C’est comme si on vous arrachait un membre sans anesthésie de votre vivant. Lorsque c’est votre source qui part, c’est comme si votre voyage personnel commençait sans votre matrice, c’est dur mais vous devenez l’espoir de votre propre existence et parce qu’en vous mettant au monde votre source a pensé que vous prolongerez son existence, que vous perpétuerez sa mémoire, parmi les humains au moins, en conséquence de quoi cette logique paraît naturelle.

En ces temps où l’on n’est plus disponible pour méditer, ces événements viennent nous rappeler qu’il y a un moment pour être en activité physique et intellectuelle et un moment pour s’interroger sur son existence, sur sa destination. S’il y a des mystères dans la vie, la vie elle-même est un mystère. Ces drames viennent nous faire prendre conscience de sa relativité. Sa dimension intensive peut tendre jusqu’à l’absolue dans la quête de son sens, comme elle peut paraître nauséabonde lorsqu’elle est synonyme d’iniquité. La vie apparaît avoir de sens que lorsqu’elle se conjugue avec la dignité, l’amitié, la fraternité, la liberté, la solidarité l’égalité.

 

Tant que les hommes et les femmes qui fondent les sociétés n’élèveront pas leur niveau sur le plan conjugué de la métaphysique et de la raison ils côtoieront la misère qui est la conséquence de la stupidité, de l’incurie, de l’inconséquence, de l’irresponsabilité, de l’irréflexion

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