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  • : Le blog de Jean-Marie Taubira
  • : Je suis Président du CRAPAG (Cercle de Réflexion et d'Action pour l'Avenir de la Guyane), Depuis le 10/12/2008, je suis le Secrétaire Général du Parti Progressiste Guyanais (PPG). Mon ambition est l'élévation de la conscience collective
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16 septembre 2010 4 16 /09 /septembre /2010 23:11

Ce qui nous domine dans notre société est l’illusion sous toutes ses formes. Je vous invite à revenir avec sérénité sur la consultation populaire du 10 janvier 2010. Car, nous ne prendrons collectivement toute sa dimension historique que très tardivement. La politique a vraiment du sens et l’existence n’est pas une illusion.

Je crois sincèrement que sur ces trente dernières années, deux événements vont définitivement marquer notre histoire. L’un que l’on pourra considérer comme une erreur grave de jugement et l’autre comme une faute impardonnable car elle touche à la personne humaine et donc à l’existence et par voie de conséquence à la perception que l’on a de l’être humain. En tout état de cause ces deux événements trouvent leur source chez deux universitaires.

Cela nous permet de dire que le savoir perçu de manière intelligente ne peut être que source d’une évolution perpétuelle de tout être humain. Il induit une envergure d’esprit qui permet de trouver de nouveaux itinéraires, de nouvelles découvertes qui justifient notre supériorité par rapport à nos prédécesseurs dans notre marche ascendante. Par contre, le savoir perçu comme une donnée absolue au point d’être une source d’imitation se révèle dangereux car, il aliène et fabrique du non-humain. Il anesthésie l’instinct, le bon sens, il emprisonne l’intelligence. Ainsi donc, le savoir acquis sans jugement propre fait de l’être humain un étranger à lui-même. Par implication ses actions ont la conséquence de sa source. Il convient donc d’admettre que lorsqu’une source est tronquée, infâme, elle génère des conséquences dramatiques, infâmes.

Des deux événements, l’un, sous la Présidence de Région d’Antoine KARAM qui a consisté en 1992 à emprunter pour répondre aux financements des investissements réalisés par son prédécesseur Georges OTHILY alors que nous aurions dû bénéficier de la solidarité nationale et de la continuité territoriale par le seul fait de notre lien constitutionnel, nous a tué matériellement. L’autre en 2010, sous l’empire du Maire de Cayenne Rodolphe ALEXANDRE à l’orée de ses grandes ambitions personnelles qui a jugé que le peuple et les élites dont lui-même n’étaient pas prêts pour un zeste d’émancipation, nous a assassiné humainement, nous a décapité intellectuellement et spirituellement, nous a lynché existentiellement.

Quand bien même le second événement est plus dramatique que le premier, ils relèvent tous les deux du complexe d’infériorité par rapport à l’hexagone occidental qui étale sa puissance matérielle, son arrogance culturelle et sa capacité à imposer son mode de pensée. Par suite, nous avons là l’image de l’homme étranger à lui-même, étranger à sa propre nature, habillé d’un costume qui n’est pas de lui et qui fait de lui une illusion.

Ces deux événements montrent la gravité de la situation par rapport à l’authenticité. Il doit bien y avoir un moment où il faut finir avec l’expression colonisation et reconnaître qu’il y a des chaînes anciennes et nouvelles dont il faut se débarrasser pour s’inscrire dans le mouvement de l’histoire comme tous les êtres humains. Il va de soi que la population ne peut sans conséquences sérieuses s’appuyer sur des relations confuses, des valeurs engourdies ou des idéaux abstraits par rapport à son environnement pour construire une existence paisible.

Cette population sera en permanence en position de contestation, de râleuse tant que ceux qui la dirigent s’absoudront de la volonté et de la conscientisation pour affronter les fondements des déterminismes historiques qui nous affligent. Je crois en notre perfectibilité et je rêve que nous ne pouvons nous accommoder éternellement à ce mode d’existence qui est une forme de résistance à la conscientisation de la dimension humaine.

 

Soit on est  humain, soit on ne l’est pas. Si collectivement nous ne le sommes pas, nous devons accepter de subir la philosophie de l’histoire telle qu’elle se présente et faire de notre amertume une vertu, de nos souffrances une caractéristique de notre moi et du caractère nauséabond et laid de notre existence un luxe. Si collectivement nous le sommes, nous pouvons nous affranchir de ces déterminismes et construire notre propre histoire. Nous pourrons ainsi apprécier sa valeur et sa beauté, nous devenons authentiques et nous libérons ainsi notre propre imaginaire.

 

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