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  • : Le blog de Jean-Marie Taubira
  • : Je suis Président du CRAPAG (Cercle de Réflexion et d'Action pour l'Avenir de la Guyane), Depuis le 10/12/2008, je suis le Secrétaire Général du Parti Progressiste Guyanais (PPG). Mon ambition est l'élévation de la conscience collective
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17 janvier 2009 6 17 /01 /janvier /2009 20:58
La Guyane qui battait le record de prix du carburant au litre, 1,77 € le sans plomb, s'était révoltée. Nous étions au mois de novembre 2008. Depuis, la vie pour les consommateurs de carburant n'est plus la même. Ils vont de choc en choc. Le gouvernement de la France par l'intermédiaire de son Secrétaire d'Etat à l'Outremer se glorifiait d'avoir fait pression sur les pétroliers pour obtenir la baisse de trente centimes au litre. Personne n'avait compris, à l'époque, qu'il y avait une compensation financière. L'opacité est certainement une sacré méthode. Pourtant, fort de ce succès opaque, le représentant du gouvernement demandait au Conseil Régional de baisser directement de 20 centimes sa TSC. Quelle arnaque cela ferait s'il n'avait pas résisté !!! En fait, aujourd'hui, les 50 centimes apparaissent hypothétiques...  En effet, il se trouve que les pétroliers menacent de ne pas fournir de carburant à la Guyane si l'Etat ne couvre pas les trente centimes...

Apparemment la problématique n'est pas la même pour la Martinique et la Guadeloupe. On aimerait bien savoir pourquoi? Le prix du carburant est plus bas qu'en Guyane. Si les pétroliers ont l'air si puissant c'est sûrement dû au fait qu'ils soient actionnaires de la raffinerie et distributeurs du produit... Cela ressemble bien à une situation de monopole...  Envisage t-on de mettre un terme à cette situation?

Peut-on penser que l'Etat en Guyane ne soit pas consommateur de carburant... Peut être que l'armée, la Préfecture, la police nationale, les autres services déconcentrés de l'Etat ont une astuce pour ne pas payer le prix du carburant au prix du marché local... Rappelons que le prix du carburant est décrété par la Préfecture sur proposition de la DDRF.

Une chose est sûre, un État de droit ne peut se permettre une telle versatilité dans ses rapports avec des fournisseurs, fussent-ils puissants, au détriment de la santé psychologique des consommateurs de carburant. Doit -on s'interroger sur la nature de cet État?

Il apparaît important que la population guyanaise prenne conscience de ses atouts pour que de tels chantages n'aient pas lieu. Elle doit apprendre à se mobiliser pour la défense de ses ressources naturelles. Pourquoi toute la population ne se mobiliserait-elle pas contre l'exploration du pétrole sur nos côtes? Nous avons bien des atouts... Pourquoi ne pas prendre toutes les dispositions pour s'approvisionner ailleurs étant entendu que dans le monde, il y a plus de sept cents raffineries et particulièrement en Amérique du Sud et dans la Caraïbe. La France hexagonale, dans une relation digne des siècles derniers, pourrait approvisionner la "France Équinoxiale" de carburant sortant de son territoire à un coût certainement plus bas que celui que l'on veut nous imposer. Sommes nous devenus psychiquement trop libre....

Au moment où l'Etat transfère des compétences aux collectivités territoriales en 4 siècles de présence en Guyane et sachant qu'elle est sous équipée malgré les efforts qui ont été effectués depuis la décentralisation, il serait irresponsable d'ôter au Conseil Régional une partie de ses ressources. N'oublions pas, par ailleurs, que dans les communes frontières rien n'est fait pour contrôler la consommation de carburant venant de l'extérieur et qu'il s'agit d'un manque à gagner conséquent pour la collectivité régionale étant entendu que sa taxe est censée être perçue sur le carburant consommé sur le territoire.

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commentaires

Daulé D. 25/02/2009 21:32

"Kisa ou di ou té ka fè pannan vakans-yan ?"
"- Lannwit kou lajòrnen, a chanté mo té ka chanté, monfi !"
"A chanté ou té ka chanté? Sa a pa zafè oukò! Enben alé soukwé ou gogo atò!"
(la cigale et la fourmi, J. de la Fontaine)

***

N'aurions nous pas manqué quelque chose ces dernières semaines ?
Quand est il de notre entrain, de notre mobilisation pour un Meilleur en Guyane ?

L'élan citoyen ne serait-il attaché qu'à une piètre question de prix de carburant pour des voitures hors de prix achetées à crédit pour pavaner sur "nos minroutes" ?
Peut être bien ...

Le chien crabier est de retour et ça y est tout est oublié !
Roulé dans la vase encore une fois.

Les festivités carnavalesques nous enivrent et semblent nous aveugler au point même d'imposer leur omertà sur les crimes, les viols et les drames familiaux qui se sont déroulés récemment lors des fastieuses soirées masquées, ne trouvant aucun relais médiatique permettant de conscientiser le peuple, et se propageant alors en rumeurs de bouche à oreille...chui chui chui...

En janvier février, chez moi, tout va bien

Des lycéens guyanais campent à un piquet de grève, des travailleurs le sont aussi depuis plus de deux semaines près d'un dancing, des guadeloupéens revendiquent une vie meilleure depuis plus de 35 jours, des martiniquais revendiquent depuis plus de 20 jours.

Mais chez moi tout va bien...

Cependant c'est bizarre, j'ai l'impression, excuser moi du terme, que l'on me prend pour un con !

En novembre, il y a eu une grande mobilisation (d'ailleurs salutaire) pour une baisse des produits pétroliers, mais aujourd'hui alors qu'aux Antilles le tarif continue à baisser, en autre par la baisse mécanique du prix du pétrole brut, ici rien ne se passe malgré quelques vaines rencontres entre élus, socio-professionnels et représentants de l'État.

Que ce passe t-il ? A qui profite le crime ou le silence ?

Pour autant cette maigre victoire de trois mois est l'arbre qui cache la forêt, car tant de questions restent à mettre à plat qui ne sont pourtant pas si différentes de celles de nos cousins antillais: le pouvoir d'achat et des prix qui par exemple dans l'alimentation sont complètement anarchiques, l'emploi et le développement économique endogène, les tarifs bancaires, le logement et le foncier dans un vaste département où les terres libres sont pléthores mais où les prix sont ceux de Nice ou Cannes, l'orpaillage, cause de déforestation sauvage et d'empoisonnement des populations, et tant encore ...

Mais jusque là tout va bien...

Et des rencontres et des rendez-vous, et encore, une autre ce jeudi 26 février, mais pour demander quoi bon sang ! Depuis le tant que ça dure...

N'était t-il pas le moment de le prendre ce train en marche, cet élan populaire et faire front ensemble.

Quel sera notre cahier de revendication ce jeudi: cinq mois de carnaval, une exonération d'octroi de mer pour l'achat d'accessoires touloulous-tololos, plus de foncier pour la construction d'un nouveau dancing, un levé des taxes d'importation sur les boissons ?

N'avons nous pas été éblouis par les paillettes de la fêtes et hypnotisé par l'éphémère de la luxure.
Panem, vinum et cricenses (du pain, du vin et des jeux)...et le peuple restera tranquille ..., la formule date de 2000 ans...

Bloublou pòkò fini !



Daulé D.
mardi 24 février 2009

Jean-Marie Taubira 09/03/2009 19:59



Bonjour M. DAULE,


Je comprends votre amerturme qui est certainement en rapport avec votre niveau de conscience. Je ne peux que partager votre appréciation sur les problèmes prosaïques que vous avez soulevés. Par
contre, je ne sais pas si vos propos sur le carburant sont ironiques.En effet, il n'y a pas que les grosses voitures qui consomment du carburant. Autrement, je vous dirai que le prix
excessif du carburant a son importance lorsqu'il s'agit d'une urgence sanitaire pour se rendre à l'hôpital ou en clinique, il a aussi son importance pour les petites cylindrées pour se rendre au
travail, il n'est pas neutre pour l'accumulation du savoir lorsqu'il faut se rendre à la bibliothèque ou à la médiatèque, il a également son importance dans les entreprises de transport, pour les
marins pêcheurs etc., Il nous appartient d'être solidaire dans la lecture du mouvement social et dans celle de l'existence humaine.