Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de Jean-Marie Taubira
  • : Je suis Président du CRAPAG (Cercle de Réflexion et d'Action pour l'Avenir de la Guyane), Depuis le 10/12/2008, je suis le Secrétaire Général du Parti Progressiste Guyanais (PPG). Mon ambition est l'élévation de la conscience collective
  • Contact

Recherche

8 octobre 2008 3 08 /10 /octobre /2008 03:21
L'Etat de droit se fonde sur une double légitimité. Une d'origine et une légaliste qui lui donne l'autorité politique. Si on admet que cette double légitimité est le résultat d'une démarche démocratique, il va de soi qu'elle garantit contre les abus et l'absolutisme. Par suite, le pouvoir de l'Etat n'est pas sans limites. Sur la légitimité d'origine, il y a comme une anomalie. On pourrait "légitimement" penser que la Guyane n'existe pas qu'à partir de la constitution écrite de la France c'est à dire à partir de 1789. A l'instar de l'humanité toute entière où des peuples existent à partir de leurs constitutions coutumières ou historiques, la Guyane n'échappe pas à cette règle. Par voie de conséquence, la légitimité d'origine de l'Etat de droit qu'est la France en Guyane se heurte à cette réalité historique car, Les Amérindiens, les Bushinengués ont leurs Constitutions coutumières qui ne se situent pas en dessous de la Constitution française et, les créoles qui avaient établi des règles de vie commune. Le caractère légaliste de l'Etat de droit peut être tout aussi contesté dans la mesure où la Constitution française ignore le droit coutumier et les règles de vie commune de ces peuples.

On peut "légitimement" conclure que l'Etat de droit français ignore les émotions et les besoins singuliers de ces peuples. En d'autres termes,il ne leur reconnaît pas leur autonomie psychique. Alors, comment ne pas comprendre dès lors, les événements douloureux qui interviennent dans le cycle de vie de la Guyane. Je veux parler entre autres du tunnel construit par des clandestins dans la commune de Saül pour piller l'or de Guyane comme sur un territoire de non droit. Comment croire que cet Etat de droit qui dispose de structures telles que la DRIRE, l'ONF, l'Armée et la Gendarmerie pour assurer la souveraineté du territoire, soit ignorant d'une telle situation !!! Ne dit-on pas que là où il y a des clandestins, il y a des réseaux. Et que là où il y a des réseaux il doit y avoir certainement de la corruption... Comment expliquer qu'à chaque intervention militaire, la population clandestine a le temps de se retirer !!!

Il paraît que lorsque les opérateurs légaux sont en forêt en train de travailler, se sont les clandestins bien armés qui viennent leur demander s"ils ont une autorisation d'exploiter. Le comble d'un Etat de droit. Ils feraient même les matamores en précisant que si l'Etat français n'était pas arrivé à les faire partir que se ne sont les opérateurs qui pourraient les faire abandonner leurs lieux. On pourrait toujours penser que ce sont des rumeurs mais, à regarder la situation de près cela paraît plausible. Guyane, pleure ta souveraineté abandonnée.

L'autre événement concerne le carburant. Sur le média public, dans une interview, le représentant de la SARA qui est la société de raffinerie des Antilles a eu une phrase lourde de sens: " l'augmentation du carburant a commencé lorsque les concessionnaires ont porté plainte contre la SARA" Il faut savoir que les concessionnaires de véhicules ont porté plainte parce que les produits pétroliers vendus en Guyane étaient frelatés ou au minimum hors normes européennes. Le journaliste n'a pas été du tout réactif. Or, la phrase semble dire implicitement que si les concessionnaires n'avaient pas porté plaintes on n'en serait pas là. Cette situation, pour faire court,  résume toutes les qualités d'un Etat de non droit. Il y a la discrimination puisqu'il semble que  les Antilles ne recevaient pas ces produits sur leur territoire et que le délit causé par cette raffinerie est supporté par le consommateur guyanais. Quid des profits réalisés antérieurement.

Nous devons admettre qu'en Guyane l'Etat se conçoit comme étant pourvu d'un pouvoir sans freins et sans limites qui l'autorise à se soustraire de ses principes de responsabilité à l'égard de la sécurité du territoire et de la protection des citoyens. Il va bien falloir un jour s'opposer à cet absolutisme.

Partager cet article

Repost0

commentaires