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  • : Le blog de Jean-Marie Taubira
  • : Je suis Président du CRAPAG (Cercle de Réflexion et d'Action pour l'Avenir de la Guyane), Depuis le 10/12/2008, je suis le Secrétaire Général du Parti Progressiste Guyanais (PPG). Mon ambition est l'élévation de la conscience collective
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28 octobre 2012 7 28 /10 /octobre /2012 23:06

Ne croyez surtout pas que l’on trouve de l’or partout en Guyane, ne pensez surtout pas que les guyanais sont à l’instar des Koweitiens des Emirs grâce à leurs ressources naturelles dignement négociées. Les guyanais ne veulent certainement pas d’une ploutocratie mais, que cela leur ferait du bien de vivre décemment des ressources de leur territoire. La vie serait bien plus belle que ce taux de chômage, compris entre 21 et 30% selon la manière utilisée pour son évaluation, qui montre la réalité de la situation

 

Non, la vie n’est pas si belle… L’or trouvé au TGI de Cayenne est selon les sources journalistiques le butin confisqué aux travailleurs clandestins. Selon les mêmes sources, il y aurait pour 160 Kg d’or amalgamé. Bizarre, les guyanais se sont toujours interrogés sur l’absence d’information concernant les prises d’or, lors des interventions en milieu aurifère clandestin. Ils n’avaient donc pas torts.

 

Ma mère… 160 Kg d’or ! quel butin ! s’il s’agit d’orpailleurs… Mais, s’il s’agit d’opérateurs miniers clandestins avec le matériel de travaux publics dont ils disposent et qui ont parfois été détruits, quelle déception, quel maigre butin…  C’est la production d’une année dans l’or alluvionnaire sur une Autorisation d’exploitation (AEX) très moyenne de 2Km²  avec un maximum de 3m de profondeur de terre stérile. Cela représente moins de 14 Kg/mois soit légèrement plus de 2 Kg/par levée tous les cinq jours.

 

En termes de productivité des opérations contre les clandestins, l’on ne peut pas dire que cela relève d’une grande efficacité surtout que l’on ne sait pas s’il s’agit d’une multitude de prises et sur quelle durée ou s’il s’agit d’une ou deux prises et sur quelle durée.

 

Malgré les taxes spécifiques que l’on crée sur la production des ressources naturelles du territoire qui est destinée à l’exportation et dont les producteurs sont quasiment des multinationales, les retombées en termes de développement ne sont pas perceptibles. Vous direz… Il en est ainsi pratiquement de tous les pays sous-développés, le Coltan en RDC (République Démocratique du Congo), Le pétrole et l’or  à la République du Niger, l’or, le platine, le diamant  à la République du Zimbabwe etc.

 

Apprendre, que les 160 Kg d’or ne reviendraient pas au territoire, sonne comme une injustice sociale. En effet, sous la Présidence Régionale du Sénateur Georges OTHILY, dans un souci de développement, celui-ci avait procédé à des investissements d’infrastructures. L’Etat, tout en abandonnant une dette au Gabon refusait d’apporter sa contribution au financement de ces investissements qui précèdent le développement et, sous la Présidence Régionale de Monsieur Antoine KARAM, la Région Guyane s’est endettée par un emprunt à hauteur de 300 millions de francs en 1994. Cet emprunt a été remboursé par les contribuables de ce territoire par quasiment un doublement des taux de la fiscalité (Taxe foncière, taxe d’habitation, taxe professionnelle de l’époque). Cette hausse de la fiscalité que l’on subit jusqu’à aujourd’hui a constitué un frein à la croissance économique en amputant le pouvoir d’achat et par implication en contractant la consommation. Il apparaît donc évident que cette trouvaille, aussi petite soit-elle doit revenir au territoire afin d'envisager une baisse de ces taux et par implication, rendre la part de pouvoir d'achat aux contribuables de ce territoire.

 

Sur un plan politique cette démarche de l’Etat exprimait une rupture de la continuité territoriale.  Aujourd’hui, les infrastructures sont utilisées autant par les services de l’Etat que par les contribuables. Est-il moralement juste  que cette petite manne ne revienne pas  intégralement à ce territoire ? Est-il moralement juste que ce territoire riche de ses ressources naturelles soit dans un tel état de non développement ? On finira bien par comprendre que le stress que vit la population trouve sa source dans la soumission, la subordination et l’injustice sociale générées par les caractéristiques constitutionnelles du territoire.

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